Éric Michaud lors de son arrivée au palais de justice pour sa comparution à l’été 2017.
Éric Michaud lors de son arrivée au palais de justice pour sa comparution à l’été 2017.

Procès d'Éric Michaud: un appel 911 bouleversant

SHAWINIGAN — Tout comme cela avait été le cas avec les photos montrant les mains brûlées d’un bébé de 15 mois, un appel 911 a bouleversé les membres du jury, jeudi, au procès d’Éric Michaud, accusé de voies de fait graves sur l’enfant.

C’est le père de la conjointe d’Éric Michaud qui a composé le 911 le 29 juillet 2017. À son arrivée dans le logement de la 11e Avenue à Grand-Mère, l’ambulance n’avait pas encore été appelée. C’est donc lui qui s’en est chargé avant de passer le téléphone à sa fille. Il a appris sur place que l’enfant se serait brûlé les mains dans le bain.

Cet appel a été diffusé dans la salle d’audience. On pouvait y entendre les hurlements et les pleurs de l’enfant mais également les cris d’impatience d’Éric Michaud qui réclamait l’arrivée de l’ambulance au plus vite. Celui-ci est également apparu émotif en réécoutant cet appel.

Par ailleurs, la quatrième journée de procès a aussi permis d’apprendre que des taches d’huile végétale, compatibles avec celle contenue dans la friteuse, ont été retrouvées sur les vêtements du bébé de 15 mois. C’est du moins ce qu’est venue confirmer la chimiste Catherine Dicaire, du Laboratoire de médecine légale et de sciences judiciaires de Montréal.

La procureure de la Couronne, Me Émilie Goulet, soutient dans cette affaire qu’Éric Michaud a délibérément plongé les mains du bébé dans la friteuse, qui contenait l’huile encore chaude ayant servi à la préparation d’un repas. Ce témoignage de la chimiste fait donc partie de la preuve qu’elle présente au jury.

La chimiste a d’ailleurs réalisé des expertises sur la friteuse. Selon elle, la température maximale de l’huile lorsque la friteuse est en fonction est de 240 degrés Celsius. Les tests de refroidissement ont démontré que la température de l’huile peut ensuite varier entre 150 degrés Celsius et 67 degrés Celsius dans l’heure suivante.

On sait que l’avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, veut démontrer que les brûlures seraient plutôt le résultat d’un accident. Le bébé se serait ébouillanté les mains dans l’eau du bain, après qu’un autre enfant présent dans le logement ait tourné le robinet pour activer l’eau chaude.

La veille, un technicien en scène de crimes avait d’ailleurs expliqué avoir évalué la température de l’eau chaude avec un thermomètre infrarouge. Le maximum était de 51,3 degrés Celsius.

Jeudi, une autre technicienne en scène de crimes, Louise Charbonneau, a notamment expliqué être retournée sur place en septembre 2017 pour y faire de nouvelles analyses de la température de l’eau avec le même thermomètre. La température maximale détectée est demeurée la même. Dans ses lectures, des différences ont cependant été relevées compte tenu de la distance entre l’appareil entre le jet d’eau et la durée de l’écoulement.

Au cours de la journée, le pathologiste Jean-Luc Laporte a pour sa part indiqué avoir reçu deux débris à analyser, provenant de l’huile de la friteuse, prélevés par un technicien en scènes de crimes. Il a précisé ne pas être capable d’identifier la nature exacte de ces débris. Il soutient qu’il y a absence d’évidence de lambeaux de peau et absence de fragments d’aspect épidermique compte tenu de l’état des morceaux prélevés.