Le nouvel entraîneur-chef des Sénateurs d'Ottawa, D.J. Smith

Nouvel entraîneur-chef des Sénateurs: D.J. Smith «coche toutes les cases»

Pierre Dorion a trouvé son homme dans la cour de ses rivaux de l’Ontario.

Ancien joueur de l’organisation des Maple Leafs de Toronto, puis entraîneur-adjoint de Mike Babcock au cours des quatre dernières saisons, D.J. Smith a été nommé le 14e entraîneur-chef de l’histoire des Sénateurs jeudi, même s’il était le responsable d’une brigade défensive critiquée par le propriétaire Eugene Melnyk l’hiver dernier.

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Champion de la coupe Memorial avec les Generals d’Oshawa en 2015 avant de faire le saut dans la LNH, Smith, 42 ans, a été préféré à des candidats plus connus comme Jacques Martin, Patrick Roy, Rick Bowness et Marc Crawford, ainsi qu’à des hommes de hockey plus obscurs, Troy Mann et Nate Leaman.

« Pour nous, D.J. est un gagnant. Il est un professeur avec la fondation (nécessaire) pour développer (l’équipe) et “délivrer” à nos partisans l’équipe qu’ils méritent », a affirmé Dorion en conférence de presse, lui qui a plus tard estimé qu’il « cochait toutes les cases » dans ce qu’il recherchait pour un successeur à Guy Boucher, congédié le 1er mars dernier et remplacé par intérim par Crawford alors que le club croupissait au dernier rang du classement général de la LNH. 

« C’est quelqu’un qui a une grande passion et un niveau d’énergie difficile à battre. Il nous a énormément impressionné avec ses connaissances de hockey, comment jouer dans chaque zone... Il va demander du respect et il va demander aux joueurs de jouer au niveau de leurs habiletés », a-t-il ajouté.

Dorion a affirmé que des considérations budgétaires n’ont pas été un facteur dans l’embauche de Smith, un ancien défenseur qui a joué 45 parties dans la LNH, la majorité (34) avec l’Avalanche du Colorado, où il a été un coéquipier de Roy sous Bob Hartley. « Zéro, aucun impact du tout. Il est le premier choix... Il est le meilleur homme pour cet emploi et il sera bien payé pour ce travail », a-t-il déclaré.

Smith, 42 ans, a paraphé un contrat de trois ans pour s’amener dans la capitale, le même terme que la prolongation de contrat accordée à Dorion qui entrera en vigueur la saison prochaine.

« Je ne peux expliquer à quel point je suis excité d’être nommé l’entraîneur des Sénateurs d’Ottawa. J’aimerais remercier Eugene (Melnyk, le propriétaire) et Pierre de me faire confiance pour mener ce jeune groupe. À travers la ligue, tout le monde sait qu’il y a un jeune groupe à Ottawa et un groupe talentueux à Belleville que j’ai hâte de bâtir en leur demandant d’être responsables... Cette équipe va jouer avec ardeur et vitesse, elle va travailler fort chaque soir. Je vais le demander des joueurs et je vais l’offrir moi-même. »

Smith a fait des études en français en grandissant à Rivière aux Canards, près de Windsor, et il dit que celui-ci est passablement « rouillé ». « Je suis vraiment fier d’être ici. Ça fait longtemps que je n’ai pas eu l’occasion de parler français, alors s’il vous plaît, soyez patients. Je vais aller mieux chaque fois qu’on se parlera », a-t-il lancé dans la langue de Molière.

Ancien adjoint pendant huit saisons avec le club junior de son patelin de Windsor, Smith a présenté une fiche de 135-53-16 en trois saisons avec Oshawa.

C’est la deuxième fois que les Sénateurs se tournent vers un ancien adjoint de Babcock pour diriger leur club, alors que Paul MacLean a connu des hauts et des bas lors de ses trois saisons et demie derrière leur banc entre 2011 et 2014.

Lors d’une entrevue avec une station radiophonique de Toronto en mars dernier, Eugene Melnyk avait critiqué la reconstruction des Maple Leafs en notant que « quelqu’un a oublié la défensive ». Dorion a cependant indiqué que son patron « m’a appuyé dans cette recherche d’entraîneur mieux que jamais dans mes trois années précédentes comme DG. ».

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Un ancien défenseur pour raffermir la défensive

Denis Joseph «D.J.» Smith sait qu’il a un travail monumental qui l’attend à la barre des Sénateurs.

La priorité est évidemment de réduire le nombre de buts alloués, 301 la saison dernière, et cet ancien défenseur a sa petite idée sur la façon de s’y prendre dans la LNH moderne.

«La défensive est une unité de cinq hommes. Nous allons développer ces défenseurs (qui sont dans l’organisation) pour être non seulement actifs pour appuyer les descentes, mais ils vont être responsables défensivement. Et ce n’est pas seulement leur responsabilité, a-t-il indiqué en réponse à une question du Droit. Nous allons enseigner aux centres comment jouer profondément dans leur zone. Dans le hockey d’aujourd’hui, les centres doivent être comme un troisième défenseur. Si tes centres ne savent pas jouer dans leur zone, ça va affecter ton jeu défensif... Aussi, notre structure offensive va préparer le terrain, nous allons être une équipe rapide en transition, ce qui va nous aider à avoir des joueurs qui se replient.»

Les attentes ne seront pas élevées la saison prochaine pour un club qui vient de terminer au 31e rang dans la LNH, mais Smith ne veut «pas mettre de limite» au potentiel du club à sa saison recrue derrière le banc.

Au-delà des considérations tactiques, Smith est réputé pour être un entraîneur qui est proche de ses joueurs et il a parlé qu’il voulait un environnement où ils «pourront avoir du ‘fun’» au cours de la conférence de presse où il a été présenté aux médias locaux.

«En passant beaucoup de temps dans le hockey junior, tu composes avec des jeunes joueurs. Mais c’est pareil (dans la LNH), tu dois établir des relations quotidiennes avec ces gars-là. Tu dois parler un peu leur langage. Tu dois te donner pour eux, les joueurs d’aujourd’hui sont intelligents, ils savent ce que tu représentes, tu dois apprendre à les connaître. Tout le monde a une façon différente de motiver et je pense être dans cette catégorie, je suis un motivateur, et je vais trouver différentes façons de presser les boutons de différents joueurs. Je suis excité par ce défi, il y a beaucoup de jeunes joueurs, il va falloir composer avec différentes personnalités, mais j’ai hâte de commencer», a-t-il souligné.

À cet effet, il dit que son entraîneur à 19 ans avec les Spitfires de Windsor, l’ancien des Nordiques de Québec Paul Gillis qui l’a nommé son capitaine, l’a particulièrement marqué parce qu’il pouvait parler de n’importe quoi avec lui, pas seulement de hockey.