En septembre dernier, Clara et son père, le réalisateur Philippe Belley, se sont lancés dans le projet un peu fou de réaliser à la nage les 32 km qui séparent Péribonka de Roberval. Une traversée du lac Saint-Jean qu’ils projettent réussir en 2021 et qui fera l’objet d’un documentaire d’une heure qui sera présenté à Radio-Canada.
En septembre dernier, Clara et son père, le réalisateur Philippe Belley, se sont lancés dans le projet un peu fou de réaliser à la nage les 32 km qui séparent Péribonka de Roberval. Une traversée du lac Saint-Jean qu’ils projettent réussir en 2021 et qui fera l’objet d’un documentaire d’une heure qui sera présenté à Radio-Canada.

Philippe Belley et sa fille se donnent le défi de traverser le lac Saint-Jean en 2021

Le réalisateur saguenéen Philippe Belley et sa fille Clara ne peuvent plus reculer. Mardi, ils ont rendu public leur objectif de traverser à la nage le majestueux lac Saint-Jean en 2021. Ce projet fera d’ailleurs l’objet d’un documentaire d’une heure produit par Piékouagami Films, lequel sera ensuite diffusé à Radio-Canada.

Depuis septembre dernier, le tandem s’est lancé dans l’aventure en vue de nager les 32 kilomètres du Piékouagami qui séparent Péribonka et Roberval. Pour Clara, qui s’entraîne déjà dans des clubs de natation du Saguenay depuis quatre ans, le défi semble moins effrayant que pour son paternel, plutôt sédentaire, «qui n’était pas nageur ni plus sportif qu’il faut, avec du poids à perdre.»

Quand le gardien de but dans une ligue de garage a lancé ce défi un peu fou à sa fille, elle a accepté d’emblée... même si elle avoue en entrevue téléphonique qu’il y a eu des moments qui l’on fait douter un peu de sa décision.

«J’ai eu des craintes après, confie-t-elle. Je pensais à ça pendant la nuit et j’avais de la misère à m’endormir parce que ça me stressait. Mais depuis que j’ai fait mon 10 km, j’ai un peu moins peur, parce que je sais ce que c’est nager longtemps. Quand j’ai recommencé à nager et que j’ai fait un 4 km, j’ai aussi eu un petit regret. Mais maintenant, j’ai moins peur», assure celle qui aura 15 ans en septembre.

«On s’impose un projet tellement grand qu’il faut qu’on le fasse», estime le paternel. Est-ce que ça ajoute de la pression? «On va faire ce qu’on est capables. Si on ne traverse pas l’autre bord, je ne pense pas que le documentaire sera mauvais. Mais en même temps, on est un peu entêtés et on a le goût de se rendre (à Roberval)», avoue le réalisateur.

«On a de l’orgueil», lance Clara.

Ambitions
Le duo a eu droit à des réactions différentes quand il a fait part de son idée à son entourage. Clara a reçu des encouragements. «Personne ne m’a dit que ce n’était pas faisable.» Par contre, Philippe a eu droit aux encouragements, mais aussi aux sceptiques qui lui ont dit que ça n’avait pas d’allure.

Depuis septembre dernier, le duo père-fille de Philippe Belley et Clara s’entraîne en vue de réussir la traversée du lac Saint-Jean en 2021. Pour y parvenir, ils peuvent compter sur les judicieux conseils de la Sirène du Québec Heidi Levasseur, mais aussi sur la générosité d’un groupe de nageurs aguerris en eau libre qui tentera le même défi le 22 août prochain. Mardi midi, le groupe a nagé environ quatre kilomètres dans les eaux de la baie des Ha!Ha!, à La Baie.

«J’ai des amis qui me connaissent bien et qui m’ont dit: ‘’c’est le genre de plan pas de bon sens que tu nous amènes des fois et qu’on se dit que tu ne réussiras jamais, mais que tu as tous réussis jusqu’à maintenant.’’ Je pense que c’est une marque de commerce», relate-t-il en rigolant.

Au-delà du défi sportif, ce sont les notions de dépassement de soi et de la relation père-fille qui stimulent le réalisateur à entreprendre ce projet et à effectuer les changements radicaux dans son mode de vie sédentaire. «Traverser le lac Saint-Jean avec sa fille, c’est encore plus grand que les 32 km qui séparent Péribonka de Roberval, fait-il valoir. C’est l’occasion rêvée de montrer la grandeur de la Traversée du lac Saint-Jean. Puisque la mémoire est une faculté qui oublie, je crois qu’avec ce documentaire, on va pouvoir faire comprendre l’immensité de cette épreuve sportive!

«Il n’y a rien d’impossible. Il faut juste avoir la volonté de le faire», ajoute-t-il.

Ce projet est aussi l’occasion de resserrer les liens avec sa fille. «Les ados, c’est un âge où on les perd un peu de vue comme parents. Là on se fait un projet où on n’a pas le choix de rester très très proche et je trouve ça le fun. Ça change quand même notre relation», constate-t-il. «On se comprend dans le sport. On a déjà une belle complicité, mais elle l’est encore plus», renchérit Clara.

Rencontre inspirante
Depuis septembre dernier, le tandem constate déjà des progrès. La pandémie et le confinement n’ont pas ralenti Clara qui a continué de s’entraîner et de courir, mais papa Philippe s’entraînait moins. Reprendre l’entraînement a été plus dur.

Le défi leur semble-t-il plus accessible maintenant? «Ça dépend, nuance Philippe. Il y a des moments où je vais être plus effronté et je vais dire que je suis capable et d’autres comme celui où je suis allé nager dans le lac et qu’il y avait plein de vague. Après 10 minutes, je me suis dit : ‘’mais dans quelle affaire je me suis lancé? Ça n’a aucun bon sens!’’ Si ça vire comme ça, ça va être la guerre! »

Heureusement la progression est réelle. Le 20 juin, Philippe et sa fille ont nagé un premier 10 km au Clairval de Laterrière, puis Philippe en a nagé un autre samedi dernier et il a abaissé son temps de 17 minutes! Il constate aussi que tout s’apprend, comme nager dans les vagues entre autres.

Sa rencontre, d’abord téléphonique, avec Heidi Levasseur, la Sirène du Québec, a ravivé la flamme du projet un peu fou qu’il mijotait. «Je lui ai parlé de mon idée qui dormait pour voir si ç’a avait du sens. Elle m’a dit que sur un horizon de deux ans, c’est réaliste: ‘’Tu vas t’entraîner. Si tu es sérieux, c’est possible’’», lui a lancé celle qui a d’ailleurs accepté de les guider dans cette aventure.

Le tandem peut aussi compter sur la générosité de Michel Dufour et son groupe de nageurs aguerris en eau libre qui partagent leur expérience et leur refilent des trucs et conseils. Le groupe s’entraîne pour effectuer la traversée du lac Saint-Jean le 22 août et le père et la fille s’entraînent avec eux. Le duo constate que même si la natation est un sport individuel, il se tisse des liens entre les nageurs qui forment une petite famille tissée serrée.