Le mystère plane toujours sur la cause de la mort de centaines de poissons dans la rivière des Outaouais.

Poisson morts: le ministère de l’Environnement n’a pas de réponse pour l’instant

Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec (MELCC) a fait savoir mardi qu’il poursuivait ses vérifications en lien avec les nombreux poissons échoués sur les berges de la rivière du Lièvre, mais toujours aucune explication n’est mise de l’avant par les autorités.

Dans une réponse écrite acheminée au Droit, la porte-parole du ministère, Sophie Gauthier, a indiqué « qu’à la lumière des vérifications faites jusqu’à présent, le MELCC n’est pas en mesure de conclure à un quelconque évènement pouvant expliquer la mort de ces poissons ».

Comme lors de la première découverte de centaines de carcasses, il y a deux semaines, un inspecteur du MELCC a été dépêché sur place lorsque le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs de l’Ontario a partagé vendredi dernier un nouveau signalement de poissons retrouvés morts par des pêcheurs près de Rockland, sur la rive ontarienne, aux abords de la rivière des Outaouais, a précisé Mme Gauthier.

Les entreprises et industries opérant dans les environs de la rivière du Lièvre, à proximité de l’embouchure de la rivière des Outaouais, font une fois de plus l’objet d’une vérification de la part des autorités.

« Suite à la nouvelle mortalité de poissons observée le 19 juillet, les mêmes entreprises du secteur ont été contactées afin de vérifier si de récents déversements auraient pu survenir. Ces vérifications se poursuivent », a confirmé Mme Gauthier, mardi.

Aucune analyse de l’eau

Bien que des vérifications ont été effectuées, Mme Gauthier a d’autre part mentionné que l’équipe du MELCC dépêchée sur le terrain à la suite des signalements des dernières semaines n’avait procédé à aucun échantillonnage d’eau, dans la zone concernée par les poissons morts.

« Lors des inspections les 9 et 19 juillet, le Ministère n’a pas procédé à l’échantillonnage considérant qu’aucun indice visuel ou olfactif de contamination n’a été observé (ex. coloration de l’eau, odeurs de produits chimiques, acidité de l’eau, pourcentage d’oxygène, etc.). Par ailleurs, comme la rivière du Lièvre possède un fort débit et donc, un important pouvoir de dilution, il est possible que lorsque le Ministère s’est rendu sur les lieux, les 9 et 19 juillet derniers, la source de la contamination n’était plus détectable à ce moment. Malgré que deux évènements soient survenus, il peut s’agir d’évènements ponctuels », a expliqué la porte-parole.

Quant à la surverse d’eaux usées survenue ce week-end à la station de pompage municipale, dans le secteur de Masson-Angers, et dont Le Droit a traité dans ses pages de mardi, elle n’est pas reliée aux poissons morts, a-t-on assuré au ministère. 

Un intervenant d’Urgence-Environnement s’est cependant déplacé sur place afin de récolter des échantillons de l’eau pour en vérifier la qualité, à la suite de cet incident.

Rappelons que le conseiller municipal du district de Masson-Angers, à Gatineau, Marc Carrière, a publiquement empressé, lundi, « les autorités concernées » à rassurer la population quant à la situation.

Au terme des analyses réalisées sur les poissons retrouvés sans vie autour de la date du 8 juillet, des experts avaient conclu à « un évènement subit et circonstanciel », alléguant qu’un déversement était l’hypothèse la plus plausible pour expliquer la quantité importante de poissons décédés.