Les changements à la réglementation pour permettre le jeu libre dans les rues de Gatineau sont reportés de plusieurs mois.

Pas de hockey dans la rue cet hiver à Gatineau

Ce n’est pas cet hiver que les enfants pourront jouer au hockey dans la rue en toute légalité à Gatineau. Les changements à la réglementation prévus cet automne pour permettre le jeu libre dans certaines rues de Gatineau sont repoussés de plusieurs mois et pourraient même ne jamais voir le jour si le conseil municipal refuse d’aller dans cette voie en raison de l’étonnante complexité du projet.

La commission Gatineau ville en santé a assisté, à huis clos, le 20 septembre dernier, à la présentation de trois scénarios visant à permettre le jeu libre dans la rue. Une recommandation au conseil municipal plus tard cet automne devait faire suite à cette rencontre, mais les membres de la commission présidée par la conseillère Renée Amyot se sont ravisés. Ils ont plutôt demandé aux fonctionnaires de leur pondre un quatrième scénario qui permettrait d’amalgamer des éléments pertinents provenant des trois autres propositions. L’exercice retardera la prise de position finale de la commission.

Mme Amyot avait déjà souligné, plus tôt cette année, que permettre le jeu libre dans la rue est plus compliqué qu’il n’y paraît, notamment en raison de la rigidité du Code de la sécurité routière qui lui l’interdit. Les aménagements réglementaires pour y arriver sont nombreux et doivent respecter le cadre législatif imposé par Québec. L’instauration d’un nouveau règlement impose nécessairement la définition de sanction pour punir les comportements proscrits. Québec impose aussi de nombreuses mesures pour protéger les enfants et alerter les automobilistes.

Autoriser le jeu dans la rue implique donc un important travail réglementaire et la mise en place d’un montage financier pour la mise en place d’une signalisation précise, ainsi que l’organisation d’une campagne de sensibilisation.

Questionnée à savoir si le projet ne pourrait pas être simplement abandonné en raison de sa complexité et de l’absence de problème réel sur le terrain lié à la pratique du jeu libre dans la rue, Mme Amyot a précisé qu’une telle option ne faisait pas partie du mandat de sa commission. « Le mandat de Gatineau ville en santé et de proposer un projet au conseil municipal, rappelle-t-elle. Le conseil pourrait toutefois décider de ne pas aller de l’avant avec ça parce qu’il n’y a pas vraiment de problème, mais à mon avis ça demeure un beau projet, même s’il est plus complexe qu’on pensait au départ. Ça permettrait à la Ville de Gatineau d’envoyer un message positif en le permettant, et je vois mal comment on pourrait envoyer ce message si jouer dans la rue demeure illégal en regard de la Loi. »