L’infirmière qui a soigné l’enfant qui s’est fait mordre par un zèbre au Salon des animaux exotiques, samedi, estime qu’il ne s’agit pas d’un événement banal.

Morsure de zèbre: l'incident banalisé, selon l’infirmière

L’infirmière qui a soigné le garçon de 12 ans qui s’est fait mordre par un zèbre au Salon des animaux exotiques, samedi, estime que le promoteur de l’événement banalise l’incident. Elle tenait à donner sa version des faits, elle qui a assisté à l’ensemble de la scène.

Josianne Tremblay, son conjoint et leur petite fille d’un an se trouvaient par hasard juste à côté du garçon au moment des événements. Elle a vu l’enfant donner de la moulée au zèbre, puis l’animal le mordre.

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« Sincèrement, je tenais à rectifier les choses parce que le promoteur banalise vraiment l’incident. Ce n’est clairement pas un incident mineur comme il le dit. Peut-être qu’il ne peut pas évaluer la gravité des blessures, mais moi je peux dire que ce n’est pas mineur. J’ai eu peur que l’enfant perde un doigt », affirme celle qui pratique depuis huit ans.

Elle a été choquée par les propos du promoteur, ainsi que par la réaction d’internautes qui estiment que l’enfant est responsable de l’incident.

« Ça me fait de la peine d’entendre les commentaires des gens qui blâment le jeune homme. Ça me brise le cœur. Ça aurait pu arriver à n’importe qui. »

Elle explique que l’installation n’était pas sécuritaire et que les indications manquaient de clarté.

« L’enclos était séparé en deux. D’un côté il y avait des moutons et des chèvres que tu pouvais nourrir à travers le grillage. De l’autre côté, il y avait l’âne et le zèbre. Un homme se trouvait à l’intérieur de la cage avec l’âne et le zèbre. Un autre monsieur qui vendait la nourriture pour animaux était en face de l’enclos du zèbre. La pancarte qui disait de ne pas mettre notre main était une petite feuille 8 x 12 installée du côté du zèbre, mais on ne pouvait pas nécessairement la voir, surtout avec l’achalandage qu’il y avait autour de l’enclos. Il n’y avait pas de double grillage nulle part autour des animaux dangereux. L’enfant n’a pas pensé, il a voulu nourrir le zèbre. Quand le monsieur dans l’enclos a dit à l’enfant d’enlever sa main, il était déjà trop tard. Le monsieur pour l’aider a tiré sur la tête du zèbre et ç’a fait pire que bien », raconte-t-elle.

Josianne Tremblay est intervenue rapidement. Après avoir fait asseoir l’enfant quelques minutes, elle a été escortée jusqu’à l’infirmerie par le personnel de l’agence de sécurité engagée par l’événement.

« J’ai pu lui faire un pansement stérile afin qu’il puisse se rendre à l’urgence en sécurité. Il avait vraiment de grosses douleurs et il saignait beaucoup. »

Celle qui est infirmière clinicienne affirme que la blessure était plus importante que ce qu’a laissé entendre le promoteur de l’événement. « J’ai déjà travaillé à l’urgence pendant un an, j’en ai vu des morsures. Disons que la plaie était très profonde. L’enfant avait une blessure jusqu’à l’os. Ce n’était vraiment pas beau. Ce n’est pas juste une morsure qui nécessite deux ou trois points de suture. »

Aujourd’hui, elle déplore l’absence de double grillage autour des animaux dangereux. « La sécurité a manqué. Quand il y a des animaux dangereux, il devrait y avoir un double grillage, comme dans les zoos. Une fois l’accident arrivé, un double grillage a été installé. Il aurait dû y être dès le départ. Il y a eu un gros manque dans l’organisation », affirme celle qui estime que l’animal n’est pas en faute non plus. « Il a réagi par instinct animal. »