La cathédrale Notre-Dame-de-Paris est la proie des flammes.

Notre-Dame de Paris en feu: «C’est juste horrible»

TROIS-RIVIÈRES — Quatre femmes de la région étaient aux premières loges pour assister, malgré elles, au triste spectacle qui s’est déroulé à Paris lundi, alors que la célèbre cathédrale Notre-Dame de Paris a été ravagée par un immense incendie. Le groupe, qui est arrivé à Paris samedi dernier, venait tout juste de quitter la cathédrale pour la visiter lorsque les flammes se sont déclarées.

Isabelle Bombardier, Valérie Cinq-Mars, Carole-Anne Vouligny, toutes trois de Nicolet, ainsi que Josée Garceau de Shawinigan, ont dû rapidement quitter les lieux lorsque repoussées par les forces de l’ordre qui tentaient de maintenir en place un large périmètre de sécurité autour de la cathédrale.

«On reçoit de l’eau et de la cendre. Ça nous tombe dessus. C’est juste horrible, horrible de voir ça. Tout le monde est comme paralysé, tout le monde pleure. Des adultes, des enfants. C’est tellement triste», racontait Isabelle Bombardier en début d’après-midi, heure du Québec.

Celle qui occupe les fonctions de directrice générale du Centre d’action bénévole de Nicolet ne pouvait pas se douter, lorsqu’elle a terminé de visiter l’église quelques minutes auparavant, du drame qui allait se jouer. «On a visité l’église. On n’a rien remarqué de particulier si ce n’est que les lumières s’éteignaient constamment, comme s’il y avait un trouble électrique. Mais je ne peux pas dire si ça a un lien. Il y avait des travaux aussi sur la cathédrale, on voyait des échafaudages partout. Est-ce que c’est lié? Je ne sais pas», raconte-t-elle.

Le groupe a quitté la cathédrale vers 17h30, heure locale, puis s’est attablé à un bistro à proximité pour prendre une bière. À 19 h, heure locale, en quittant le bistro, elles ont alors remarqué l’épaisse colonne de fumée qui s’échappait du toit. 

«On était à deux rues de là. On a voulu retourner pour aller voir, mais les policiers nous repoussent constamment. Au départ, on ne croyait pas que ça puisse être Notre-Dame, on pensait que c’était un bâtiment voisin. Nous avons fait le tour et nous sommes maintenant près de la fontaine Saint-Michel. Il y a vraiment un très large périmètre», relate Mme Bombardier.

Au moment de l’entrevue, la Nicolétaine racontait voir d’énormes flammes s’échapper du toit. «À voir la puissance des flammes, il va y avoir de très lourds dommages. Ça va être horrible», croit-elle.

Josée Garceau, Isabelle Bombardier, Carole-Anne Vouligny et Valérie Cinq-Mars ont pris cette photo lundi, juste avant d’entrer dans la cathédrale Notre-Dame de Paris pour la visiter. Quelques minutes après en être sorties, le monument historique était la proie des flammes.
Isabelle Bombardier, à quelques minutes de visiter Notre-Dame de Paris, lundi. Quelques heures plus tard, la cathédrale était en flammes.

Paris paralysée

Impossible pour les quatre amies, tout comme pour l’ensemble des Parisiens et des touristes d’ailleurs, de détacher leurs yeux du brasier qui s’intensifiait. «C’est comme si tout le monde était paralysé. Paris est sous le choc. On devrait s’éloigner, ce serait logique. Mais personne ne bouge, on ne peut pas ne pas regarder», constate celle qui se disait émue.

«Je suis émue de voir ça, évidemment pour les mauvaises raisons. Mais je suis aussi émue d’avoir pu la voir intégralement dans ses derniers moments. Nous étions juste à côté il y a quelques heures et c’était émouvant de pouvoir la toucher, de poser la main sur ce monument tellement plein d’histoire. On aura vu ce monument dans ses derniers instants. Il y aura définitivement un avant et un après 15 avril 2019 dans l’histoire», croit-elle.

Les amies ont déambulé dans les rues avoisinantes pendant plusieurs heures, comme si elles avaient besoin de vivre ce moment en compagnie des autres personnes témoins de ce moment. Aux abords de la cathédrale, des gens se sont agenouillés et ont entonné des chants religieux, a pu constater Isabelle Bombardier.

La commotion a été encore plus vive lorsque les deux grands clochers emblématiques se sont mis à s’enflammer, un peu moins de deux heures après le début du brasier. «Les gens ont hurlé lorsqu’on a vu de la fumée s’échapper des clochers», relate-t-elle.

Ironiquement, les cloches de Notre-Dame avaient continuellement sonné jusque là, pour lancer un appel à l’évacuation.  Difficile de ne pas penser qu’on aura voulu les laisser chanter jusqu’à leur dernier souffle...

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