Pierre Giguère sera le candidat libéral dans la nouvelle circonscription fusionnée de Laviolette-Saint-Maurice aux élections générales de l’automne prochain.

Nomination sur fond de controverse

Shawinigan — Au lendemain de l’annonce du départ de Julie Boulet, le Parti libéral du Québec a confirmé mardi que l’actuel député de Saint-Maurice, Pierre Giguère, sera le candidat libéral dans la nouvelle circonscription fusionnée de Laviolette-Saint-Maurice. Une nomination qui a toutefois eu lieu sur fond de controverse alors que l’un de ses employés avait amorcé des démarches auprès de la CAQ il y a quelques semaines.

Le conseiller politique aux régions au cabinet du chef du deuxième groupe d’opposition, Sébastien Lépine, a indiqué au Nouvelliste que l’attaché politique de Pierre Giguère, Alain Boisvert, avait contacté le bureau de François Bonnardel le 29 mars dernier.

«M. Boisvert me dit alors qu’il est un ancien de la CAQ avec Pierre Giguère. Il m’explique que M. Giguère avait déjà été candidat et qu’il souhaite rencontrer François Bonnardel pour discuter de la nouvelle circonscription. Tournant autour du pot, je lui pose directement la question à savoir si M. Giguère veut se présenter pour la CAQ. Instantanément, il me répond: oui, absolument», raconte M. Lépine.

Alors que la candidature caquiste de Marie-Louise Tardif était sur le point d’être annoncée, «on aurait pu le prendre Pierre Giguère, si on avait voulu, mais il n’était pas question qu’il devienne candidat pour nous», précise M. Lépine.

Malgré cela, celui-ci avait tout de même offert à M. Boisvert la tenue d’une rencontre entre le député Giguère et François Bonnardel. Le 10 avril, M. Boisvert fait savoir à M. Lépine que «mon député a changé d’idée et on va prendre un petit recul là-dessus».

Or, le nouveau candidat libéral dans Laviolette-Saint-Maurice affirme qu’il n’était pas au courant de la démarche de son employé. «J’ai appris ça par une journaliste, j’étais fâché sur le coup. Alain a fait de quoi qu’il regrette amèrement aujourd’hui, mais cet homme a le cœur tellement gros qu’il pourrait décrocher la lune pour du monde. Je ne peux pas lui en vouloir. Je le garde comme employé. Il a fait une erreur», a confié Pierre Giguère.

Celui-ci rappelle qu’au mois de février, les médias l’avaient souvent questionné sur son intérêt pour la CAQ. «Et j’ai toujours fermé la porte à double tour. Ça ne m’intéressait pas. J’ai toujours eu la même réponse», soutient l’actuel député de Saint-Maurice.

Par ailleurs, il fait remarquer que la situation n’aura pas été facile pour son personnel. «Depuis le 1er février, à tous les jours, on a des citoyens qui viennent au bureau pour dire qu’on fait du bon travail et qui souhaitent que notre équipe reste. C’était la goutte du supplice pour les employés», soulève-t-il.

C’est «avec joie» que Pierre Giguère a accepté d’être le candidat du Parti libéral du Québec dans le nouveau comté de Laviolette-Saint-Maurice, et ce, «à la demande de Philippe Couillard».

«La passion est toujours là et je veux travailler fort avec les citoyens, les organismes et les différents acteurs socioéconomiques pour le développement de Laviolette-Saint-Maurice. C’est ensemble que nous allons relever les défis afin d’amener le comté encore plus loin», a-t-il déclaré.

L’association libérale de Laviolette-Saint-Maurice et Pierre Giguère se réuniront prochainement afin de préciser les détails de l’investiture. La date, l’heure et le lieu de l’investiture seront connus au cours des prochaines semaines.

Si les militants de Saint-Maurice «avaient de la difficulté à aller travailler avec Julie», il n’envisage pas l’inverse. «Je connais déjà quelques militants dans Laviolette», affirme celui qui veut d’ailleurs faire de la place aux membres du présent comté de Laviolette «sur mon c.a.».

Outre Marie-Louise Tardif pour la CAQ, il risque d’affronter l’ancien député péquiste, Luc Trudel, qui prépare son retour. «J’ai un intérêt. Je vais devoir me brancher dans les prochains jours. Je suis en réflexion très sérieuse. Les probabilités sont plus importantes qu’il y a un mois», admet-il.

Son retour probable en politique est poussé, dit-il, par l’état économique, mais surtout social du comté. «Je n’ai pas senti au Parti libéral une préoccupation pour les gens en difficulté. L’austérité fait drôlement mal dans une région comme la nôtre où on a plus que notre lot de problèmes sociaux, de personnes exclues, en difficulté, en détresse. En même temps, je regarde le programme de la CAQ et je me dis que ça n’a pas de bon sens qu’on se rembarque quatre ans là-dedans. Et je ne vois pas personne pour l’instant au Centre-de-la-Mauricie qui a l’envergure pour défendre cette situation-là», prétend celui qui fut député de Saint-Maurice de 2012 à 2014.

Rendant hommage au travail de Julie Boulet, Luc Trudel trouve que Pierre Giguère a manqué de délicatesse à l’endroit de la ministre régionale en annonçant le même jour ses intentions de lui succéder. «Et les transfuges n’ont jamais eu une longue durée de vie en politique», croit celui qui trouve que son futur adversaire libéral a «un cheminement particulier».

Pendant ce temps, sur la rive sud, c’est une femme qui représentera le Parti québécois dans Nicolet-Bécancour, soit Lucie Allard. La directrice générale du Centre de la petite enfance Chez-Moi Chez-Toi aura son investiture ce dimanche à Nicolet et Jean-Martin Aussant sera l’orateur invité.

«Pour moi, c’est le seul parti qui peut me permettre de réaliser mes ambitions pour le comté et qui a le meilleur programme», a déclaré la présidente du CLD de la MRC de Bécancour.

Ayant une grande préoccupation pour les intérêts des familles, Mme Allard veut aussi s’occuper de développement économique, de protection du territoire et du monde agricole. «Il y a beaucoup d’enjeux dans notre comté. Ça prend de l’audace. On ne pourra pas dire que je suis opportuniste. La grande différence avec Donald, c’est le programme du Parti québécois», a-t-elle conclu.