Mathieu Dufour, humoriste, compte plus de 115 000 abonnés sur son compte Instagram.
Mathieu Dufour, humoriste, compte plus de 115 000 abonnés sur son compte Instagram.

[MATIÈRE À RÉFLEXION] Mathieu Dufour: incroyable, mais vrai!

Julien Renaud
Julien Renaud
Le Quotidien
À la télévision, à la radio, sur scène, sur Instagram ou dans une capsule de la Direction régionale de santé publique, l’humoriste Mathieu Dufour, surnommé Math Duff, connaît une ascension fulgurante. L’unique but du Jonquiérois d’origine, qui a gradué du Cégep de Jonquière en 2015 et de l’École nationale de l’humour en 2017, c’est de « divertir les gens et m’amuser », dit-il. Il se laisse donc guider par son succès et accepte les projets qui lui ressemblent. Et il n’hésite pas à sauter à pieds joints dans des aventures un peu folles, comme le Show-rona virus, son grand chantier de la pandémie.

Q: Vous avez connu une ascension fulgurante, principalement grâce à votre popularité sur les médias sociaux. Avez-vous été surpris de la réponse du public et pour quelles raisons vous a-t-il adopté, à votre avis ?

R: Je ne suis pas surpris, parce que ça faisait vraiment longtemps que je voulais faire ce métier-là. J’ai toujours eu une bonne réponse du public et les gens ont tout le temps embarqué dans mes trucs. C’est sûr que c’est impressionnant, par contre ! Ça arrive vite et c’est une grosse vague ! Je savais que je m’en allais là ; je ne savais juste pas à quel moment ça allait commencer. Je dirais que ce qui fait en sorte que les gens me suivent et ont embarqué rapidement, c’est le fait que ce soit très organique, le contenu que je crée. C’est très naturel. C’est vraiment moi-même.

Q: La pandémie de COVID-19 a bousculé le domaine artistique. Vous avez donné rendez-vous à vos abonnés pendant 50 soirs pour le Show-rona virus, sur Instagram. Dr Horacio Arruda a même collaboré au projet. Comment vivez-vous la pandémie ? Qu’en retirez-vous ?

R: J’ai super bien vécu la pandémie, parce que ç’a concordé avec mon projet sur mes réseaux sociaux. La pandémie a participé à l’éclosion du Show-rona virus. Les gens étaient tous confinés, avaient du temps à la maison, voulaient se changer les idées. La beauté des réseaux sociaux, c’est que tu peux rejoindre les gens tout en étant distancé. Ce que j’en retire, c’est que ç’a vraiment été un gros projet, super excitant. J’ai vécu ça au jour le jour, avec tout le monde. Je ne m’attendais pas à ce que ça devienne aussi gros. Ç’a été très, très, très intéressant. Ça m’a mis en contact avec tellement de gens et j’ai fait plein d’entrevues, eu de belles discussions. J’en retire vraiment de bons souvenirs. Et ça m’a donné une belle visibilité. Je suis vraiment, vraiment content de ce projet-là ! Il y avait tout le temps des rebondissements ; c’était parfaitement adapté pour mon type de création !

Q: One-man-show, émissions de variétés, radio, capsules Web et médias sociaux : vous incarnez la définition d’un touche-à-tout. Prévoyez-vous vous spécialiser dans une voie en particulier ?

R: Je me vois vraiment faire de tout ! Et tout, c’est vraiment tout ! Dès que j’ai une envie de faire quelque chose ou que je me fais proposer un projet, j’aime tout le temps ça me déstabiliser, aller dans de nouvelles branches. Rien en particulier, mais tout, un peu, tout le temps ! Chaque sphère est tellement différente et apporte de quoi d’unique, un défi différent. [Animer un talk-show], je ne dirais pas que c’est mon rêve ultime, mais c’est quelque chose que je veux faire. Quand quelque chose me trotte dans la tête, je le fais. Ça va arriver !

Q: À vos yeux, quel est l’impact de l’humour sur la société québécoise ? Sentez-vous que vous avez une responsabilité sociale ? 

R: Je suis conscient que c’est présent, avec l’énorme quantité de gens qui me suivent et qui consomment mon contenu tous les jours. Mais ce n’est pas l’élément central de ma création et je ne pense pas trop à ça. Ça reste très organique, comme je le disais. En transmettant mes valeurs à moi et en étant une bonne personne, ça contribue à faire comprendre aux gens que c’est important d’être bons. Rester dans la légèreté, c’est l’fun, aussi. En tant qu’humoriste, ce que je vois et ce que je lis dans les messages, c’est que les gens ont besoin de se changer les idées, de rire, de ne pas penser à ce qu’ils vivent dans leur quotidien. C’est vraiment quelque chose qui est précieux, même si ce n’est pas quantifiable. Je pense que c’est ça, mon plus gros apport. 

