Entourée de Gabriel Nadeau Dubois, et de Manon Massé, Christine Labrie a confirmé son titre de candidate de Québec solidaire dans la circonscription de Sherbrooke.

QS rassemble 600 partisans au Granada

L’ambiance était survoltée au Théâtre Granada, lundi soir, à l’occasion de la visite des co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois. Plus de 600 Estriens se sont présentés, une foule record pour une réunion hors Montréal de QS, selon le parti.

Les solidaires ont ovationné plusieurs fois leurs politiciens favoris, en plus d’accueillir chaleureusement la nouvelle candidate de ce parti dans la circonscription de Sherbrooke, Christine Labrie.

Celle qui a tenté de se faire élire au conseil municipal de Sherbrooke en novembre dernier semblait heureuse de voir autant de gens. « Il faut comprendre que ça se passe à Sherbrooke cette année. Il y a beaucoup de gens motivés. Il y avait des gens qui faisaient déjà la queue pour travailler avec moi », décrit la jeune femme de 30 ans. C’est avec beaucoup d’optimisme que Mme Labrie démarre ainsi sa précampagne électorale. « J’ai déjà confiance, car je suis bien entourée, indique-t-elle. De voir cette foule-là, c’est extrêmement motivant. On est à six mois des élections, donc imaginez-vous durant la campagne comme on va réussir à faire bouger les gens! »

Pour sa part, Gabriel Nadeau-Dubois veut que Sherbrooke soit Québec solidaire à partir d’octobre. « On vient faire une démonstration de force. On vient démontrer notre sérieux dans notre volonté de faire élire un député de Québec solidaire dans l’Estrie. On est venus à deux reprises dans la région à l’automne et nous sommes de retour pour notre premier grand rassemblement préélectoral. On veut montrer qu’on est mobilisés, sérieux et qu’il y a des centaines de solidaires à Sherbrooke prêt à faire campagne », a-t-il affirmé avant la tenue de l’événement.

Des solutions pour Sherbrooke 
Quels sont les changements que Christine Labrie veut apporter dans Sherbrooke?

« Je veux qu’on prenne plus soin de notre monde, a-t-elle commenté après la confirmation de sa candidature. Oui, il faut améliorer les services publics, mais il faut aussi améliorer la qualité de vie des gens qui offrent ces services. Les conditions de travail, les heures supplémentaires qui ne finissent plus, les gens qui sont en burn-out, ceux qui n’ont pas le temps de passer du temps avec leur famille, il faut s’en occuper. »

Après s’en être pris au Parti libéral de Jean Charest, Mme Labrie a lancé quelques flèches à son adversaire Luc Fortin. « Ça fait trop longtemps qu’on a personne pour nous défendre à l’Assemblée nationale. [...] Luc Fortin n’est pas vraiment le député de Sherbrooke, il est plus le porte-parole du Parti libéral à Sherbrooke. On le voit juste quand il est temps de faire une annonce. Ça ne sert à rien d’avoir un ministre comme député s’il oublie qui il est censé représenter », a-t-elle dénoncé devant la foule, promettant au passage de représenter Sherbrooke à temps plein.

« Les solutions proposées par QS, on en a besoin ici, a-t-elle poursuivi. Le salaire minimum à 15 $ de l’heure, la rémunération des stages obligatoires pour les étudiants et l’assurance dentaire publique universelle, on peut les mettre en œuvre », a-t-elle assuré.

Les co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé, ont profité de leur passage à Sherbrooke pour accorder une entrevue à La Tribune.

QS voit grand en Estrie

Malgré des sondages peu favorables, Québec solidaire (QS) veut un député en Estrie et espère prendre le pouvoir. Dans les récents sondages, QS n’a jamais dépassé les 11 % d’intentions de vote, ce qui n’embête pas le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois. Selon lui, le parti pourrait créer une surprise.

« En 2012, les sondages n’étaient pas de notre bord, rappelle M. Nadeau-Dubois. Quand on a commencé la lutte contre Énergie Est, les sondages n’étaient pas de notre bord. Quand Bernie Sanders s’est lancé en campagne, les sondages n’étaient pas de son bord et c’est la même chose pour Valérie Plante à Montréal. Il y a des exemples de mouvements politiques qui sont capables de faire mentir ces sondages en misant sur des campagnes percutantes sur le terrain », a-t-il lancé lors d’une entrevue à La Tribune.

« Le parti va bien, poursuit-il. Nous sommes à notre sommet historique en terme de nombre de membres et en matière de financement. Notre prochaine campagne électorale, ce sera la plus grande de notre histoire et de beaucoup. Notre machine n’a jamais été aussi puissante et ça fait une différence. »

L’autre co-porte-parole de QS, Manon Massé, est consciente que des citoyens ont des craintes envers les prises de positions de son parti. Cela est dû au fait que Québec solidaire prend des décisions différentes. « Les gens pensent que Québec solidaire n’a pas de crédibilité économique. L’expression que j’entends le plus souvent, c’est qu’on est des pelleteux de nuages. Dans les faits, QS fait d’autres choix économiques », analyse-t-elle.

Le député de Gouin assure que QS est un parti qui ne néglige pas les régions. « Au-delà du fait que nos trois députés ont été élus à Montréal, pour nous, Québec solidaire est sur l’ensemble du territoire québécois depuis toujours. Ce sont plus de 60 % de nos membres qui sont en dehors du Grand-Montréal. Ce qui est beau à Sherbrooke, avec les années, avec la qualité des candidats et candidates qui se sont présentés, on a une crédibilité certaine. »

Si l’on se fit aux derniers sondages, la Coalition avenir Québec (CAQ) trône en tête de lice. « On ne contrôle pas les sondages, commente Gabriel Nadeau-Dubois. On contrôle nos propositions et notre travail. D’abord, il y a une insatisfaction contre le gouvernement libéral, c’est clair. À l’heure actuelle, c’est la CAQ qui semble être perçue par les gens comme le véhicule de ce changement. Je pense que c’est une fausse perception. On a un ministre de l’Éducation, un ministre de la Santé et une vice-première ministre qui viennent de la CAQ et appliquent dans leur fonction le programme de la CAQ. »

Par exemple, dans leurs propositions, Québec Solidaire aimerait que tous les Québécois aient accès à une assurance dentaire. De plus, le parti prône une rémunération des stages. « On veut que les salaires minimums soient augmentés à la hauteur de 15 $ l’heure, explique Mme Massé. Rémunérer le stage 4 pour les étudiants en éducation pourrait être fait dès maintenant. De manière plus large, on aimerait rémunérer l’ensemble des stages », indique-t-elle.