Le membre du comité de la Mission 100 tonnes Simon Rancourt a même sorti de la rivière Saint-François un vieux divan, samedi.

Nettoyage des rivières: nouvel objectif pour la Mission 100 tonnes

La Mission 10 tonnes est devenue la Mission 100 tonnes. Après que 13 tonnes de déchets aient été sorties des rivières du Québec en quelque 75 jours par des équipes de bénévoles, le Sherbrookois d’origine Jimmy Vigneux, qui a fondé la Mission, en a augmenté drastiquement l'objectif samedi.

Il s'agissait justement du World Cleanup Day, et une cinquantaine d’activités de nettoyage se tenaient à travers le Québec.

Des pneus, des bornes, de la vitre, un divan… Du côté de Sherbrooke, ce sont près de 1600 livres de déchets qui ont été extraits de la rivière Saint-François samedi par une équipe d’une soixantaine de bénévoles.

Le résultat de cette pesée ira s’inscrire dans les livres de la Mission 100 tonnes. « Tout est pesé. Les chaudières [vides] font 1,46 livre chacune, et on les pèse une fois pleine. Après nos deux heures de ramassage, on a donc exactement le poids de tout ce qu’on a ramassé », explique Simon Rancourt, l’un des quatre membres du comité d’organisation de la cellule sherbrookoise.

« Ça vient me chercher »

L'une des bénévoles sur place, Aline Pinard, se souvient d’une époque à laquelle certaines personnes n’hésitaient pas à se débarrasser de vieux électroménagers en allant les jeter dans les cours d’eau ou des boisés.

Heureusement, ça semble moins fréquent aujourd’hui, mais ça se fait encore, comme le prouve le divan qu’a repêché Simon Rancourt – repêché à bras avec le maire de Sherbrooke Steve Lussier, précisons-le.

« Émotionnellement, ça vient me chercher », confie Mme Pinard. « Je trouve tellement qu’on magane notre planète, ça n’a pas d’allure! » poursuit celle qui s’est fait une réflexion semblable en assistant à un derby de démolition plus tôt cet été.

« Je ne retournerai jamais dans une place comme celle-là. C’est surprenant que ce soit permis, alors qu’on interdit de laisser tourner un moteur plus de quelques minutes l’hiver », remarque-t-elle.

En famille

Pour éveiller les consciences de ses deux filles, Karina Brown les avait emmenées avec elle pour participer à la corvée samedi, à l’instar de plusieurs autres jeunes parents. « Si on inculque de belles valeurs environnementales à nos enfants, j’ai espoir que les choses vont changer, qu’il va y avoir un virage », dit celle qui est une habituée des collectes de ce genre.

« Des fois on reste perplexe : comment ça peut être là des divans, des morceaux de métal immenses, des roues… les gens ne comprennent pas qu’il y a des endroits où on peut aller porter ces objets », déplore Mme Brown.

Comme le soulignait de son côté Mme Pinard, les gestes posés au quotidien peuvent avoir un bon impact sur une empreinte écologique. « Mon conjoint travaille à Valcourt depuis 25 ans, et ça fait 25 ans qu’il fait du covoiturage. Ils partent à quatre dans l’auto le matin, des fois cinq. Il est sensibilisé à la cause depuis longtemps », donne-t-elle en guise d’exemple.

On peut suivre la page Facebook Mission 100 tonnes pour être au courant des corvées qui se déroulent à travers le Québec.