Le 30 avril 2017, les deux pilotes d’Exact-Air volaient à bord d’un bimoteur Piper Navajo.

Morts dans un accident d'avion: la recherche de sensations et la fatigue en cause

Le coroner Bernard Lefrançois conclut que les pilotes Antoine Gillet et Francis Boisseau-Tremblay, tous deux résidants du Saguenay, sont morts de façon accidentelle le 30 avril 2017 à Schefferville dans l’écrasement de leur avion, tout en émettant l’hypothèse que la recherche de sensations et la fatigue ont pu contribuer à l’accident.

Dans les deux rapports d’investigation identiques déposés le 22 novembre dernier au Bureau du coroner, Me Lefrançois rappelle que le 30 avril 2017, les deux pilotes d’Exact-Air à bord d’un bimoteur Piper Navajo ont effectué des relevés magnétométriques dans le but de cartographier les ressources minières du secteur en volant à une altitude d’environ 300 pieds. Ils étaient accompagnés d’une autre équipe à bord d’un autre appareil.

Vers 17 h 38, la journée de travail étant terminée, les deux avions ont entrepris leur vol de retour pour l’aéroport de Schefferville. Une fois posé, l’équipage de l’autre appareil constate que le premier avion n’est pas sur la piste. Des recherches permettent de le localiser moins d’une heure plus tard. Selon les premiers constats, l’avion s’est écrasé après avoir percuté en vol des fils électriques.

Dans son analyse, le coroner constate que l’appareil n’est pas muni d’un enregistreur de vol qui aurait pu donner plus d’information sur les circonstances du drame, car aucun règlement n’oblige à munir ce type d’avion d’un tel équipement.

Toutefois, il a été établi que l’avion survolait une voie ferrée à très basse altitude, soit entre 40 et 100 pieds. Une ligne électrique de trois fils traversait la voie ferrée.

Étant donné que les conditions météo et la visibilité ne sont pas en cause, pas plus que l’état mécanique de l’avion ou l’état physique ou mental des pilotes, le coroner émet l’hypothèse que la recherche de sensations (vol à basse altitude), la fatigue de la journée et une perception altérée des risques ont pu contribuer à l’accident puisque les pilotes n’avaient aucune raison de voler à une aussi basse altitude.