Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
La présence de nombreux stationnements en zone urbaine a des impacts sur la mobilité citoyenne et sur la qualité de vie de la population, c’est pourquoi le réseau des Conseils régionaux en environnement souhaite accompagner leurs propriétaires dans des projets de réaménagement.
La présence de nombreux stationnements en zone urbaine a des impacts sur la mobilité citoyenne et sur la qualité de vie de la population, c’est pourquoi le réseau des Conseils régionaux en environnement souhaite accompagner leurs propriétaires dans des projets de réaménagement.

Pour des stationnements écoresponsables en région

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Article réservé aux abonnés
Quand on pense à un stationnement, l’idée d’une vaste étendue d’asphalte nous vient rapidement en tête. Et si l’aménagement des stationnements s’effectuait de façon plus intelligente, mais aussi de manière plus écologique? La démarche Stationnement écoresponsable, pilotée par les Conseils régionaux en environnement (CRE) est sur le point de s’implanter en Montérégie, au Centre-du-Québec, dans la Capitale nationale et à Laval. Les propriétaires d’entreprises, de terrain ou d’immeubles de même que les responsables d’organisation de ces régions sont invités à prendre part au mouvement en réinventant leurs aires de stationnement.

À l’oeuvre sur l’île de Montréal depuis 2017, la démarche a permis de transformer sept méga stationnements appartenant à cinq propriétaires. L’objectif derrière cette initiative, qu’on amène en région pour les deux prochaines années, est de diminuer le nombre de cases de stationnement pour en amoindrir, voire éliminer, certains des inconvénients créés par ces immenses surfaces de bitume.

En effet, la présence de nombreux stationnements en zone urbaine a des impacts sur la mobilité citoyenne et sur la qualité de vie de la population, a soutenu Emmanuel Rondia, directeur général du CRE de Montréal lors d’un point de presse lundi midi, «En plus d’augmenter considérablement les effets d’îlots de chaleurs, un stationnement mal conçu entraîne des problèmes de gestion des eaux pluviales et incite à la dépendance à l’auto-solo», fait-il valoir.

«Ce n’est pas simplement de verdir un stationnement, mais plutôt d’en repenser l’usage et la configuration, a pour sa part expliqué en entrevue Judith Lavoie, chargée de projets en mobilité durable au CRE de la Montérégie. On peut penser à remplacer des espaces de stationnement pour les voitures par des supports à vélo ou aménager un trottoir commun pour permettre aux gens qui se présentent en transport en commun de traverser le stationnement de façon sécuritaire. Le stationnement, quand on y pense, c’est un peu la porte d’entrée de nombreux milieux qu’on visite quotidiennement. Il y a moyen d’en repenser l’aménagement et l’utilité pour le rendre plus sécuritaire, plus vivant, plus inclusif et plus vert.»

Accréditation

Pour se prévaloir de l’accréditation «Stationnement écoresponsable», les propriétaires des stationnements, qui doivent compter au moins une vingtaine de cases actuellement, n’ont qu’à communiquer avec la CRÉ de leur région. Ils seront ensuite outillés et accompagnés dans la planification de la métamorphose de leur stationnement, que ce soit en remplaçant certains espaces par de la végétation, en utilisant des matériaux qui réduiront la réverbération de la chaleur, en planifiant la mise en place d’aménagements verts qui retiennent les eaux de pluie ou en implantant d’autres éléments écoresponsables qui amélioreront aussi bien l’esthétisme que la fonctionnalité du stationnement.

«Mon rôle, comme celui de mes homologues au sein des autres CRE, sera de remplir des fiches pour mesurer les impacts du projet de réaménagement, par exemple de mesurer quelle superficie, en mètres carrés, a été végétalisée ou de quelle manière l’eau de pluie a été gérée», a illustré Mme Lavoie.

Judith Lavoie est chargée de projets en mobilité durable au CRE de la Montérégie.

«Pour avoir un véritable impact, il faut observer certains critères, qui varieront selon le stationnement, sa taille et sa configuration. Ce n’est pas en plantant deux arbres dans un stationnement de 400 places qu’on va contrer un effet d’ilôt de chaleur, a poursuivi la chargée de projet. D’un autre côté, si on décide de planter deux rangées d’arbres et que ça rend la circulation dangereuse, ce n’est pas nécessairement la meilleure solution.»


« Le stationnement, quand on y pense, c’est un peu la porte d’entrée de nombreux milieux qu’on visite quotidiennement. Il y a moyen d’en repenser l’aménagement et l’utilité pour le rendre plus sécuritaire, plus vivant, plus inclusif et plus vert. »
Judith Lavoie, chargée de projet au CRE de la Montérégie

Un comité d’experts se chargera par la suite d’évaluer chaque projet de lui décerner un pointage qui déterminera à quel niveau d’accréditation son instigateur aura droit, pointage qui pourra par la suite être revu à la hausse au gré des améliorations effectuées.

Une approche plus actuelle du stationnement

En Montérégie, beaucoup de stationnements de grande ampleur ont été aménagés il y a quelques décennies sans penser à l’étalement urbain, rappelle la chargée de projet. On supposait alors que les gens partiraient de Montréal ou des municipalités avoisinantes en voiture, sans imaginer qu’aujourd’hui, des quartiers complets se seraient construits autour de ces stationnements et que ces commerces et industries seraient desservis par du transport en commun. «Il y a une réflexion à faire, à savoir si on a réellement encore besoin de tous ces espaces», a allégué Mme Lavoie.

Certes, l’offre en transport en commun varie grandement d’un secteur de la Montérégie à un autre. Le transport interurbain qui ne converge pas vers Montréal de même que la faible densité de population par endroits constituent des enjeux de taille pour plusieurs municipalités et MRC et rendent dans certains cas incontournables les déplacements en automobile.

Les CRE participantes sont conscientes que les changements souhaités ne s’effectueront pas du jour au lendemain. «En fait, pour l’instant, on souhaite surtout sensibiliser les propriétaires de stationnement. Qui sait si dans quelques années, quand ce sera le temps de le refaire, la réflexion aura été faite et ils se tourneront vers nous, à ce moment-là, pour voir la configuration et les matériaux écoresponsables qui répondront à leurs besoins», a mentionné Mme Lavoie.

Les récipiendaires de l’attestation Stationnement écoresponsable en 2018.

Dans la région, les MRC de Rouville et de Brome-Missisquoi ont déjà annoncé leur intérêt envers l’initiative.

Dans un second temps, les CRE souhaitent accompagner les municipalités des régions participantes à adopter ou à revoir leur réglementation municipale pour encadrer le stationnement et les aménagements écoresponsables sur leur territoire.