Senghor Ngabo Twagira a reçu sa peine pour la fraude de plus de 48 000 $ dont il est à l’origine à l’endroit de Jean-Claude et Guylaine Nadeau du dépanneur du Carrefour Portland à Sherbrooke.

Neuf mois de prison pour avoir fraudé son employeur pendant deux ans

Un individu de Sherbrooke sans antécédent judiciaire, qui a fraudé son employeur pendant près deux ans, passera les neuf prochains mois derrière les barreaux.

Nerveusement, Senghor Ngabo Twagira s’est avancé devant le tribunal, mardi, pour recevoir sa peine pour la fraude de plus de 48 000 $ dont il est à l’origine à l’endroit de Jean-Claude et Guylaine Nadeau du dépanneur du Carrefour Portland à Sherbrooke.

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Twagira travaillait à ce dépanneur depuis 2012. Les propriétaires avaient remarqué une baisse importante du chiffre d’affaires. En faisant une analyse plus approfondie, ils se sont rendu compte d’une vente anormale de billets de loterie et des relevés concernant Senghor Ngabo Twagira.

Il détournait l’argent destiné à l’essence pour payer des billets de loterie dans une autre caisse. Le stratagème a perduré du 2 novembre 2014 et 27 mai 2016.

Casquette de baseball sur la tête, il est arrivé avec son sac d’effets personnels, mardi, au palais de justice de Sherbrooke pour prendre la direction de la prison. L’individu de 27 ans ne possédait aucun passé criminel avant d’être condamné à la prison ferme.

« La période du crime et le stratagème imaginé pour camoufler la fraude ainsi que les conséquences pour les victimes militent en faveur d’une peine d’emprisonnement. Malheureux que vous n’ayez pas pu rembourser davantage au cours des trois dernières années », signale le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec en imposant la peine.

Une probation de deux ans avec un suivi d’une année a été imposée par le juge Chapdelaine.

Twagira devra dédommager les propriétaires victimes d’un montant de 20 000 $ sur une période de dix ans. Il versera 83 $ par mois pendant dix ans aux deux victimes soit entre septembre 2020 et août 2030.

« C’est le cœur de la peine. Nous avons essayé de trouver un montant réaliste », explique le procureur aux poursuites criminelles, Me Louis Fouquet.

Les victimes étaient présentes dans la salle d’audience pour assister à l’imposition de la peine à Twagira.

« Je suis très soulagée que tout soit fini. Le remboursement va faire en sorte qu’il va réfléchir à son crime pendant dix ans. Nous avons travaillé pendant une année et demie sans salaire sans compter que nous avons vendu le dépanneur pour la valeur de l’inventaire après 32 ans en raison de cette fraude. S’il avait eu des remords, il aurait fait une thérapie », signale Guylaine Nadeau. 

Elle signale que l’accusé a commencé tranquillement à frauder pour atteindre des montants allant jusqu’à 5000 $ à 6000 $ par mois avant d’être attrapé. Le dépanneur est passé bien près de la faillite en raison de cette fraude d’envergure.

« Je lui faisais confiance. Le pire, c’est qu’il me montrait ses gains de loterie par les paris sportifs. Il était certain de gagner parce qu’il pariait sur la victoire et la défaite de la même équipe avec l’argent qu’il détournait », explique Jean-Claude Nadeau. 

Twagira utilisait l’argent de ses gains pour des sorties personnelles.

« Le stratagème était tel que la caisse balançait tous les jours », explique Me Louis Fouquet.

Twagira a été congédié en juin 2016 à la suite de la découverte du stratagème. Il a présenté ses excuses aux propriétaires, il leur a fait parvenir un premier montant de 5000 $.

« La seule chose que j’ai à dire c’est que je suis désolé », a indiqué Twagira sans se retourner vers les victimes présentes dans la salle d’audience.

C’est Me Stéphanie Marcoux qui assumait la défense de Senghor Ngabo Twagira.