Orléans Express: le chauffeur lui refuse l'accès

TROIS-RIVIÈRES — Denis Grenier a vécu une très mauvaise expérience avec Orléans Express, la semaine dernière. Non seulement le Trifluvien aurait été invectivé par le chauffeur qui lui aurait aussi écrasé son cellulaire dans le visage, mais il lui a aussi interdit d’embarquer dans l’autobus. Tout ça, selon M. Grenier, parce que le conducteur ne voulait pas qu’il rentre avec deux bagages dans l’autobus, alors que l’un d’eux contenait ses médicaments, qui sont vitaux pour lui depuis qu’il a subi une transplantation cardiaque.

«Ça n’a aucun sens. Ç’a été vraiment une expérience absolument hallucinante», déplore l’homme d’affaires.

La réglementation d’Orléans Express autorise un seul bagage à main à l’intérieur de l’autobus. Mais M. Grenier a souvent été client de la compagnie de transport et il n’a jamais eu de problème à ce sujet.

Il raconte que déjà dans la file d’attente pour embarquer dans l’autobus, il a remarqué que le chauffeur semblait de mauvais poil et qu’il était brusque avec la clientèle. M. Grenier lui a mentionné qu’il avait une mallette contenant de l’équipement informatique et une autre renfermant quelque 2000 pilules, parce qu’il était au début d’un voyage d’affaires de six semaines. «Je lui a ai expliqué que la valise supplémentaire contenait mon équipement informatique: un ordinateur, une imprimante miniature, un projecteur miniature. Ça vaut une fortune et c’est très fragile. Tu ne peux pas laisser de l’équipement informatique dans la soute d’un autobus. Je travaille avec ça. Je suis toujours à l’extérieur alors pour moi c’est mon bureau. Et puis, j’avais un petit sac à dos de la grosseur d’un sac à main dans lequel se trouvaient mes médicaments. Évidemment, je ne mets pas ça dans une soute à bagages. Je les garde toujours avec moi quand je prends l’avion.»

Denis Grenier

Malgré ses explications, le chauffeur tenait à suivre le règlement à la lettre. «Il m’a dit qu’il n’en était pas question, et en même temps, il a pris ma valise d’équipements informatiques, et il l’a lancée dans le fond de la soute à bagages. M. Grenier, qui était accompagné de sa femme, a continué à argumenter, mais il n’y avait rien à faire. Il a voulu reprendre sa valise, mais le chauffeur se trouvait devant. Le Trifluvien a poussé son bras pour la récupérer, à la suite de quoi, la situation s’est envenimée. «Il a commencé à m’injurier. Je lui ai dit: ‘‘Écoutez mon cher monsieur, ça n’a pas d’allure votre affaire. Il m’a répondu: ‘‘Tabarnak, ce n’est pas moi qui fais les règlements. Tu vas les suivre sinon tu n’embarques pas dans mon autobus’’.»

Denis Grenier s’est vu interdire l’accès à un autobus d’Orléans Express parce qu’il voulait entrer avec deux bagages dont l’un contenait les médicaments qu’il doit prendre depuis qu’il a subi une transplantation cardiaque.

M. Grenier a mentionné qu’il allait porter plainte et il a voulu photographier le chauffeur avec son cellulaire. Mais l’employé d’Orléans Express n’était vraisemblablement pas disposé à ce que son portrait soit immortalisé. «J’ai sorti mon cellulaire pour prendre une photo et il me l’a écrasé dans le visage», affirme M. Grenier.

Résultat de toute cette histoire: le chauffeur lui a interdit l’accès à l’autobus alors qu’il avait un avion à prendre à Montréal pour un voyage d’affaires à Vancouver. Le prochain autobus arrivait trop tard pour qu’il soit à l’aéroport à temps. M. Grenier a immédiatement contacté Orléans Express pour savoir si on lui offrait une solution pour se rendre à Montréal et pour demander un remboursement. On lui a indiqué qu’il y aurait enquête, mais que son billet ne serait pas remboursé.

Heureusement, il a appelé un ami qui a accepté de le conduire.

Maintenant à la tête de son entreprise DG Alimentations, M. Grenier a aussi oeuvré dans le domaine du marketing pour de grandes compagnies pendant de nombreuses années. «Je n’ai jamais été mis au courant qu’un de nos clients aient été traités comme ça. C’est impossible. On n’aurait jamais toléré ça. Ce n’est pas juste de se faire invectiver, c’est aussi se faire écraser un cellulaire dans le visage.»

M. Grenier a parlé de cette mauvaise expérience sur Facebook bien que ce ne soit pas dans ses habitudes de dénoncer quoi que ce soit sur les réseaux sociaux. «J’ai cru que c’était important qu’une personne comme celle-là soit dénoncée. Ça n’a pas d’allure. Ç’a vraiment été déplaisant. Ce qui est d’autant plus déplaisant, c’est que cette compagnie a un monopole au Québec. (...) En écrivant sur Facebook, je voulais simplement dénoncer le fait qu’une compagnie responsable ne devrait pas permettre ce genre de situation-là, elle ne devrait pas permettre à ce genre de personne d’interagir avec les consommateurs de cette façon.»

Invitée lundi à réagir, Keolis Canada, qui est propriétaire d’Orléans Express, a assuré avoir l’intention de déterminer ce qui s’est passé. «Nous tentons actuellement de faire la lumière sur les événements relatés. Soyez assuré que le suivi nécessaire sera fait. La satisfaction de nos passagers est au coeur de nos préoccupations», a affirmé Maurice Vaillancourt, directeur marketing, intelligence d’affaires et relations clients chez Keolis Canada.