Mathieu Larin

Mathieu Larin: «Un proxénète demeure un exploiteur, un parasite», dit le juge

« Tout proxénète quel qu’il soit demeure un criminel, un exploiteur et un parasite. »

Le juge Conrad Chapdelaine de la Cour du Québec a condamné Mathieu Larin à cinq ans et demi de prison pour ses activités criminelles sur quatre victimes entre 2014 et 2017, vendredi au palais de justice de Sherbrooke.

Lire aussi: La vie des victimes du proxénète Mathieu Larin chamboulée à jamais

L’individu de 32 ans devra encore purger 54 mois et demi de détention une fois la détention provisoire retranchée de cette première peine imposée à Sherbrooke en matière de proxénétisme.

Le proxénète Mathieu Larin avait pris un contrôle sur la vie sexuelle de quatre jeunes femmes, dont une mineure, qui se prostituaient pour son compte principalement à Sherbrooke.

« Quatre d’entre elles ont eu le courage de dénoncer. La preuve révèle qu’il en existe plusieurs autres. Si on ne connaît pas les conséquences sur ces personnes, on peut affirmer qu’il a profité de plusieurs autres », estime le juge Chapdelaine.

L’accusé s’occupait de prendre les photos en tenue légère, de faire la publicité sur le site « annonces intimes », avait le contrôle du téléphone en se faisant passer pour les filles et décidait des services sexuels et des tarifs.

Mathieu Larin a reconnu sa culpabilité en ce qui concerne les chefs d’accusation de proxénétisme et de prostitution juvénile pour une victime mineure entre octobre et novembre 2014.

Le 23 octobre 2017, Larin avait plaidé coupable d’avoir amené trois autres femmes à offrir des services sexuels moyennant rétribution entre décembre 2016 et juin 2017.

L’individu a aussi reconnu avoir fait de la publicité pour offrir des services sexuels moyennant rétribution et d’avoir bénéficié d’un avantage pécuniaire qu’il savait provenir de la prostitution.


« S’ajoute des menaces et de l’intimidation par l’accusé ainsi que les voies de fait et la séquestration de l’une d’entre elles. »
Le juge Conrad Chapdelaine

Ces plaidoyers de culpabilité demeurent l’un des seuls facteurs atténuants que le tribunal retient dans le dossier avec celui de l’appui de sa famille.

« Les regrets qu’il exprime et les excuses aux victimes apparaissent circonstanciels et artificiels. Il leur offre de payer ce qu’il leur doit avec l’argent de ses parents », a indiqué le juge.

Larin louait des chambres d’un établissement hôtelier d’abord de Québec puis de Sherbrooke. Certains services sexuels ont aussi été offerts durant la période des accusations dans un appartement du secteur Mi-Vallon ainsi qu’à domicile.

« Dénoncer et dissuader afin d’enrayer ce fléau que représente cette marchandisation des services sexuels », signale le juge en se basant sur la jurisprudence.

La juge a rappelé que chacune des victimes a été manipulée par Larin.

« S’ajoutent des menaces et de l’intimidation par l’accusé ainsi que les voies de fait et la séquestration de l’une d’entre elles. (…) L’accusé s’est assuré de mettre rapidement la main sur l’argent généré par les services sexuels. En plus du pourcentage prélevé, il doit encore de l’argent aux victimes », retient le juge dans sa décision.

Le juge a souligné des passages des lettres déposées par les victimes dans le dossier concernant les conséquences sur elles.

« Il a géré les activités comme un travail. Il en a fait un mode de vie. Il a dépensé l’argent dans la consommation de drogue. Il connaît les proxénètes de la région de Sherbrooke. Il contrôlait la clientèle en gardant les prix élevés. Il visait le maximum de clients dans le moins de temps possible. Il a pu monnayer sa liste de clients en la vendant à une autre proxénète », a indiqué le juge Chapdelaine.

Mathieu Larin a entretenu des relations de couple avec plusieurs des filles. Le magistrat a insisté sur les séquelles tant physiques que psychologiques sur les victimes.

Le nom de Mathieu Larin sera inscrit à perpétuité au registre des délinquants sexuels.

Me Geneviève Crépeau représentait le ministère public, alors que Me Alexandre Fleurent de l’aide juridique défendait l’accusé.

La procureure aux poursuites criminelles Me Geneviève Crépeau.