Philippe Laprise et Pierre Lavoie.
Philippe Laprise et Pierre Lavoie.

[MATIÈRE À RÉFLEXION] Accomplir de grandes choses... ensemble!

Philippe Laprise est un humoriste originaire de Jonquière très bien connu des Québécois. Depuis plusieurs années, il s’implique dans le Grand défi Pierre Lavoie (GDPL). En fin de semaine dernière, il a pris part à la version remodelée en raison de la COVID-19, édition qui visait à amasser 1 000 000 de kilomètres.

Q: Vous venez de prendre part au GDPL qui visait, cette année, à recueillir 1 000 000 kilomètres en pédalant, en marchant ou en courant. L’objectif a été doublé. Comment avez-vous trouvé la mobilisation des Québécois pour les saines habitudes de vie en cette période de pandémie ?

R: Je suis toujours honoré quand Pierre Lavoie m’appelle pour des affaires comme ça. Je trouve ça l’fun. C’est bizarre à dire, mais c’est vrai qu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean, il y a quelque chose... Toujours vouloir aller plus loin, toujours se dépasser. On est des leaders dans divers domaines. Et d’avoir atteint deux millions de kilomètres, mon Dieu que c’est impressionnant ! J’ai adoré ce concept-là parce que je me suis promené beaucoup au Lac-Saint-Jean. J’ai fait une partie du parc des Laurentides et je suis revenu à Arvida. Ensuite, on est repartis au Lac, à Saint-Prime. J’ai fait une partie du Lac le vendredi ; une partie le samedi. Ça m’a impressionné de voir les gens pédaler autant. Les gens me reconnaissaient, me disaient de ne pas lâcher. Je trouvais ça super hot pour vrai !

Q: Vous vous impliquez au sein du GDPL depuis plusieurs années. Pourquoi avoir pris cette décision et quel en a été l’impact sur votre vie ?

R: Je m’implique beaucoup dans le Grand défi Pierre Lavoie parce que c’est une cause en laquelle je crois beaucoup. Faire bouger les jeunes dans les écoles publiques, leur donner de l’argent, les amener à se dépasser. Je suis un gars qui pense comme Pierre. La prévention, c’est vraiment quelque chose qui est hyper important. Si on prévient et si on prépare nos jeunes à être plus en forme, ça va faire en sorte qu’il y aura moins de problèmes de santé plus tard, et ça, je trouve que c’est important. J’aime la façon dont Pierre fait les choses, met en place des événements qui sont grandioses. Je trouve ça l’fun et faire partie d’un mouvement ; c’est toujours agréable ! Et moi, sur un plan plus personnel, je suis plus en forme. Je suis capable de rouler beaucoup en vélo. Ça fait que j’ai une meilleure santé. Je vais être là longtemps pour mes enfants et je leur donne l’exemple pour qu’eux aussi, ils soient là longtemps pour leurs enfants.

Q: Quel est le moment qui vous a le plus marqué, au cours des dernières années, lors de cet événement d’envergure ?

R: Je pense que ce qui me marque le plus, c’est toujours de partir des idées folles de Pierre Lavoie. Me faire appeler dans les premiers et me faire dire qu’« on va faire un million de kilomètres », ça me touche toujours. « Tu vas être là. On va s’amuser. On va faire un million de kilomètres. Tu vas être dans mon équipe et on va traverser le Québec. » Je trouve ça marquant de voir à quel point les Québécois se retournent vite sur un dix cents. On est capables malgré la pandémie de se dire : « On fonce et on y va ! »

Q: Vous voyez évoluer Pierre Lavoie, vous le voyez interagir avec la population. Parlez-nous de lui.

R: Pierre, c’est un gars que j’adore. Il est spontané ! C’est un gars qui défend une idée qui part probablement de la plus grande tristesse que les parents peuvent vivre. Évidemment, je parle des maladies orphelines et du décès de ses enfants. Ça m’avait vraiment chamboulé de voir à quel point, dans la vie, on reçoit des coups qui peuvent nous écraser et des gens comme Pierre et Lyne [Routhier], sa conjointe, se relèvent d’un événement comme ça et en font quelque chose de grandiose pour faire changer les choses. Évidemment, je suis du Saguenay–Lac-Saint-Jean aussi. Je suis touché par ces maladies orphelines. Il n’y en a pas dans ma famille, mais ça me touche quand même de savoir que notre région est frappée par des maladies qui, malheureusement, ne trouvent parfois pas de remède ou de médicament. Et de voir un gars comme Pierre qui a décidé de consacrer sa vie à changer les choses pour les maladies orphelines, ça me renverse. Pierre, c’est un gars qui a la parole facile, qui est capable de communiquer et qui défend le point que la prévention, c’est important. Dans la vie, il faut prévenir et ne pas guérir quand on est malade. Ça, c’est le point que j’admire le plus de lui. Il est toujours présent, toujours là, 24 heures sur 24. C’est vraiment une personne extraordinaire. 

Q: Pas de spectacles, pas de festivals. L’été 2020 sera bien différent. Comment s’annonce le vôtre ?

R: Je vais tourner Cuvée comique au mois de juillet. La dernière de juillet, pendant cinq jours, on tourne 10 shows. Ensuite, je fais aussi les spectacles dans les ciné-parcs. Ça ressemble à ça. Et avec des vacances, si je suis capable d’en prendre un moment donné !

Q: Est-ce que le temps d’arrêt imposé depuis la mi-mars vous a apporté quelque chose sur le plan plus personnel ? 

R: La pause a fait du bien, évidemment. Au début, c’était très stressant sur plusieurs points, autant financièrement que tout le reste. Quand tous les revenus s’arrêtent d’un coup et qu’on ne sait pas trop quand ça va redécoller, ça fait toujours faire un peu d’anxiété. Je pense qu’au plan personnel, ça m’a permis de prendre du temps avec les enfants, de me rasseoir. J’ai constaté que j’ai fini l’École nationale de l’humour en 2002 et que ça faisait presque 20 ans que je n’avais pas pris de pause. Je pense que j’avais besoin de prendre un break pour me rediriger vers autre chose, avoir du fun là-dedans. Et au plan personnel, ça m’a donné encore plus le goût de retourner vivre au Saguenay–Lac-Saint-Jean ! 

Q: Dans une dizaine ou une vingtaine d’années, de quelle façon parlerez-vous de la pandémie ?

R: Je vais en parler comme étant un événement mondial qui a marqué tout le monde. On va tous se rappeler de ce qu’on faisait quand le confinement a commencé. Je pense et j’espère que je vais être capable de dire dans dix ans que c’est pour ça que l’humanité est beaucoup plus proche. Moins de guerres, moins de conflits entre les pays. Qu’on ne se battra pas pour des parcelles de terrain parce qu’il y a du pétrole. J’espère énormément que la différence entre les classes sociales va changer. Et je suis sûr que dans dix ans, on va dire que c’est à cause de ça qu’on a vraiment amélioré nos CHSLD pour les aînés et nos écoles, que les hôpitaux sont rendus encore plus sécuritaires. Et j’espère que je vais pouvoir dire à mes petits-enfants que j’ai vécu ça avec leurs parents et qu’on est fiers d’avoir passé à travers parce qu’on s’est soutenus les uns les autres. On a fait ça ensemble. C’est pareil comme avec les deux millions de kilomètres en fin de semaine. On a fait ça ensemble. Ça nous prouve que quand le peuple québécois s’unit, on est bons et on peut faire de grandes choses. 

L’humoriste Philippe Laprise était présent au départ, à La Baie, vendredi dernier.
Philippe Laprise dit admirer le travail de Pierre Lavoie.