Angel-Emiro Guapacha subit son procès depuis lundi.

Procès Guapacha : le proprio du bar témoigne

Angel-Emiro Guapacha aurait agressé sexuellement une serveuse d’un bar de l’ouest de Sherbrooke alors qu’elle se trouvait en état d’ébriété en janvier 2017.

Guapacha subit son procès depuis lundi concernant une agression sexuelle causant des lésions corporelles dans un bar de Sherbrooke dans la nuit du 18 au 19 janvier 2017.

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Appelé à la barre comme témoin devant la juge Claire Desgens de la Cour du Québec, le propriétaire de l’établissement mentionne avoir constaté les événements en cause à partir des caméras de surveillance dès le matin de l’agression.

L’établissement où est survenue l’agression n’est pas révélé pour ne pas identifier la victime alléguée dans cette affaire.

Le propriétaire de l’endroit a démarré le visionnement vers 23 h, moment où la serveuse était seule dans le bar avec Guapacha.

« J’ai vu ma serveuse être traînée sur le sol par le client. Elle avait les culottes baissées. Je les ai vus se diriger dans le couloir. J’ai vu le client se pencher vers elle avec la main entre les jambes », explique le propriétaire du bar.

Le concierge de l’établissement a trouvé la serveuse couchée au sol avec Guapacha près d’elle vers 5 h en entrant au travail.

« Monsieur remontait les pantalons de la fille et il était à genoux devant elle. Lui, il n’avait pas les pantalons baissés. Sur le coup, je pensais que c’était un couple. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas ça. J’ai demandé au monsieur de l’aider à la placer dans un fauteuil parce qu’elle était dans les limbes. Elle n’avait pas conscience (...) J’ai pensé que c’était une agression », témoigne le concierge qui affirme avoir été surpris de la situation.

Jean-François Caron du SPS

Inquiet pour son cellulaire

Il soutient que l’accusé s’inquiétait pour son cellulaire qu’il avait égaré.

« Il était en panique. C’était très très important », signale le concierge.

Une administratrice de l’établissement a résumé la consommation de la serveuse et de Guapacha à partir du système informatique du bar.

Entre 23 h et 2 h, plusieurs « shooters » ont été commandés, soit seize de toutes sortes. Elle n’a pas précisé qui les avait consommés.

« À notre arrivée, notre serveuse avait l’air perturbée. Au début on pensait qu’elle avait juste consommé avec un client. Quand on a vu son état physique, on s’est rendu compte qu’il s’était passé quelque chose de grave », mentionne l’administratrice de l’établissement.

Guapacha avait laissé son numéro de téléphone au concierge de l’établissement pour retrouver son cellulaire.

« Je l’ai contacté. Je lui ai dit qu’il aurait des problèmes parce qu’il avait agressé ma serveuse. Je n’étais pas très content. Il semblait surpris de ce que je lui ai dit. Je ne comprenais pas pourquoi il était surpris », signale le propriétaire du bar.

Il a constaté que la serveuse était larmoyante et avait de la difficulté à marcher au matin de l’agression alléguée.

Le propriétaire de l’établissement a incité la serveuse à porter plainte à la police.

Le policier Jean-François Caron du Service de police de Sherbrooke a pris des photos de la victime alléguée à la suite des gestes qui auraient été commis par Angel-Emiro Guapacha.

« Il y a eu plusieurs blessures notamment une éraflure sur la fesse d’environ neuf centimètres sur neuf centimètres », indique l’agent Caron.

D’autres blessures, rougeurs et égratignures ont été constatées par les policiers au bas du ventre, sur la cuisse droite, sur le genou droit, au bas du dos, aux bras, au sein gauche, au poignet et dans le cou de la victime alléguée.

Éric Bélanger du SPS

Vidéo

Une vidéo de douze heures sera entendu lors du procès prévu pour une semaine.

« C’est le noyau de la preuve de la poursuite qui démontre les gestes de monsieur Guapacha », explique la procureure aux poursuites criminelles Me Gabrielle Cloutier.

Le technicien en identité judiciaire du SPS Éric Bélanger s’est rendu sur les lieux de l’agression sexuelle.

« La victime aurait été traînée au sol vers la salle de bain par l’accusé », relève l’agent Bélanger à partir des photos de la scène de crime déposées au tribunal.

L’identité de Guapacha a été admise par la défense.

L’intégrité des vidéos des caméras de surveillance du bar de même que la déclaration faite par l’accusé le 19 janvier 2017 ont aussi été admises.

L’avocat de la défense Me Christian Raymond a annoncé avant le procès qu’il entendait présenter une défense d’intoxication involontaire.