Patrick Charlebois a complété le Canadian marathon challenge. Il a couru les derniers 10 km du marathon à Vancouver avec le frère de Terry Fox, Darrell Fox.

Mission accomplie pour Patrick Charlebois

TROIS-RIVIÈRES — C’est fait! Patrick Charlebois a relevé le défi qu’il s’était lancé et a couru dix marathons en dix jours dans les dix provinces canadiennes.

Le coureur de Trois-Rivières a parcouru les derniers 42,2 km de son périple sportif pancanadien, lundi à Vancouver. Il a complété la dernière étape de son Canadian marathon challenge en 3 heures 13 minutes et 11 secondes.

Ce temps est un peu plus lent que ceux des deux marathons précédents car il a dû adapter son rythme à celui du frère de Terry Fox, Darrell Fox, qui a couru les dix derniers kilomètres en sa compagnie. Après avoir réussi à courir sous la barre des trois heures à Régina et Calgary, celui qui désirait compléter ce tour de force athlétique afin de promouvoir la Fondation Terry Fox avoue avoir volontairement levé le pied pour la dernière étape qui s’est déroulée dans le parc Stanley, un véritable paradis des coureurs selon lui. Il voulait savourer pleinement les derniers instants de son aventure.

«On a mangé un éléphant une bouchée à la fois, mais aujourd’hui [lundi], c’était le dessert. On s’est payé la traite! À un moment donné, j’ai dit à Darrell: ‘‘On prend notre temps.’’ Je ne voulais pas que ça finisse. Je savais qu’en traversant la ligne d’arrivée, ça allait être terminé, malheureusement. J’en courrais un onzième!», lance-t-il sans hésitation.

Même s’il se savait en mesure de relever ce défi, le principal intéressé reconnaît que l’état physique dans lequel il se trouvait quelques jours avant son départ faisait en sorte qu’il doutait un peu de ses capacités. En raison des différentes blessures qui le faisaient, et le font encore, souffrir, il était loin d’envisager qu’il se sentirait aussi bien à son arrivée en Colombie-Britannique.

«Si vous m’aviez dit la semaine dernière que j’allais faire deux ‘‘sub 3’’ après huit marathons, je serais parti à rire! [...] Ça demandait du jus pour faire ça et j’en avais en masse. Et je crois que j’aurais également été capable de le faire aujourd’hui [lundi]», raconte-t-il.

Sur une note plus spirituelle, le marathonien mentionne qu’il a été accompagné par l’esprit de Terry Fox pour chacun des kilomètres qu’il a courus. Le frère de ce dernier a également senti la présence du coureur qui a été emporté par le cancer.

«Il est présentement blessé au mollet. Après 5 km, il pensait même arrêter car il avait de la misère. Je lui ai donc parlé des problèmes de mollets que j’ai eus au World marathon challenge [en 2017]. Tout d’un coup, son mollet s’est mis à mieux aller. Il a alors dit que c’était Terry qui était intervenu afin qu’il puisse poursuivre la course. Pour ma part, je crois que j’ai couru en dessous de trois heures deux fois grâce à Terry Fox», poursuit-il.

Habitué de composer avec la souffrance, autant physique que mentale, lorsqu’il participe à des événements ou des compétitions de course à pied, M. Charlebois s’attendait donc à devoir puiser au plus profond de son être dans une telle épreuve. Il considère d’ailleurs que ce défi a été plus important que celui qui World marathon challenge, dans le cadre duquel il a couru sept marathons en sept jours sur sept continents.

«C’était semblable, mais c’était tout même plus difficile mentalement. À mi-chemin, ce fut difficile. Et une fois rendu au septième, les gens me disaient que si j’avais fait le ‘‘World’’, ça aurait été terminé», confie-t-il.

Une belle visibilité

Même s’il n’était pas entouré de foules lorsqu’il courrait, sauf lorsqu’il a participé aux marathons d’Halifax et de Calgary, l’athlète trifluvien se dit convaincu que son défi a permis à la Fondation Terry Fox de gagner en visibilité. Plusieurs dons ont d’ailleurs été recueillis pendant les 10 jours.