Plusieurs résidents de Masson-Angers ont communiqué avec leur conseiller Marc Carrière.

Poissons morts dans la rivière des Outaouais: les gens veulent des réponses

Le conseiller municipal du district de Masson-Angers, à Gatineau, Marc Carrière, presse les « autorités concernées » à rassurer la population quant à la deuxième vague de poissons morts retrouvés sur les berges de la rivière du Lièvre.

Une centaine de carcasses de poissons ont été retrouvées, vendredi, dans le secteur Masson-Angers, sur le bord de la rivière du Lièvre. Il s’agit d’un deuxième cas similaire à survenir dans le secteur en moins de deux semaines, alors que plusieurs centaines de poissons sans vie et en état de décomposition avaient été découverts, autour du 8 juillet, sur le rivage de la rivière des Outaouais, affluent dans lequel se jette la Lièvre.

Les experts avaient conclu à « un événement subit et circonstanciel » pour expliquer ce mystérieux événement, alléguant que l’hypothèse du déversement était la plus plausible pour expliquer la quantité importante de poissons décédés.

Dans un communiqué de presse publié lundi, M. Carrière souligne être interpellé depuis le week-end par les citoyens de son quartier, mais rappelle que l’affaire n’est pas de juridiction municipale.

« Les gens de mon quartier sont inquiets et me demandent une mise à jour dans ce dossier. Or, ce n’est pas de juridiction municipale. Je viens tout juste de parler à un représentant de Monsieur Stéphane Lauzon, député fédéral d’Argenteuil-La Petite-Nation, et on me dit que Santé Canada et Environnement Canada suivent de près ce dossier et que c’est le ministère québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs qui est responsable de faire les études et qu’ils étaient en attente des résultats. Il est urgent d’en informer la population », affirme l’échevin qui n’a pas souhaité accorder d’entrevue à ce sujet.

Des biologistes et techniciens se sont rendus sur les lieux de la zone concernée, vendredi et samedi, afin de procéder à des prélèvements sur les carcasses retrouvées. Une fois de plus, plusieurs espèces font partie du lot, dont le barbu de rivière, le chevalier blanc, le chevalier rouge, le brochet, l’achigan et la carpe commune, notamment.

Lundi, Caroline Bujold, responsable des communications pour l’Outaouais au sein du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, a mentionné que les résultats d’analyse récoltés durant la fin de semaine pourraient ne pas être connus avant encore quelques jours. « Nous avons fait ce que nous avions à faire au niveau de nous rendre sur place et de prendre des prélèvements. On s’affaire maintenant à les transmettre à un laboratoire pour avoir une expertise plus poussée », a-t-elle précisé.

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UNE SURVERSE D'EAUX USÉES DANS LA RIVIÈRE DU LIÈVRE

Une brève vidéo mise en ligne dimanche midi par un internaute, par le biais de Facebook, et montrant un bouillonnement important dans les eaux de la rivière du Lièvre, à proximité des berges, avait été partagée à plus de 1200 reprises, lundi en fin de journée.

Alors que le mystère plane toujours quant aux deux récentes vagues de poissons retrouvés morts en quantité importante aux abords de l’affluent, dans le secteur Masson-Angers, les internautes n’ont pas tardé à réagir en grand nombre à la vidéo.

Selon une vérification effectuée par Le Droit, les bouillons observés dans l’enregistrement sont le résultat d’une surverse d’eaux usées survenue samedi après-midi au poste de pompage principal de la Ville de Gatineau, à Masson-Angers, à la suite des fortes précipitations.

« Ce type de surverses est commun lors de fortes pluies. Les équipes municipales sont intervenues rapidement samedi après-midi et la situation est revenue à la normale dès dimanche midi. Le ministère du Développement durable, Environnement et Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) a été informé, comme le veut la procédure », a indiqué une porte-parole de la Ville de Gatineau, Catherine Desfossés, lundi, par voie écrite.

La Ville de Gatineau n’a rien à voir avec les mystérieux décès de poissons, a assuré cette dernière.

« Il est à noter qu’il n’y a pas de lien avec la situation des poissons morts dont vous faites référence. Par ailleurs, la Ville n’était pas concernée par cette situation. Il s’agissait d’un secteur de puits privés et les usines municipales puisent bien en amont du secteur touché », a souligné Mme Desfossés.