Amina Chaffai, figure bien connue dans le domaine politique de la région est en vedette dans les quatre capsules vidéo.
Amina Chaffai, figure bien connue dans le domaine politique de la région est en vedette dans les quatre capsules vidéo.

Représentation médiatique des femmes en politique: encore du travail à faire selon une étude

Amélie Houle
Amélie Houle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Alors que les femmes sont de plus en plus nombreuses à occuper des postes clés en politique depuis quelques années au Québec, une étude qui est le fruit d’un partenariat entre une équipe de recherche de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie (TCGFM) révèle que la voix des hommes serait encore plus largement présente dans les médias que celle des femmes en politique et qu’il reste encore du travail à faire en ce sens, et ce, surtout dans les municipalités de petite et moyenne taille.

Alors que le projet «Plus de femmes en politique? Les médias et les instances municipales, des acteurs clés!», conduit en collaboration avec la Table de concertation des groupes de femmes du Bas-Saint-Laurent (TCGFBSL), la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie (TCMFM), la Table de concertation des groupes de femmes de la Montérégie (TCGFM) et le Groupe des médias étudiants (GME) de l’Université du Québec à Trois-Rivières tire à sa fin, les résultats de la deuxième phase de l’étude «Les représentations médiatiques des femmes aux élections municipales: quels enjeux, quelles incidences pour les candidates?» ont été dévoilés lors d’un événement virtuel tenu ce mardi.

«Le projet est né il y a trois ans environ lorsqu’on s’est rendu compte que bien que les femmes représentent la moitié de la population québécoise, elles n’arrivent toujours pas à occuper un espace proportionnel dans l’espace public, mais aussi dans le discours médiatique. [...] C’est pourquoi avec les partenaires du projet, on a travaillé ensemble depuis trois ans sur deux volets, soit avec les médias et avec les instances municipales afin de cerner les difficultés rencontrées par les femmes en politique, mais aussi pour relever des pistes de solution potentielles», a précisé Joanne Blais, directrice de la Table de concertation du mouvement des femmes de la Mauricie.

Pour ce faire, cinq grands thèmes ont été abordés lors de l’étude dont le rôle des médias traditionnels en politique municipale, les représentations médiatiques des candidates et leurs effets sur la campagne électorale, les conséquences de la couverture médiatique sur la vie privée et professionnelle des candidates, la place et les incidences de la couverture médiatique et finalement, les constats généraux et recommandations émises par les candidates.

Les constats soulevés mettent notamment en lumière que les candidates étaient nombreuses à qualifier leur couverture médiatique, en général, de juste et représentative d’elles-mêmes et des messages qu’elles communiquent. En revanche, elles étaient moins nombreuses à être de cet avis lorsqu’il était question de la couverture médiatique en temps de campagne électorale.

L’étude révèle par ailleurs que les politiciennes considèrent que les femmes doivent travailler beaucoup plus que les hommes avant de prendre la parole dans les médias. De plus, contrairement à leurs collègues masculins, leurs compétences politiques et leur crédibilité seraient plus facilement remises en question dans l’espace public et médiatique, estiment-elles.

C’est pourquoi elles y vont de leurs recommandations pour les futures candidates aux élections municipales. Parmi celles-ci, on retrouve le fait de s’entourer de personnes de confiance, idéalement d’une équipe, et de suivre des formations pour obtenir une rétroaction et du soutien, de se préparer, de maîtriser leur message et de contrôler sa livraison, ainsi que de trouver du mentorat et de partager leurs expériences avec d’autres femmes.

Quatre capsules vidéo

Dans le cadre de cette étude, quatre capsules vidéo ont également été produites à partir des recommandations présentes dans les deux études de contexte médiatique produites en collaboration avec les médias communautaires de l’UQTR et les médias d’appartenance privés et médias communautaires de l’UQAM.

Les capsules proposent ainsi de faire le «PARI d’une couverture neutre», en privilégiant une formulation neutre, en accordant autant d’espace médiatique aux femmes qu’aux hommes, en résistant à l’envie de faire des commentaires sur l’apparence, et en intégrant la lutte aux stéréotypes dans les communications.

La production des capsules a d’ailleurs été assurée par des gens de la Mauricie, dont Camille Montreuil, productrice, Renaud De Repentigny, vidéaste, ainsi qu’Amina Chaffai, figure bien connue dans le domaine politique de la région qui est en vedette dans les vidéos.

Pour voir les capsules vidéo, il suffit de consulter le site Internet de la TCMFM ainsi que la chaîne YouTube de l’organisation.

Trois autres outils, dont le guide de bonnes pratiques journalistiques, un aide-mémoire et un bloc-notes ont aussi été mis sur pied en lien avec ces recommandations.