Il est devenu très difficile de trouver des masques et du gel désinfectant dans les pharmacies.

Plus de masques ni de gel désinfectant dans les pharmacies

TROIS-RIVIÈRES — Pas la peine de vous déplacer à la pharmacie pour acheter du gel désinfectant ou des masques pour éviter de contaminer votre entourage si vous êtes grippé ou enrhumé. Avec la forte demande entraînée par l’épidémie de coronavirus, il y a de fortes chances pour qu’il n’y en ait plus sur les tablettes.

«Les masques et le Purell, on n’a plus rien, indique Kim Robitaille, pharmacienne au Pharmaprix situé sur le boulevard des Forges, à Trois-Rivières. Il y a eu beaucoup plus de demandes qu’à l’habitude, en cette période de l’année et notre fournisseur est en rupture de stock.»

Même chose du côté du Familiprix Vermette et Champagne-Parent situé sur le boulevard du Saint-Maurice. Cette pénurie se retrouve à la grandeur de la province, selon Andrew Yu, pharmacien au Jean Coutu du boulevard des Récollets, qui n’a plus de gel désinfectant ni de masques en stock non plus.

«Je travaille dans beaucoup de pharmacies dans la province et je dirais qu’il y en a peut-être une sur vingt qui en a encore en stock», affirme-t-il.

M. Yu constate par ailleurs que les gens ont peu sollicité leur pharmacien pour avoir des informations sur le coronavirus et le COVID-19, la maladie qu’il peut provoquer.

«Je n’ai pas entendu autant de questions que je le voudrais. Les gens ne sont pas assez informés. Il y a quelques personnes qui posent des questions, mais pas beaucoup. Je crois que les gens commencent tout juste à réaliser l’importance (de cette épidémie)», estime-t-il.

Kim Robitaille indique également s’être fait poser peu de questions sur le coronavirus par les gens venus solliciter son expertise. «Je ne peux pas parler pour mes collègues, mais moi, je n’ai pas eu beaucoup de questions spécifiquement là-dessus. Par contre, j’en ai eu beaucoup sur les symptômes grippaux ou du rhume», note-t-elle.

Le CIUSSS MCQ exerce toujours un contrôle très serré de son stock de masques.

Du côté du réseau de la santé, le CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec maintient une gestion serrée du stock de masques disponibles pour les visiteurs. Ceux réservés au personnel, les N-95, plus efficaces que ceux distribués au public, pourraient par ailleurs ne pas tous être adaptés. C’est du moins ce que craint la présidente du Syndicat des professionnelles en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (SPS-FIQ), Nathalie Perron.

«Il existe des grandeurs et cela doit être la bonne. Certains visages doivent prendre des marques différentes, donc des tests avec des produits dans l’air sont faits pour vérifier l’efficacité du masque. Si ce n’est pas le bon, il faut essayer une autre grandeur ou un autre modèle», précise-t-elle.

Le CIUSSS confirme que ces ‘‘fit tests’’ n’ont pas été réalisés partout dans la région. Ce n’est toutefois pas par souci d’économie, mais bien pour limiter les impacts d’une pénurie, indique Guillaume Cliche, agent d’information au CIUSSS MCQ.

«Des secteurs ont été priorisés, confirme-t-il. S’il y a des endroits où les ‘‘fit tests’’ n’ont pas été faits et qu’on en a besoin, on prendra des masques périmés.»

De son côté, le Syndicat du personnel paratechnique des services auxiliaires et de métier (SPPSAM-CSN) craint les conséquences de la surcharge de travail que vivent ses membres qui font partie des équipes affectées à l’hygiène et à la salubrité. Ces employés s’occupent de nettoyer les planchers et les chambres et répondent aux appels lorsqu’il est nécessaire de désinfecter une chambre ou une zone, afin d’éviter la propagation de virus et de maladies.

Le SPPSAM indique demander depuis 2017 qu’une équipe consacrée à la désinfection au Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (CHAURTR) soit ajoutée, mais le CIUSSS MCQ n’a pas acquiescé à cette demande. Or, si une éclosion de COVID-19 survenait au CHRTR, les équipes actuelles seraient débordées et ne pourraient faire tout leur travail régulier, ce qui aurait des impacts sur la population, selon le président du SPPSAM-CSN, Pascal Bastarache.

«Les personnes vont répondre aux appels, mais ça enlève du temps sur leur route de travail. Laver les chambres et les planchers, ce sont des choses dont les effets ne se voient pas à l’oeil, mais ça a des impacts sur la santé de la population. Alors c’est mathématique: si on prévoit deux désinfections par jour et qu’il y a un bond à 12 ou 15, il va y avoir un manque quelque part», soutient-il.

M. Cliche indique pour sa part que si une éclosion de coronavirus survient dans la région, le personnel requis sera réaffecté selon les besoins. Il affirme par ailleurs que la pénurie de main-d’œuvre à laquelle fait face le réseau de la santé ne limite pas cette flexibilité.