L'ex entraîneur-chef des Sénateurs d'Ottawa, Paul MacLean
L'ex entraîneur-chef des Sénateurs d'Ottawa, Paul MacLean

Nouvelle-Écosse: MacLean connaissait les parents d'une victime de la tuerie

Sylvain St-Laurent
Sylvain St-Laurent
Le Droit
Paul MacLean est originaire d’Antigonish, en Nouvelle-Écosse. La constable Heidi Stevenson, qui a perdu la vie en début de semaine dans la pire tuerie de l’histoire du Canada, provenait d’Antigonish également.

L’ancien entraîneur-chef des Sénateurs d’Ottawa ne connaissait pas, personnellement, la courageuse policière. «Mais je connais ses parents. Ils ont longtemps vécu sur le même chemin que mes parents. Je connais très bien sa mère, surtout.»

La petite ville universitaire, située dans l’est de la province, compte environ 4500 habitants.

Dans un milieu aussi petit, même les gens qui ne se connaissent pas se connaissent un peu.

«Je peux te dire que Heidi jouissait d’une très bonne réputation, dans notre coin. Quand elle a complété sa formation universitaire, on savait qu’elle voulait se diriger dans les forces de l’ordre. Tout le monde s’attendait à ce qu’elle connaisse une très belle carrière. Et c’est exactement ce qu’elle a fait», a commenté MacLean lorsque nous l’avons contacté, jeudi matin.

Le tireur fou de la Nouvelle-Écosse a fait 22 victimes sur 16 différentes scènes de crime avant d'être abattu.

Selon les plus récents bilans, le tireur fou de la Nouvelle-Écosse a fait 22 victimes sur 16 différentes scènes de crime avant d'être abattu.

Le bilan aurait pu être plus lourd, encore, si la constable Stevenson n’était pas intervenue pour le déposséder de son véhicule.

Comme la plupart des gens de sa communauté, MacLean a du mal à comprendre que cette sordide histoire a pu se passer aussi près de chez lui.

«En Nouvelle-Écosse, un policier qui s’engage auprès de la Gendarmerie royale du Canada ne peut pas s’attendre à vivre de pareilles situations. Ici, dans une carrière policière, il faut être prêt à intervenir auprès de quelques chauffards aux facultés affaiblies par l’alcool. Il faut porter secours aux victimes d’accidents de la route. Il faut prêter main forte aux pompiers quand il y a des incendies.»

«Tout le monde, ici, est sous le choc. C’est une situation très étrange. C’est encore plus triste qu’étrange.»


« Tout le monde s’attendait à ce qu’elle [Heidi] connaisse une très belle carrière. Et c’est exactement ce qu’elle a fait. »
Paul MacLean

La tristesse est encore plus forte, selon MacLean, au sein d’une petite communauté tissée serrée qui ne peut pas vivre son deuil ensemble.

«C’est comme tout le reste. Tout ce qui se fait, en ce moment, est virtuel. On ne peut pas se rassembler pour célébrer des funérailles. On ne peut même pas se rendre à l’hôpital pour soutenir nos proches. Pour organiser une célébration de sa vie, il faudra attendre le moment où on pourra recommencer à sortir. Je sens que les gens sont frustrés, présentement. Ils aimeraient vivre cet important deuil ensemble.» 

Les Blue Jackets

Paul MacLean vient à peine de rentrer chez lui. Il a quitté Columbus dans la deuxième semaine du mois d’avril et vient tout juste de sortir de la période de quarantaine de 14 jours qu’on impose aux résidants canadiens qui ont séjourné à l’étranger.

Il a passé l’hiver en Ohio, dans un rôle très niché. On lui a confié le mandat d’améliorer le jeu de puissance des Blue Jackets.

Il se croise les doigts et rêve d’y retourner le plus rapidement possible.

Même si la moitié de leurs joueurs ont séjourné sur la liste des blessés, les Jackets ont réussi - par miracle - à se maintenir dans la course aux séries éliminatoires.

«C’était une vraie, belle expérience, commente-t-il. On aurait dit qu’un nouveau joueur se blessait chaque soir. Je n’ai jamais rien vécu de tel dans ma carrière de joueur ou dans ma carrière d’entraîneur. Nous avons découvert, au cours de l’hiver, que les dépisteurs de Jarmo Kekäläinen font du très bon travail. Nous avons aussi pu compter sur le leadership exceptionnel. Je pense à Nick Foligno et à Boone Jenner, surtout.»

Avant de se joindre aux Blue Jackets en 2012, Nick Foligno portait l'uniforme des Sénateurs d'Ottawa.

MacLean a vécu une situation similaire, à Ottawa. À l’hiver 2013, les Sénateurs étaient privés de plusieurs joueurs d’impact. Erik Karlsson et Jason Spezza avaient passé sous le bistouri.

Cette année-là, l’équipe a quand même atteint le deuxième tour des séries éliminatoires. MacLean a mis la main sur le trophée Jack-Adams, à titre d’entraîneur-chef de l’année.

«La situation était similaire, mais si je me souviens bien, les Sénateurs n’avaient pas perdu 12 joueurs!»

MacLean est convaincu que les Jackets pourraient causer une belle surprise, dans un tournoi où la coupe Stanley serait en jeu.

À 62 ans, il est heureux d’appartenir à une organisation qui pourrait lui donner une chance de gagner, à nouveau, la coupe Stanley.

«Si jamais on renouvelle mon mandat, la saison prochaine, je serai heureux. Je garde toujours le rêve de travailler à nouveau comme entraîneur-chef dans la LNH, mais je n’ai pas de contrôle là-dessus. Je ne veux pas travailler jusqu’à mes 70 ans. Je sens que le temps commence à manquer.»