Le garçon de 12 ans qui a filmé son camarade de classe nu dans sa salle de bain avant de partager la vidéo sur Internet regrette amèrement son geste, affirme son père.

Nudité sur internet: des regrets pour le garçon qui a filmé

TROIS-RIVIÈRES — Le garçon de 12 ans qui a filmé son camarade de classe nu dans sa salle de bain avant de partager la vidéo sur Internet regrette amèrement son geste, affirme son père.

«Il le regrette. Il a bien vu la gravité de ce qu’il a fait. Pour lui, ce qui n’était qu’une niaiserie s’est transformée en cauchemar», raconte le résident de Bécancour.

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Rappelons que le jeune pourrait faire face à la justice. D’ailleurs, le dossier a été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) mardi. C’est lui qui décidera si une accusation de diffusion non consensuelle d’images intimes sera portée ou non.

Selon le père, la vidéo a été partagée sur Snapchat dans un groupe privé réunissant les élèves de la classe de 6e année et non pas sur un compte public. Il soutient que son fils n’a pas voulu faire un geste d’intimidation en publiant cette vidéo. Pour lui, ce n’était qu’une blague, soutient-il. «Mon fils et l’autre petit garçon, ce sont des chums avec une belle complicité. Les deux se faisaient des coups et les deux se relançaient. L’autre a fait quelque chose et mon fils a répliqué avec une grosse connerie, une grosse bêtise. Mon fils a un TDAH. Souvent, il fait des affaires impulsivement. Il n’a pas pensé plus loin que le bout de son nez. Premièrement, il ne connaît pas les lois. Il s’est dit: ‘‘Ça va être drôle’’, et clac il l’a mise [sur Internet]. Il n’a pas mis ça en se disant qu’il allait produire de la pornographie juvénile.»

Il compatit avec la famille de l’autre garçon. «Je comprends. Moi aussi, j’aurais capoté de voir mon gars tout nu sur une vidéo. Mais par exemple, j’aurais rencontré les parents.»

Dès le départ, il a demandé à rencontrer la mère du garçon filmé, affirme-t-il. «La première fois que je suis allé voir la direction de l’école, j’ai demandé que la mère m’appelle ou qu’on ait une rencontre avec les deux petits. J’étais prêt à ce que mon gars se fasse remettre à sa place. Lui aussi aurait fait face à la musique. La mère n’a jamais donné de nouvelles. Quand j’ai rencontré l’école, jeudi, ils m’ont parlé de faire une rencontre entre les deux petits gars et la mère a refusé. On essaie de montrer à nos enfants à gérer les conflits, à se parler, à se rencontrer et à faire autre chose que des mauvais coups. Et entre adultes, on n’est même pas capables de gérer ça et de se parler», déplore-t-il.

Quand toute cette affaire a été mise au jour, il a dû se rendre à l’école où son fils l’attendait dans le bureau de la direction. «J’ai rencontré la direction de l’école et la psychoéducatrice. C’est sûr que mon garçon n’en menait pas large quand je suis entré dans le bureau. Il était blanc comme un drap.»

Son père lui a confisqué sa manette PlayStation et son téléphone. Il a aussi eu de bonnes discussions avec lui. «Je ne peux rien faire d’autre. Je ne peux pas le battre non plus», lance-t-il. Il va y avoir un suivi de la psychoéducatrice et une intervenante d’un organisme référé par la Sûreté du Québec va également discuter avec le garçon de divers sujets comme l’intimidation.

Par ailleurs, il s’oppose à ce que son fils change d’école. «C’est clair que mon gars ne change pas d’école. Il a un TDAH. Si je le change d’école, ça va le chambarder. Il a de la misère avec le changement. Moi, l’école m’a dit qu’elle n’était pas rendue là. Elle est plus à trouver des solutions, à rencontrer les parents et à régler ça.»

Il affirme que son garçon a eu sa leçon. «J’ai fait le tour de la question avec mon fils et il ne recommencera pas.» «Mon fils, c’est difficile de le faire parler. Je l’ai vu qu’il n’allait pas bien dans les premiers jours. Moi aussi, je m’inquiète pour mon fils.»

La mère du garçon filmé soutient que l’école ne l’a jamais avisée que le père du jeune en cause souhaitait la rencontrer. «L’école ne nous a jamais fait le message», affirme-t-elle.

Elle n’est pas contre de rencontrer les parents de l’autre enfant. «Je ne ferme pas la porte à les rencontrer, mais tout ce que je demande c’est qu’ils ne soient pas ensemble dans la même classe pour les huit prochains mois. Je suis convaincue que si ces parents se mettaient à notre place, ils le comprendraient.»