Maxime Leclerc-Gingras et Anne-Marie Charest, propriétaires du Ranch canin Manitou.
Maxime Leclerc-Gingras et Anne-Marie Charest, propriétaires du Ranch canin Manitou.

Ranch canin Manitou: vivre entouré de chiens

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
Un terrain de plus de 200 000 pieds carrés, sur lequel on retrouve un étang, un labyrinthe de saules et une portion boisée. Voilà une description qui peut faire envie à quiconque rêve de quitter la ville pour s’isoler en campagne. Pour les propriétaires du Ranch canin Manitou, situé à la frontière entre Sainte-Thècle et Saint-Adelphe, c’était également l’endroit rêvé pour développer un «camp de vacances» pour les chiens.

Que ce soit pour quelques jours ou quelques semaines, les propriétaires de chiens qui doivent s’absenter pour un voyage ou pour le travail peuvent y laisser leur compagnon canin. Il peut alors trotter et dépenser son énergie autant qu’il le veut, du lever au coucher du soleil. Le tout, dans un espace clôturé, pour éviter les fugues.

«Ce n’est pas un ‘’entrepôt’’ à chiens. Ils peuvent s’émanciper, se baigner, se promener dans le bois. Je ne suis pas là pour les forcer à faire des activités qu’ils n’ont pas envie de faire: ils font ce qui leur plaît. Le but, c’est que les chiens soient le plus détendus possible», explique Maxime Leclerc-Gingras, copropriétaire du Ranch canin Manitou.

Les chiens dorment toutefois à l’intérieur, dans un ancien silo à grain aménagé en dortoir. Celui-ci est chauffé pendant les saisons froides, pour assurer le confort des pensionnaires. M. Leclerc-Gingras passe la nuit auprès des chiens pour s’assurer que tout se passe bien. Il faut dire que la résidence du couple se trouve au milieu du gigantesque parc à chiens.

«On habite littéralement chez les chiens. C’est tellement plaisant, on peut voir les animaux tous les jours», souligne M. Leclerc-Gingras.

À échelle... canine

L’entreprise peut héberger une douzaine de chiens, en plus de la vingtaine appartenant à M. Leclerc-Gingras et Mme Charest. Elle pourrait certes en accueillir davantage, mais le couple préfère limiter le nombre de canidés pour s’assurer que leur confort et leur bien-être sont adéquats.

Le Ranch canin Manitou comprend un étang où les chiens peuvent jouer et se rafraîchir.

«J’ai un permis de chenil qui me permet d’accueillir jusqu’à 50 chiens ici, mais on n’est que deux et je ne veux pas être dépendant d’employés. Pour moi, c’est un style de vie avant d’être un commerce. On veut établir des relations à long terme avec les gens, alors je préfère garder ça à petite échelle», indique M. Leclerc-Gingras.

Ce dernier indique par ailleurs qu’une sélection est faite avant d’admettre un nouveau pensionnaire. Ce dernier doit bien sûr être à l’aise à l’extérieur, puisque c’est là qu’il passera le plus clair de son temps. Il ne doit pas non plus avoir de problèmes de comportement importants.

«Si un chien a un historique d’agressions, on ne peut pas nécessairement le protéger ou protéger les autres chiens de lui. On n’est pas là pour tester si un chien va bien s’entendre avec les autres», insiste-t-il.

M. Leclerc-Gingras précise cependant que les chiens ne sont pas laissés constamment tous ensemble: ils sont répartis en petits groupes et vont pouvoir passer, à tour de rôle, d’un secteur à l’autre de l’immense parc. En cas de mauvaise entente entre certains chiens, les groupes peuvent être réaménagés pour que les pensionnaires ne risquent pas de s’en prendre à d’autres.

Cependant, bien que le rôle du Ranch canin Manitou n’est pas d’éduquer les chiens ou de corriger des problèmes de comportement, cela ne veut pas dire pour autant que celui-ci n’aura pas légèrement changé, pour le mieux, à leur retour à la maison.

«N’importe quel chien qui change d’environnement devrait être plus fatigué, donc plus calme à son retour à la maison. Mais on remarque aussi que plus le séjour est long, plus il va y avoir une bonification dans ses interactions avec les autres chiens. Des fois, on entend des gens qui trouvent que leur chien a pris de la maturité un peu», remarque M. Leclerc-Gingras, tout en précisant que ces observations demeurent anecdotiques, et non scientifiques.

Les 30 à 40 chiens hébergés par Maxime Leclerc-Gingras et Anne-Marie Charest peuvent jouer dans différents enclos thématiques aménagés sur l’immense terrain de 200 000 pieds carrés.

Ce dernier fait par ailleurs un parallèle entre les personnes qui voyagent pour se détendre et se ressourcer et les chiens qui séjournent à son camp de vacances.

«C’est comme quelqu’un qui vit beaucoup de stress et qui va passer trois semaines dans le sud, il revient moins stressé, plus détendu. C’est pareil chez les chiens», résume-t-il.

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