La rue Saint-Paul, où sont survenus les événements dans la nuit de jeudi à vendredi.

Meurtre de Johnny Normand: triangle amoureux qui vire au drame

Johnny Normand serait mort en voulant protéger sa nouvelle amie contre son ex, décrit comme un individu colérique et imprévisible. L’auteur présumé de son meurtre, David Emond, a été arrêté dans la nuit de jeudi à vendredi, et a comparu quelques heures plus tard, au palais de justice de Gatineau.

L’affaire a secoué la rue Saint-Paul, secteur Gatineau, jeudi matin.

Le jeune homme de 20 ans, poignardé à une reprise, a reposé dans un état critique avant de rendre l’âme, jeudi.

Selon la conjointe du père de la victime, Céline Fréchette, il s’agit d’un triangle amoureux. 

« L’ancien copain de cette fille était revenu chercher ses effets personnels (à la résidence de la rue Saint-Paul), et Johnny a été appelé à la rescousse pour la protéger. Malheureusement pour lui, cela a tourné en événement tragique. »

Selon deux amis de la victime, Alejandro Alcaraz et Sébastien Brodeur, Johnny Normand a perdu « en étant Johnny, un gars qui ne tolère pas qu’on fasse du mal à une femme ».

David Emond, 22 ans, de Gatineau, a comparu sous un chef de meurtre sans préméditation. Il n’était pas connu de la police de Gatineau, qui poursuit son enquête.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SVPG) a tenu un bref point de presse, vendredi en fin d’avant-midi, pour annoncer l’arrestation de David Emond, qui « aurait commis son crime seul, sans complice et [qui] connaissait sa victime ». 

Le prévenu s’est présenté tête baissée, dans le box des accusés, vendredi après-midi.

Des amis de la victime l’ont suivi du regard pendant la brève comparution.

L’avocat de la défense, Me Vincent Castonguay, et la procureure de la Couronne, Me Nadine Piché, ont remis le dossier à mardi.

Arrestation

C’est vers 1 h, dans la nuit de jeudi à vendredi, que « le groupe d’intervention du SVPG a investi une résidence du secteur de la Pointe-Gatineau et a procédé à l’arrestation du suspect qui n’a offert aucune résistance », a mentionné l’agent Patrick Kenney, porte-parole du corps de police.

Une autopsie devait être pratiquée vendredi, au Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, à Montréal.

Le SVPG a indiqué connaître le lien qui unissait les deux jeunes hommes, mais n’a pas voulu le révéler.

Le meurtre de Johnny Normand est le quatrième homicide à survenir cette année à Gatineau.

Choc

« Johnny n’était pas une personne qui cherchait les problèmes, mais qui était solidaire avec les gens qu’il aimait », a raconté Sébastien Brodeur.

Ses deux amis ne connaissaient pas beaucoup le présumé meurtrier. « Il (Emond) était colérique. C’est ce qu’on a su en parlant avec la fille », a dit M. Brodeur.

Pour sa part, Alejandro Alcaraz a eu une première mauvaise impression de David Emond. « Je l’ai vu une fois et il avait l’air d’un bon à rien... Renfermé, qui fait juste jouer aux jeux vidéo. »

Céline Fréchette a expliqué que cette affaire avait évidemment causé un séisme dans la famille du disparu. « Nous avons eu une soirée très intense. C’est dur pour le père et les enfants. »

Mme Fréchette se souvient des bons conseils que donnait Johnny à ses propres filles. « Il leur disait d’avoir un bon cercle d’amis et de bien s’entourer. »

Avec Justine Mercier, Le Droit