Q: Des humoristes de la relève ont été ciblés par des dénonciations à caractère sexuel ; d’autres ont décidé de s’éloigner des réseaux sociaux. Où vous situez-vous en cette période de remise en question collective ? Avez-vous changé votre façon de diffuser du contenu ? Avez-vous déjà été victime de propos haineux ?

R: Je n’ai absolument rien changé dans ma façon de faire sur les réseaux sociaux, car tout est basé sur la légèreté. Je suis vraiment moi-même. Ce n’est pas dans mon genre à moi d’aller dans ces sphères-là, de rire négativement des gens ou de rabaisser quelqu’un. Les gens qui me suivent sur mes réseaux sociaux sont vraiment merveilleux, pour vrai ! Ça doit se compter sur les doigts d’une main les fois où j’ai des messages [négatifs]. Je suis toujours resté dans le bon chemin et fait dans le positif.

Par rapport aux dénonciations, la seule affaire que j’ai à dire, c’est vraiment que je crois que les comportements qui sont néfastes et qui ne devraient pas avoir lieu d’être doivent être dénoncés. Ce qui se passe en ce moment, c’est la conséquence des actes posés.

Q: Vous êtes aussi venu passer quelques jours ici pendant le confinement et on vient de vous voir dans une capsule avec le directeur régional de la santé publique, Dr Donald Aubin. Quel est votre attachement pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean ? Pensez-vous qu’il y a quelque chose d’unique qui coule dans les veines des Bleuets ?

R: J’adore le Saguenay–Lac-Saint-Jean ! Avec la COVID-19, ç’a été une opportunité pour moi de venir plus souvent, cet été. Habituellement, en humour, les étés sont un peu fous, avec tous les festivals. Quand je me fais proposer des contrats au Saguenay, c’est sûr que j’essaie le plus possible de les accommoder pour les mettre dans mon horaire. Chaque fois, les gens sont contents et la réaction est bonne. Les gens sont fiers et je trouve ça tout le temps flatteur.

C’est sûr que je ne redéménagerais pas là, parce que professionnellement, ça se passe vraiment à Montréal et j’adore Montréal aussi. Mais ma région, je l’ai tatouée sur le coeur. Je capote sur ma région ! Dès que je peux y aller, c’est un grand plaisir pour moi ! Tsé, je ne cours pas dans les rues de Montréal habillé en bleuet, mais quand j’ai la chance d’en parler ou que quelqu’un me pose des questions, ça me fait plaisir. Je pense que, non officiellement, je joue un rôle d’ambassadeur. Il n’y a pas eu le 175e anniversaire de la région récemment ? C’est quand, le 200e ? Je veux être le porte-parole du 200e de la région !

Je pense que le succès des Bleuets vient profondément de la personnalité des gens de la région. On est du bon monde. Les gens sont fiers, de famille, naturels, gentils et accueillants. Il y a vraiment de quoi, pour vrai. Il y a une belle couleur associée à la personnalité des gens. C’est vraiment une pépinière à talents. J’ai toujours vu le milieu artistique comme quelque chose de gros, de lointain et de dur à atteindre. J’ai travaillé fort, rien tenu pour acquis. On dirait que de faire cinq heures de route pour aller à Montréal, c’est comme : « Tassez-vous de là ; on arrive ! »

Q: On vous voit beaucoup avec des vedettes, comme Véronique Cloutier ou Laurent Duvernay-Tardif. Quel est votre rapport avec le vedettariat ?

R: Le vedettariat, ça n’existe pas, dans ma tête à moi. Ce sont des collègues et juste des humains avant tout. Moi, je suis un gars d’amitiés et de relations. J’aime ça rencontrer des personnes, avoir de belles conversations, connecter avec les gens. Les gens avec qui je me tiens qui sont des vedettes, c’est juste que j’ai eu de gros coups de coeur humains et que je les considère comme des amis. Véro, je trouve que c’est vraiment un bel exemple. On s’est connus via les médias sociaux, en plus. Il y a de quoi de très 2020 là-dedans. Maintenant, c’est rendu quelqu’un que je compte dans ma vie. On se texte, se FaceTime, se pose des questions. Il y a vraiment une belle relation qui s’est développée. C’est une femme que j’admire énormément. Sa carrière est exemplaire ; c’est fou tout ce qu’elle a accompli ! Je me considère extrêmement chanceux d’avoir eu la chance de connecter avec elle et de pouvoir la compter dans mon cercle d’amis.

Q: Question cocasse. Vous avez une colombe comme animal de compagnie, qui est même devenue une vedette des médias sociaux, comme son père. Pourquoi ce choix surprenant ?

R: Je ne peux pas vraiment expliquer Ruby. J’étais « pompette » à 4 h du matin sur Kijiji, il y a cinq ans. C’était un coup de tête. Chaque nouveau projet avec elle, ça me fait rire. En même temps, ce qui est l’fun, c’est que les gens qui suivent Ruby sont vraiment attachés à ma carrière. En plus de me suivre, ils suivent ma colombe. Souvent, j’utilise le compte de Ruby pour annoncer des spectacles cachés ou des trucs en primeur.