Il reste maintenant à l’individu 23 mois de prison à purger en tenant compte de la détention préventive de 25 mois. Il sera ensuite sous probation pendant trois ans avec un suivi pendant 30 mois

Quatre ans de prison pour avoir fait vivre un enfer à sa conjointe

TROIS-RIVIÈRES — Un homme de 46 ans qui a fait vivre un enfer à sa conjointe en la battant et en tirant sur elle avec un fusil à plomb vient d’être condamné à une peine de quatre ans de prison.

En prononçant la sentence, le juge Rosaire Larouche n’a d’ailleurs pas été très tendre envers cet individu. «Les photographies de la victime sont assez impressionnantes et indescriptibles. Comment peut-on prétendre aimer quelqu’un et avoir un comportement profondément aussi anti-humain?», a-t-il déploré.

Bien qu’il considère ce comportement inexcusable, il a cependant entériné la suggestion commune de la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, et de l’avocate de la défense, Me Pénélope Provencher. Selon lui, elle est raisonnable, d’autant plus que le reliquat de la peine à purger lui permet de prononcer une ordonnance de probation. «Le système aura encore une mainmise sur vous», a-t-il précisé.

Rappelons que cet individu avait été arrêté le 25 janvier 2018 dans sa résidence de Pointe-du-Lac lors d’un important déploiement policier. Le suspect, dont on doit taire l’identité pour protéger celle des victimes, avait en sa possession des fusils à plombs, un fusil de calibre .12, une arme de calibre .22, une arbalète et une arme à impulsion électrique, sans compter de nombreuses munitions.

Son arrestation fait suite au dépôt d’une plainte logée par sa conjointe de l’époque. Entre 2002 et 2018, elle a en effet été victime de violence verbale et physique à plusieurs reprises. Au fil du temps, les gestes se sont à ce point aggravés qu’elle a décidé de dénoncer son agresseur parce qu’elle craignait pour sa vie et celle de leurs enfants.

Parmi les sévices qu’il lui a fait subir, il lui a asséné des coups de poing et de pied, lui a tiré les cheveux, a utilisé une agrafeuse sur sa peau et lui a lancé un couteau sur le corps. Il l’a également frappée avec un bâton de baseball et a tiré sur elle à bout portant dans la maison avec son fusil à plomb, et ce, à quelques reprises. Dans le cadre d’une déclaration aux policiers, la présumée victime avait avoué que c’est elle-même qui tentait d’enlever les plombs logés dans sa peau. Il l’a même menacé d’utiliser contre elle son fusil de calibre 12.

Les enfants du couple ont souvent été témoins de ces épisodes de violence conjugale. Or, l’un d’eux a aussi été la cible du comportement violent de son père qui a utilisé contre lui son fusil à plombs à une occasion sans toutefois l’atteindre.

En guise de défense, il a été mentionné que cet homme souffrait d’un traumatisme craniocérébral à la suite d’un accident de moto, ce qui aurait accru son agressivité. Devant son incapacité à travailler, c’est sa conjointe qui devait subvenir aux besoins de la famille. Malgré tout, il a agi avec elle de façon à contrôler son horaire et ses revenus.

Or, le juge n’a pas manqué de constater que son accident de moto, survenu en 2013, n’était pas l’unique source de son agressivité puisqu’il avait déjà eu un comportement violent avec sa conjointe et d’autres personnes avant, tel que le révèlent ses antécédents judiciaires.

Toutefois, cet individu a accepté de plaider coupable à la majorité des infractions qui lui étaient reprochées notamment voies de fait armées avec un couteau, un bâton de baseball et un fusil à plombs, voies de fait causant des lésions corporelles, menaces de mort, utilisation d’une arme lors de la perpétration des voies de fait, possession d’une arme prohibée sans détenir un permis, possession d’armes malgré l’interdiction, voies de fait contre l’un de ses enfants avec un fusil à plombs et enfin, de ne pas avoir respecté un engagement de type 810.

Les discussions entre les avocats ont donné lieu à la suggestion de sentence mentionnée précédemment. Celle-ci tient compte du fait qu’il n’y a pas eu d’enquête préliminaire ni de procès, ce qui évite à la victime et aux enfants de témoigner. Son incarcération depuis janvier 2018 l’aurait également fait réfléchir puisqu’il se dit maintenant enclin, selon Me Provencher, à suivre une thérapie pour la gestion de sa colère.

Ainsi, il lui reste maintenant 23 mois de prison à purger en tenant compte de la détention préventive de 25 mois. Il sera ensuite sous probation pendant trois ans avec un suivi pendant 30 mois. Il devra suivre les recommandations de son médecin traitant et de son agent de probation en lien avec sa problématique de violence et il lui sera interdit d’importuner son ex-conjointe et les enfants.