La ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, doit visiter le DigiHub de Shawinigan lundi.

Pôles régionaux d'innovation: un baume sur l'annulation du lac-à-l'épaule

SHAWINIGAN — La direction de l’Auberge du lac à l’Eau claire, à Saint-Alexis-des-Monts, a finalement trouvé une façon originale de donner une nouvelle saveur à l’annulation du lac-à-l’épaule du Réseau national des pôles régionaux d’innovation, prévu la semaine dernière. Au cours des prochains jours, une valeur de 3000 $ en nourriture qui était destinée à cette rencontre se retrouvera plutôt chez Moisson Mauricie.

Le lac-à-l’épaule devait réunir une centaine de personnes les 7 et 8 février. Mais lorsque la ministre déléguée au Développement économique régional, Marie-Ève Proulx, a appris qu’un budget de 70 000 $ était réservé à l’organisation de cette activité, principalement pour les repas et l’hébergement, elle a décidé d’entreprendre une révision du réseau. Le lac-à-l’épaule a donc été annulé.

En raison des délais trop serrés, le RNPRI a tout de même dû assumer la facture, qui s’élevait finalement à quelque 31 000 $, plus taxes. Des discussions avec la direction de l’Auberge du lac à l’Eau claire ont toutefois permis une sortie un peu plus élégante.

Julie Colbert, directrice générale de Centraide Mauricie, a appris ce nouveau rebondissement à la fin de la semaine dernière. Le directeur général du RNPRI, Philippe Nadeau, est entré en communication avec elle pour lui soumettre le scénario qui se dessinait.

«Il voulait être dirigé vers un organisme qui pouvait recevoir cette nourriture», explique Mme Colbert. «Je suis entrée en contact avec Moisson Mauricie pour coordonner tout ça.»

Évidemment, cette organisation accueille ce don à bras ouverts, quelques jours après avoir dévoilé que les besoins avaient encore augmenté dans la région en 2018.

«Il reste la logistique de transport à régler», confie Geneviève Marchand, responsable du financement et des communications chez Moisson Mauricie - Centre-du-Québec.

«L’entièreté de ce que nous pouvons distribuer aux organismes membres pour aider les 30 600 personnes qui ont recours à l’aide alimentaire (à chaque mois) provient de dons. Ils sont donc tous très importants. Ça a une grande valeur pour nous.»

De son côté, la direction de l’Auberge du lac à l’Eau claire fait preuve de discrétion depuis le début de la saga du lac-à-l’épaule annulé. Par courriel, la directrice des ventes, Marie-Ève Pronovost, confirme simplement le don d’une valeur de 3000 $ en denrées, à un moment qui reste à déterminer.

Quant à Philippe Nadeau, directeur général du RNPRI, il opte pour la prudence dans le contexte actuel, tout en reconnaissant l’heureuse conclusion.

«Nous irons chercher la nourriture et nous l’apporterons à Moisson Mauricie, qui fera une redistribution selon les besoins des organismes régionaux», se réjouit-il.

Visite de la ministre

Par ailleurs, la ministre Proulx est attendue au DigiHub de Shawinigan le 18 février, en matinée, où elle doit rencontrer M. Nadeau ainsi que le maire, Michel Angers. La députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, participera aussi à cette importante rencontre.

Il s’agira du début d’une grande tournée québécoise sur le Plan d’action gouvernemental en entrepreneuriat 2017-2022, qui se poursuivra jusqu’au printemps. Le Réseau national des pôles régionaux d’innovation se retrouvera assurément au coeur des discussions.

«Elle va venir voir, prendre le pouls, écouter», énumère Mme Tardif. «Le gouvernement est conscient de l’importance des pôles régionaux.»

Sur le fond de l’histoire, la députée avoue s’être sentie «entre l’arbre et l’écorce» depuis le début de cette saga. Le Réseau national des pôles régionaux d’innovation s’est déployé à partir de l’exemple du DigiHub.

«J’ai travaillé pour la région et je vais continuer de le faire», affirme Mme Tardif.

«Je veux que la tête dirigeante de ces pôles demeure à Shawinigan, parce que l’expertise est là. Nous sommes bien positionnés pour être les leaders de la mise sur pied de ces hubs.»

Sans vouloir entrer dans les détails, Mme Tardif sent que quelques ajustements pourraient être annoncés au cours des prochaines semaines, mais elle ne s’attend pas à une mise à mort du réseau.

«Je connais la qualité du travail effectué par l’équipe de M. Nadeau», commente-t-elle.

«On voit le sérieux de leur démarche. Le but du DigiHub est de travailler en partenariat avec le gouvernement. Ils sont ouverts à revoir les façons de faire. L’ouverture est là des deux côtés. La prochaine rencontre ne peut être autrement que positive.»

«Le fondement des pôles régionaux n’est pas en danger», croit Mme Tardif.

«Le besoin est là et ça va dans la direction que le gouvernement a annoncée par rapport à la régionalisation, la création de bons emplois et le développement économique des régions. Je verrais mal que l’entièreté de ce programme soit abolie. Si la ministre va en tournée régionale, c’est pour améliorer le produit, pas pour l’abolir.»