Catherine Geoffroy fait face à des accusations d’homicide involontaire, de voies de fait armées et de délit de fuite.
Catherine Geoffroy fait face à des accusations d’homicide involontaire, de voies de fait armées et de délit de fuite.

Mort d’un signaleur routier: l’accusée ne voulait pas être arrêtée

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
C’est après qu’on lui ait dit qu’elle allait être arrêtée qu’une automobiliste aurait délibérément foncé sur un signaleur routier dans un accès de rage au volant, à Bonsecours en Estrie, en novembre 2017, avant de prendre la fuite.

Une signaleuse routière a vu Catherine Geoffroy parler à son téléphone cellulaire lorsqu’elle s’est immobilisée, cet après-midi-là, au coin de la rue de l’Église et de la route 220, où des travaux d’asphaltage étaient en cours. 

La femme s’est ensuite remise à rouler, bien qu’on lui avait interdit de le faire, allant jusqu’à heurter les signaleurs Michel Carmel et Jane Hannaburg.

«La décision de Mme Geoffroy a causé mécontentement, agitation et énervement», a indiqué Me Laurence Bélanger, de la poursuite, lors de son exposé d’ouverture au premier jour du procès de l’accusée de 33 ans de Sainte-Catherine-de-Hatley.

«On lui a dit qu’on allait appeler la police», a poursuivi Me Bélanger.

Toujours selon la version de la poursuite, Mme Geoffroy a alors foncé sur le signaleur routier Michel Carmel, qui s’est retrouvé sur le capot et dont la tête a ensuite heurté le trottoir. Et elle ne s’est pas arrêtée, signifiant même son intention de se plaindre des dégâts causés à sa voiture.

La victime, un homme de 60 ans, est morte d’un traumatisme cranio-cérébral sévère. Quant à Catherine Geoffroy, elle doit répondre d’accusations d’homicide involontaire, de voies de fait armées (l’arme étant sa voiture) et de délit de fuite.

Des charges qui pourraient lui valoir une peine maximale de prison à vie et pour lesquelles elle a plaidé non coupable. Elle n’a pas d’antécédent judiciaire.

«Jamais revenue sur les lieux»

Un seul témoin a été entendu lundi. Premier policier arrivé sur les lieux du crime, l’agent Mario Menier, de la SQ du Val-Saint-François, a décrit la configuration de l’endroit. Il a souligné que l’intersection était alors très achalandée en raison de la saison de la chasse et du fin du quart de travail d’une grande usine située à proximité. 

Il a en outre confirmé que l’accusée n’était «jamais revenue sur les lieux».

Plus tôt dans la journée, le tribunal a terminé la sélection des 14 jurés qui assisteront au procès, deux de plus que nécessaire afin de s’assurer qu’un empêchement ne vienne court-circuiter les audiences. Leur nombre sera réduit à 12 à la veille des délibérations.

Catherine Geoffroy est défendue par Me Alexandre Tardif tandis que Me Émilie Baril-Côté et Me Laurence Bélanger s’occupent de la poursuite. Trois semaines ont été réservées au palais de justice de Granby pour cette cause.

La Couronne prévoit présenter une dizaine de témoins, et la défense n’a pas encore annoncé ses couleurs, comme c’est son droit.