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Objectif vaccination en septembre: la moitié des Canadiens ne croient pas Trudeau

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
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OTTAWA - Le premier ministre Justin Trudeau a beau répéter que tous les Canadiens qui le souhaitent pourront se faire vacciner avant la fin septembre, la moitié d'entre eux ne le croient pas sur parole.

Selon un nouveau sondage Léger mené pour le compte de La Presse Canadienne, pas moins de 51 % des répondants ne se disent pas confiants que le gouvernement fédéral atteindra cet objectif. En comparaison, 10 % d'entre eux se disent très confiants et 34 % sont plutôt confiants que ce sera le cas.

Les Québécois sont légèrement plus pessimistes. Ce sont 56 % des répondants qui disent douter que l'objectif fédéral sera atteint, alors que 6 % sont très confiants et 33 % sont plutôt confiants.

Christian Bourque, vice-président exécutif et associé chez Léger, est d'avis que ces résultats ne sont pas si étonnants, étant donné la couverture médiatique des dernières semaines qui a fait état des difficultés d'approvisionnement en vaccins du Canada.

«Ce n'est pas un bon score, mais ce n'est pas si mal. (...) Quand même, 39 % (des répondants québécois) pensent qu'on va y arriver. C'est un peu comme si on n'avait pas abandonné encore, ou on aimerait y croire, en fait», souligne-t-il en entrevue avec La Presse Canadienne.

Qui blâmer?

Qui blâmer pour ces retards? La majorité des répondants (69 %) pointe du doigt l'incapacité du gouvernement fédéral à obtenir des doses de vaccins sur le marché mondial. Une minorité (14 %) blâme la capacité des provinces à vacciner et 17 % des répondants ne savent pas à qui la faute.

Ces chiffres ont certainement de quoi refroidir les ardeurs de certains stratèges qui voudraient une élection plus tôt que tard.

«Avec ces chiffres-là sur la confiance des Canadiens à l'égard de la campagne de vaccination, (je ne suis) pas sûr que je déclencherais une élection tout de suite. Je pense qu'ils vont vouloir se garder une petite gêne», fait valoir M. Bourque.

Les répondants ont également été questionnés sur la marche à suivre pour atteindre l'objectif de vacciner tous les Canadiens qui le désirent d'ici la fin septembre.

La moitié d'entre eux (50 %) croit que le Canada devrait se dépêcher à approuver des candidats-vaccins qui sont déjà distribués dans d'autres pays, mais pas n'importe lesquels.


« Avec ces chiffres-là sur la confiance des Canadiens à l'égard de la campagne de vaccination, (je ne suis) pas sûr que je déclencherais une élection tout de suite. Je pense qu'ils vont vouloir se garder une petite gêne »
Christian Bourque, vice-président exécutif et associé chez Léger

Ils sont peu nombreux à vouloir inoculer les vaccins russes et chinois dans les bras des Canadiens. Seuls 20 % des répondants seraient prêts à aller de l'avant avec le vaccin russe Sputnik et 22 % avec un des vaccins développés par les pharmaceutiques chinoises.

Jusqu'à maintenant, Santé Canada a approuvé les vaccins de Pfizer et Moderna, et étudie toujours les candidats-vaccins d'AstraZeneca, de Johnson & Johnson et de Novavax de façon indépendante.

Une fois qu'ils auront reçu leurs deux doses, les Canadiens sont prêts à reprendre des activités pré-covidiennes avec modération.

La majorité des répondants (59 %) serait prête à aller manger au restaurant, mais moins du quart (23 %) irait dans un bar. Ce sont 38 % des répondants qui assisteraient à un mariage ou des funérailles en personne, 34 % qui iraient au cinéma et 28 % qui assisteraient à un concert ou une pièce de théâtre.

«Si, demain, par miracle, on avait beaucoup de doses à distribuer au Québec, ce ne serait pas un "stampede" dans les rues à se “garrocher” aux spectacles, aux restaurants ou ailleurs. (...) Les gens demeurent prudents», analyse M. Bourque.

Le sondage a été fait auprès de 1535 Canadiens, dont 410 Québécois, du 12 au 14 février. Ce sondage, comme ceux qui l'ont précédé, a été effectué en ligne et, sans un échantillon probabiliste, il est impossible de lui calculer une marge d'erreur.