Le conflit autochtone s’était transporté à Sherbrooke, mardi matin, alors que ce groupe de manifestants masqués avait décidé de bloquer deux voies ferrées à la hauteur de la rue Samuel-Gratham pour exercer un blocus.

Plusieurs manifestants arrêtés à Lennoxville  [VIDÉO]

Une vingtaine de manifestants ont été arrêtés mardi après-midi pour avoir bloqué le transport ferroviaire dans l’arrondissement de Lennoxville.  

Le conflit autochtone s’était transporté à Sherbrooke, mardi matin, alors que ce groupe de manifestants masqués avait décidé de bloquer deux voies ferrées à la hauteur de la rue Samuel-Gratham pour exercer un blocus. En tout, huit convois ont été perturbés.

À LIRE AUSSI: D’autres routes et voies ferrées bloquées

Le CP obtient à son tour une injonction pour lever la barricade à Kahnawake

Ceux-ci disaient tenir cette manifestation en soutien à la cause des chefs traditionnels wet’suwet’en qui s’opposent au passage d’un oléoduc sur leurs terres en Colombie-Britannique.

Des policiers ont été dépêchés sur les lieux et ont tenté d’instaurer un dialogue, explique Martin Carrier, porte-parole du SPS. Un large périmètre de sécurité a été érigé. En fin d’avant-midi, les deux groupes s’observaient.

Le SPS, qui a mobilisé son poste de commandement mobile, se montrait avare de commentaires pour ne pas faire augmenter la tension dans ce dossier hautement politique.

« Les policiers du SPS présents en nombre suffisant ont tenté d’établir un contact avec ces individus afin d’établir leurs demandes, mais sans succès, mentionnait M. Carrier en avant-midi. Un large périmètre de sécurité a été établi. »

« Une structure a été mise en place par la direction du SPS. Une collaboration est active avec les entreprises ferroviaires. Plusieurs aspects sont à considérer dans ce dossier. »

Les manifestants, qui refusaient de parler aux journalistes présents, avaient installé des banderoles et des écriteaux, clamant leur soutien au groupe de chefs traditionnels amérindiens. 

Dans le calme

Ils ne montraient aucun signe d’agressivité. Le tout s’est passé dans le calme. Les manifestants scandaient des slogans contre le projet de pipeline dans l’Ouest canadien. 

« Un dénouement négocié pacifique et rapide est souhaité », ajoute M. Carrier dans une dépêche diffusée sur l’heure du midi.

Vers 14 h 30, les policiers au nombre d’une trentaine ont entouré les occupants. À l’aide d’un porte-voix, les policiers ont indiqué qu’ils allaient être mis en état d’arrestation. Un à un, les manifestants ont été amenés dans un autobus de la Société de transport de Sherbrooke pour identification. Le tout s’est déroulé sans violence.

Deux compagnies ferroviaires, le CP et Central Maine & Quebec Railway, ont déposé deux plaintes de nature criminelle pour méfait contre les manifestants. Ces derniers ont été identifiés et remis en liberté sous certaines conditions, mentionne le SPS. Les dossiers seront remis au DPCP pour analyse. Des accusations pourraient être portées.

La scène se déroulait alors que des supporteurs des manifestants se tenaient près du périmètre de sécurité. L’un d’eux, Quintin Condo, a expliqué que le blocus se voulait pacifique. Le jeune homme habite Sherbrooke depuis 2015, mais il se dit Amérindien ayant grandi en Gaspésie. Il est arrivé trop tard pour faire partie du groupe mardi matin.   

« Nous savons que ça dérange, mais c’est la seule manière de nous faire entendre », déplore-t-il.  

« Les chefs traditionnels demandent que le pipeline de Colombie-Britannique passe ailleurs et que la GRC prenne moins de place. Ça serait vite réglé. » 

Un peu avant, un citoyen venu sur place pour constater ce qui se passait l’avait enguirlandé en prétextant soutenir un groupe qui nuisait à l’économie du pays.

La semaine dernière, un individu a tenté d’installer une bannière en appuis aux revendications des autochtones au centre-ville de Sherbrooke.

La semaine dernière, un individu a tenté d’installer une bannière en appuis aux revendications des autochtones au centre-ville de Sherbrooke.