Les événements sont survenus entre 2004 et 2012 à Trois-Rivières, Shawinigan et Saint-Alphonse-de-Rodriguez.

Quatre ans de prison pour inceste sur sa demi-sœur

Trois-Rivières — Un homme de 38 ans vient d’être condamné à une peine de quatre ans de pénitencier pour inceste et attouchements sexuels sur sa demi-sœur pendant plusieurs années.

Les événements sont survenus entre 2004 et 2012 à Trois-Rivières, Shawinigan et Saint-Alphonse-de-Rodriguez. La petite n’avait que 7 à 8 ans lorsque les délits avaient commencé tandis que son demi-frère en avait 24 ans. Il avait ainsi profité de l’affection qu’elle lui portait pour briser le lien de confiance qui les unissait en se livrant à des attouchements sexuels. Il lui avait touché les seins et les parties génitales. Il était aussi question de cunnilingus, de masturbation, de pénétration digitale et d’une pénétration vaginale partielle.

Aujourd’hui âgée de 21 ans, la victime a raconté, lundi, à quel point ces événements avaient eu des répercussions importantes dans sa vie notamment dans ses relations avec les hommes et son estime de soi. Elle a ainsi parlé de son incompréhension et de son sentiment d’insécurité pendant la période délictuelle. Elle n’a pas caché qu’elle aimait son grand frère au point de se sentir rejetée par lui quand il avait eu des copines. Elle avait par la suite éprouvé de la méfiance, un sentiment d’infériorité et même une hypersexualisation. Des liens familiaux avaient aussi été brisés. «J’avais l’impression de ne pas être aimée par les autres membres de ma famille», a-t-elle mentionné. La difficulté à exprimer ses émotions, à s’assumer comme femme, les flashbacks, les crises d’angoisse et les idées suicidaires font également partie des séquelles.

D’un autre côté, elle a demandé au juge de ne pas interdire à son demi-frère de communiquer avec elle, surtout dans le cadre d’un possible cheminement personnel qu’il pourrait entreprendre. On se rappelle que lors du procès, elle avait offert un témoignage très respectueux envers cet homme. Lors d’une question qui visait à expliquer comment elle se sentait par rapport à lui, elle avait tout simplement répondu: «C’est mon frère. »

Dans le cadre des plaidoiries sur la sentence, le procureur de la Couronne, Me Hippolite Brin, a demandé au juge David Bouchard qu’une peine de cinq ans de prison soit imposée. Au départ, il avait même envisagé de déposer une requête visant à le faire déclarer délinquant à contrôler mais à la lumière des résultats des évaluations psychologiques et sexologiques, toutes les conditions n’étaient pas remplies.

On sait que cet homme, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes, a aussi été reconnu coupable à Joliette d’abus sexuels sur l’enfant de sa conjointe entre 2007 et 2009 et de voies de fait sur l’autre enfant de celle-ci. Il a écopé d’une peine de 18 mois qu’il purge présentement.

Dans les rapports d’expertise, on note en effet qu’il souffre d’un trouble de pédophilie non exclusif et que par le fait même, il présente un certain risque de récidive. Son niveau d’empathie serait considéré comme superficiel envers la victime.

Par contre, il a déclaré lundi avoir beaucoup réfléchi. Les larmes aux yeux, il a même demandé pardon à la victime pour l’avoir blessée et avoir miné sa confiance. «J’espère qu’elle va se rétablir et continuer à s’épanouir.»

Son avocat, Me Jean Dury, a suggéré qu’une peine de deux ans et demi à trois ans de prison soit imposée en insistant sur le fait qu’il n’y avait pas eu de pénétration complète.

Le juge a plutôt conclu que la peine appropriée serait de quatre ans de pénitencier. D’une part, il a relevé le fait que la petite n’avait pas été menacée ou violentée lors des délits.

Il a aussi mentionné que les événements étaient survenus entre 2004 et 2012 mais qu’il y avait une période d’accalmie entre 2006 et 2011. Il a tenu compte du fait que l’homme avait lui-même été victime d’abus sexuels dans sa jeunesse.

Parmi les facteurs aggravants, il a retenu les impacts chez la victime, l’abus de confiance et son diagnostic de trouble de pédophilie. D’un autre côté, le tribunal est d’avis que les remords exprimés par l’accusé sont sincères et qu’il y a eu une évolution dans son introspection.

Il sera également soumis à une série d’interdictions l’empêchant de se trouver en présence de jeunes de moins de 16 ans sauf avec ses propres enfants, et ce, pendant les cinq ans suivant sa libération. Il sera aussi inscrit au Registre des délinquants sexuels à vie.