Le petit léopardeau pesait 564 grammes à la naissance. Il se porte bien.

Naissance exceptionnelle au Zoo de Granby

Le Zoo de Granby a réitéré l’exploit qu’il avait accompli en 2015. L’équipe de soins animaliers a pratiqué une césarienne sur Megan, une femelle léopard de l’Amour, qui a ainsi donné naissance à un petit léopardeau en pleine santé.

Pareille intervention avait été réalisée avec Megan il y a trois ans. Cela représentait à l’époque une première pour cette espèce, la plus menacée des grands félins, dans une institution zoologique nord-américaine. Un tel événement avait attiré l’attention de la communauté scientifique. 

« Depuis, on n’a pas entendu parler que d’autres institutions l’aient fait. À ma connaissance, c’est encore un grand événement », a commenté vendredi le directeur des soins animaliers, Karl Fournier.  

Le léopardeau a vu le jour il y a près d’une semaine. Le Zoo a attendu quelques jours avant d’annoncer le passage de la cigogne pour s’assurer que le petit, qui pesait 564 grammes à la naissance, se porte bien et que Megan assure son rôle de mère.     

Dans un monde idéal, le recours à la césarienne n’est pas privilégié, souligne Karl Fournier, mais comme Megan a éprouvé par le passé des difficultés à mettre bas de façon naturelle, c’est la seule façon pour elle de mener ses gestations à terme. 

Travail d’équipe

Cette naissance par césarienne est le fruit d’un travail d’équipe. Les vétérinaires du Zoo, Émilie Couture et Shannon Ferrell, ont entre autres été assistées par le chirurgien vétérinaire et professeur titulaire à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, Bertrand Lussier. Au total, une douzaine de personnes ont participé à cette intervention.  

Celle-ci, encadrée par un protocole rigoureux, s’est déroulée en pleine nuit, alors que Megan avait commencé à démontrer des signes de mise bas dans la soirée. Une chaîne téléphonique s’est organisée et, en environ une heure, tout le monde était prêt à procéder. L’opération a par ailleurs été filmée pour la chaîne Ici Explora. 

Tout s’est déroulé rondement, affirme Karl Fournier. Une fois le léopardeau sorti de l’utérus de sa mère, la vidéo mise en ligne sur la page Facebook du Zoo illustre que cela a pris 45 minutes avant que le petit respire par lui-même. Une situation qui ne serait pas exceptionnelle, même lors d’une naissance naturelle. L’équipe vétérinaire l’a entouré des soins appropriés et stimulé. 

« Son cœur battait bien, mais sa respiration n’était pas naturelle », dit le directeur des soins animaliers. Les premières vocalises du léopardeau ont été accueillies avec émotion, ajoute-t-il. « Ça a été un beau moment pour nous », dit Karl Fournier. 

Pour s’assurer que Megan accepte son petit à son réveil, beaucoup d’efforts ont été portés pour effacer les odeurs humaines. Le placenta a été placé sur le léopardeau pour l’imprégner de l’odeur de la naissance et de sa mère, cite en exemple M. Fournier. 

Génétique  

À l’heure actuelle, il y aurait environ 200 léopards de l’Amour dans les zoos à travers le monde et un peu plus d’une centaine en liberté. L’espèce est en danger critique d’extinction. Le Zoo de Granby s’est engagé au cours des dernières années à accentuer ses efforts pour la reproduction de celle-ci. En février dernier, il a d’ailleurs dévoilé de nouveaux parcs extérieurs aménagés pour les léopards de l’Amour.       

Selon Karl Fournier, l’importance de la récente naissance n’est pas tant la réalisation de la césarienne que la préservation de la génétique du couple formé par Megan et Dimitri, qui a aussi donné naissance à Baïko il y a trois ans. « Je trouve que, malheureusement, on ne parle pas assez de cette espèce de grands félins qui est en danger critique. Pour moi, ce bébé, c’est vraiment une grande nouvelle », dit-il. 

Selon lui, il s’agit de la sixième naissance d’un léopardeau de l’Amour cette année dans l’ensemble des zoos nord-américains. La cible a néanmoins été fixée à 10 naissances par année pour assurer la survie de l’espèce à long terme, note Karl Fournier. 

Il s’agissait de la dernière gestation de Megan, âgée de 13 ans. Un nouveau couple pourrait voir le jour, alors que des rapprochements sont effectués cette année entre Hope et Argoun, tous deux au Zoo depuis quelques années. 

« Si tout va bien, on pourrait tenter de les reproduire l’année prochaine. Ce qui est souhaité, c’est d’avoir des mises bas naturelles », dit M. Fournier. 

Selon lui, une caméra devrait prochainement être ajoutée dans l’habitat de Megan afin que les visiteurs puissent l’observer avec son petit à distance.     

Cette naissance par césarienne d’un léopard de l’Amour est le fruit d’un travail d’équipe.