La présidente de l'IPFPC, Debi Daviau

Phénix: menace d’un «bombardement» de griefs

Pendant que le gouvernement confirmait que le nombre de transactions en attente dans Phénix avait atteint le cap des 520 000, les membres de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada ont été invités vendredi matin à « bombarder » dès lundi matin les ministères et organismes fédéraux avec des griefs touchant leurs problèmes de paye.

Après avoir demandé plutôt cette semaine au gouvernement de laisser tomber Phénix dans le but de développer un autre système en parallèle, la présidente de l’Institut professionnel, Debi Daviau, est revenue à la charge lors de la 98e Assemblée générale du syndicat qui se poursuit jusqu’à samedi sous le thème « La fonction publique du Canada, la meilleure du monde », pour exiger que le gouvernement embauche plus d’employés pour résoudre la crise actuelle. Elle a en même temps brandi la menace de « bombarder » le gouvernement avec de nouveaux griefs qui viendront s’ajouter aux milliers déjà déposés en raison de Phénix.

« Au début de la semaine, j’ai demandé au gouvernement de laisser tomber Phénix, d’arrêter l’hémorragie financière et d’investir dans un nouveau système. Un système qui marche. Un système qui a été mis à l’essai. Un système créé par et pour les fonctionnaires », a déclaré la présidente Daviau.

« D’ici à ce que nos membres développent un nouveau système fonctionnel, notre seul espoir de régler ces problèmes constants, c’est l’embauche de plus de personnel ou la menace de plus de griefs, a indiqué la présidente Daviau. C’est pourquoi nous demandons aux membres de nos équipes de consultation de rencontrer leur direction et d’exiger d’embaucher plus de personnel pour aider les membres ou nous vous bombarderons de griefs. »

À compter de lundi matin, les délégués syndicaux disposeront d’une trousse spéciale pour la préparation de griefs liés à Phénix qu’ils pourront télécharger et qui leur montreront étape par étape comment aider les membres à déposer plus de griefs au besoin, a expliqué la présidente de l’Institut professionnel.

520 000 mouvements de paye en attente

Jeudi, la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement Carla Qualtrough avait expédié un message à tous les employés fédéraux pour faire le point sur Phénix. Dans sa missive, elle les avertit que les transactions en attente allaient augmenter encore, confirmant pour la première fois qu’il y a maintenant le nombre de transactions en attente dépasse le demi-million.

« Au total, si l’on tient compte des demandes qui ont des répercussions financières, de celles qui n’en ont pas et des mouvements découlant des conventions collectives, il y a environ 520 000 mouvements en attente de traitement au Centre des services de paye. C’est inacceptable. Nous avons manifestement du pain sur la planche », écrit la ministre Qualtrough, responsable du dossier Phénix, qui s’est excusée de la situation difficile créée pour les employés et leur famille.

Phénix sur toutes les lèvres

Sur le plancher de l’AGA de l’Institut, la plupart des membres ont souligné l’importance de cette bataille menée par leurs dirigeants dans le dossier Phénix, et ont déploré le fait que le lien de confiance avec l’employeur était brisé.

« Je travaille depuis 15 ans au gouvernement fédéral, et je n’avais jamais regardé ma paye avant. Maintenant, je n’ai plus confiance, je regarde attentivement chacune de mes payes pour vérifier s’il y a des erreurs. Tout le monde que je connais fait la même chose. Il sera difficile de rétablir le climat de confiance qui existait avant », a expliqué un délégué présent à l’Assemblée générale.

« Moi, je ne connais personne qui aime Phénix, mais vraiment personne (...) Et je suis sûre que le groupe de travail ministériel mis sur pied pour l’arranger ne l’aime pas non plus », a ajouté la présidente Daviau.