Gervaise Hamelin et Jean-Paul Lamothe ont pris leur retraite à l’âge de 78 et 84 ans.

Prendre sa retraite... à 84 et 78 ans!

TROIS-RIVIÈRES — Jusqu’à récemment, Jean-Paul Lamothe et sa conjointe, Gervaise Hamelin, possédaient toujours leur entreprise de rembourrage de meuble, à l’âge de 84 et 78 ans. Ils ont finalement décidé de prendre leur retraite, après avoir travaillé pendant plus de 50 ans dans leur commerce du secteur Saint-Louis-de-France.

M. Lamothe et Mme Hamelin reçoivent encore régulièrement des appels à savoir s’ils offrent toujours leurs services de rembourrage. «Il y en a une qui a appelé vers 9 h cet avant-midi», affirme M. Lamothe. L’enseigne de l’entreprise, qui n’a pas encore été retirée, trompe parfois des clients qui se voient déçus de savoir que le couple a finalement décidé de cesser leurs activités professionnelles.

C’est que M. Lamothe et Mme Hamelin ont su fidéliser leur clientèle à travers les 57 dernières années. «Les gens étaient toujours satisfaits. S’il y avait quelque chose qui n’était pas à leur goût, on le reprenait et ça ne coûtait rien», note Mme Hamelin.

Continuer de travailler malgré l’âge

Alors que l’âge habituel pour la retraite est de 65 ans au Québec, pourquoi M. Lamothe et Mme Hamelin ont-ils choisi de continuer de travailler pendant autant d’années? «Chaque année, on se disait qu’on allait arrêter, puis on continuait», mentionne M. Lamothe. C’est d’ailleurs cette idée que le couple se répète depuis près de 15 ans qui explique le fait que l’enseigne de l’entreprise n’ait pas été changée depuis plusieurs années.

Comme le couple se répète depuis près de 15 ans qu’ils prendront prochainement leur retraite, l’enseigne de l’entreprise n’a pas été changée depuis plusieurs années.

«On recevait des téléphones, donc c’était encourageant, on s’encourageait», affirme sa conjointe. C’est donc la demande des clients qui a poussé le couple à poursuivre jusqu’à 84 et 78 ans.

La peur de se tourner les pouces une fois à la retraite fait également partie de l’équation. «On se serait ennuyés aussi, on est habitués de voir du monde», commente Mme Hamelin. Cette inquiétude semble d’ailleurs toujours présente du côté de M. Lamothe. «Ça fait un gros contraste, je suis habitué de travailler depuis l’âge de 17 ans jusqu’à 84», dit-il. Sa conjointe, elle, considère qu’il est temps de profiter d’un peu de temps libre après toutes ces années à travailler. «La retraite, ça ne me fait pas peur, moi.»

Leurs enfants étaient aussi d’avis qu’il était maintenant temps pour le couple de cesser d’offrir ses services de rembourrage. «C’est nous qui proposions de ralentir, puis de finalement passer à autre chose, pour qu’ils pensent plus à eux», mentionne leur fils Jean-François Lamothe. Depuis quelques années, M. Lamothe et Mme Hamelin avaient réduit de beaucoup le nombre d’heures passées à travailler pour l’entreprise, après avoir suivi les conseils de leurs enfants. «C’était plus un passe-temps dans les dernières années, mais à un moment donné, il faut que ça finisse», indique leur fils.

Planifier sa retraite à 84 et 78 ans

En prenant leur retraite, M. Lamothe et Mme Hamelin savaient qu’ils fermaient boutique, puisqu’ils n’avaient pas de relève pour reprendre l’entreprise de rembourrage. Le couple ne sait d’ailleurs toujours pas ce qu’ils feront de leur atelier, qui est rattaché à leur résidence et dans lequel se trouve toujours du matériel pour le rembourrage de meubles. Ils organisent d’ailleurs une vente de fermeture, ce samedi, afin de se débarrasser de cet équipement.

C’est qu’à l’époque où la majorité des gens préfèrent acheter du neuf que de faire réparer leurs biens, le nombre d’entreprises de rembourrage diminue. «Dans la grande région, il y en a peut-être une douzaine maximum», estime M. Lamothe.

Pour l’instant, le couple n’a pas de plan précis quant à la retraite. S’ils ont beaucoup voyagé par le passé, l’âge leur permet plus ou moins de le faire aujourd’hui. Dans les prochaines années, ils comptent assurément vendre leur maison, mais surtout, prendre du temps pour eux et s’occuper de leurs quatre petits-enfants. «Ils ont plus de temps pour aller souper, aller se promener, ils vont voir le monde ailleurs au lieu que le monde vienne ici», mentionne Jean-François Lamothe. «On sort chaque jour. Je n’ai pas le temps de m’ennuyer», lance Mme Hamelin.