Ottawa tenait à bonifier les programmes destinés aux entreprises les plus durement touchées par la deuxième vague de COVID-19, précise la ministre Mélanie Joly.
Ottawa tenait à bonifier les programmes destinés aux entreprises les plus durement touchées par la deuxième vague de COVID-19, précise la ministre Mélanie Joly.

Ottawa bonifie l’aide aux entreprises les plus touchées

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Alors que la deuxième vague frappe tout le pays et particulièrement le Québec, Ottawa monte d’un cran l’aide aux entreprises les plus touchées. Avec, au premier plan, la subvention d’urgence au loyer qui permet aux entrepreneurs qui ont perdu 75% de leur chiffre d’affaires de couvrir jusqu’à 90% de leur loyer et autres dépenses admissibles. L’aide peut aller jusqu’à 75 000 $ par mois. Du jamais-vu, insiste la ministre Mélanie Joly, tenant à promouvoir davantage ce programme lancé il y a 10 jours.

« C’est un nouveau programme qui doit être plus connu. Pour les régions en confinement, ce qui représente plus de la moitié au Québec, l’aide va jusqu’à 90% des frais de logement, d’hypothèque, assurances et autres, et ce, jusqu’à concurrence de 75 000 $ par mois », détaille Mme Joly. Pour les entrepreneurs en zone jaune ou orange, la subvention couvre jusqu’à 65% des frais de logement ou hypothèque.

Ce programme remplace celui qui était anciennement géré par la SCHL et qui n’avait pas eu l’effet escompté, explique cette dernière. 

« Il y avait un programme semblable, mais c’était plus compliqué pour les entreprises. La demande devait être faite par le locateur et il devait absorber 25% du loyer pour recevoir l’aide. Maintenant, tout passe par l’Agence du revenu du Canada, au même titre que la subvention salariale, et l’argent va à l’entreprise touchée », ajoute Mélanie Joly. 

Subvention salariale

En matière de subvention salariale, Ottawa bonifie aussi son aide. Le programme passera de 65% à 75% dès la fin décembre, et ce, jusqu’au 13 mars.

« L’aide sera la bienvenue pour l’hiver et pour la deuxième vague présente au Québec et ailleurs au pays. Elle fera une bonne différence pour les entreprises durement touchées, dont les restaurateurs », estime la ministre libérale. 


« On veut aider les entreprises à traverser la crise. Le programme vient en aide aux entreprises les plus touchées, dont celles du secteur touristique et du divertissement. On veut qu’elles tiennent bon, parce qu’après la pandémie, on s’attend à avoir une explosion du milieu touristique. »
Mélanie Joly

Prêts garantis par Ottawa

Un nouveau prêt destiné aux secteurs les plus touchés sera aussi lancé sous peu. Annoncé lors de l’énoncé économique, lundi, le programme permettra d’obtenir un prêt de 1 million $ à faible taux d’intérêt, 100% garanti par le gouvernement fédéral.  

« On veut aider les entreprises à traverser la crise. Le programme vient en aide aux entreprises les plus touchées, dont celles du secteur touristique et du divertissement. On veut qu’elles tiennent bon, parce qu’après la pandémie, on s’attend à avoir une explosion du milieu touristique », mentionne la ministre, ajoutant que les programmes fédéraux peuvent être jumelés à ceux du Québec. Ottawa a aussi annoncé l’ajout de 500 millions $ supplémentaires pour les agences de développement économique, dont DEC Canada. 

Provinces peu reconnaissantes ?

Même si Ottawa a payé près de 80% de toutes les aides distribuées et injecté récemment des milliards pour la santé et l’éducation, deux compétences provinciales, Québec et d’autres provinces exigent davantage, dont une augmentation des transferts en santé. Une négociation avec les premiers ministres se tiendra d’ailleurs sous peu à ce sujet. S’agit-il d’un manque de reconnaissance ? Ne voulant pas envenimer les relations avec les premiers ministres, Mélanie Joly préfère parler « d’une bonne collaboration » avec les provinces et du devoir d’un gouvernement fédéral.

« On a été au-delà de nos responsabilités, en effet. On a aussi envoyé la Croix-Rouge, l’armée. On a payé les vaccins, les tests rapides. Mais on est dans une dynamique de guerre. Le fédéral se trouve à gérer la pandémie et la crise économique. Nous sommes une grande économie du G7, on a la taille nécessaire pour le faire. On fait notre part et on va continuer », répond la ministre.