Noémie Morin a témoigné pendant une bonne partie de la journée, mardi, à l’enquête préliminaire de René Kègle pour le meurtre de Steve Lamy.

René Kègle: des audiences bouleversantes pour la famille et les proches de la victime

Trois-Rivières — Tout comme cela avait été le cas pour les meurtres de Jean-Christophe Gilbert et d’Ophélie Martin-Cyr, le récit de l’assassinat de l’entrepreneur en construction Steve Lamy a révélé des détails atroces sur la façon dont les événements seraient survenus le 8 octobre 2018.

Au point d’ailleurs où des membres de la famille et des proches de Steve Lamy, présents dans la salle d’audience pour l’enquête préliminaire de René Kègle, ont été incapables de retenir leurs larmes pendant le témoignage d’une présumée complice, Noémie Morin. Leur chagrin et leur colère étaient manifestes envers le suspect.

La jeune femme, qui doit répondre à des accusations de meurtre, séquestration et extorsion par le biais de la complicité, est elle-même apparue éprouvée pendant son témoignage, ce qui a nécessité une suspension des audiences pendant quelques minutes. Disposant d’une balle anti-stress dans les mains, elle a néanmoins été en mesure de répondre aux questions du procureur de la Couronne, Me Benoît Larouche, pendant une bonne partie de la journée en dépit de sa nervosité, bien qu’elle ait dû être rappelée à l’ordre à quelques reprises parce qu’elle ne parlait pas assez fort. Durant son témoignage, on aurait pu entendre une mouche voler dans la salle d’audience. On sait qu’à la suite de sa comparution le 28 février dernier, elle avait pu reprendre sa liberté pour la durée des procédures judiciaires intentées contre elle. Elle devait entre autres compléter une thérapie à la Maison Carignan, ce qui a été fait.

Dans le box des accusés, René Kègle n’a manifesté aucune émotion comme à son habitude, se contentant de regarder dans le vide ou d’écouter attentivement la jeune femme de 25 ans.

Celle-ci devra revenir en cour ce mercredi dans le cadre du contre-interrogatoire mené par l’avocate de la défense, Me Annie-Sophie Bédard.

Il importe de préciser que cette enquête préliminaire est frappée d’une ordonnance de non-publication. Il nous est donc impossible à ce stade des procédures de révéler le contenu de tous les témoignages et ce, afin de protéger la preuve en vue d’un procès à venir devant un jury.

Plus tôt dans la journée, Daniel Fortin, un technicien en identité judiciaire de la Sûreté du Québec, a également témoigné sur le travail qu’il a réalisé dans le cadre de cette enquête.

Rappelons que René Kègle est accusé du meurtre prémédité de Steve Lamy. Le corps de l’entrepreneur avait été retrouvé deux jours après sa disparition dans un véhicule incendié sur le chemin Bradley en même temps que celui de Jean-Christophe Gilbert.