Selon Yves Juneau, président-directeur général de l’Association des stations de ski du Québec, les centres de ski de la région auraient tout avantage à collaborer étroitement s’ils veulent connaître du succès sur les marchés extérieurs.

Magog, la nouvelle Banff du Québec?

Magog pourrait-elle devenir la Banff du Québec ? Président-directeur général de l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ), Yves Juneau n’hésite pas à faire un parallèle entre les deux villes entourées d’espaces verts, de lacs et de montagnes alors que des projets de développement majeurs se mettent en branle à Bromont, montagne d’expériences et à la station Owl’s Head.

M. Juneau suit avec attention tout ce qui se passe dans l’industrie du ski au Québec et ailleurs. Il a évidemment applaudi, la semaine dernière, lorsque le gouvernement provincial a annoncé qu’il était prêt à investir jusqu’à 40 millions $ à Bromont et à Owl’s Head, où des investissements privés dépassant les 200 M$ sont attendus ces prochaines années.

« Je rêve d’une Magog qui jouerait le rôle de Banff avec plusieurs montagnes de ski autour, reconnaît le président-directeur général de l’ASSQ. On a exactement les ingrédients pour développer un gros pôle dans les Cantons-de-l’Est. »


«  On a exactement les ingrédients pour développer un gros pôle dans les Cantons-de-l’Est.  »
Yves Juneau, PDG de l’Association des stations de ski du Québec

Yves Juneau remarque que des dizaines de nouvelles unités d’hébergement seront construites à Bromont et Owl’s Head pendant les années à venir. Il croit que cela permettra aux deux stations d’attirer davantage de skieurs des autres régions du Québec, de l’Ontario, des États-Unis et même d’Europe. « Les Cantons-de-l’Est pourront plus facilement courtiser les gens de l’extérieur », déclare-t-il.

Afin d’avoir plus de chances de connaître du succès sur les marchés extérieurs, les centres de ski de la région auraient tout avantage à collaborer étroitement, selon Yves Juneau. Il propose ainsi la création d’une carte d’accès ou d’un laissez-passer permettant de visiter les quatre stations des Cantons-de-l’Est sans débourser chaque fois. « Un produit unifié, ce serait excellent ! Les gens ont soif de skier plusieurs montagnes. »

Un potentiel énorme
Lorsqu’on lui parle plus précisément de l’avenir d’Owl’s Head, M. Juneau fait preuve d’un grand optimisme, tout comme de nombreux autres observateurs en région et ailleurs. « Pas très loin de là aux États-Unis, il y a Jay Peak qui tire bien son épingle du jeu en attirant une clientèle de l’extérieur. Pourquoi Owl’s Head ne pourrait pas elle aussi faire ça ? », demande-t-il.

Le grand patron de l’ASSQ remarque dans la foulée qu’Owl’s Head se trouve en bordure d’un plan d’eau, en l’occurrence le lac Memphrémagog. « Le potentiel de l’endroit est énorme et il est rehaussé par le lac », soutient-il.

Pour la station du canton de Potton, le défi sera de devenir une « véritable destination quatre saisons ». Son réputé terrain de golf attire des milliers de golfeurs en été, mais Yves Juneau laisse entendre que ce n’est pas suffisant. Davantage d’activités devront être proposées sur place pendant les mois les plus chauds de l’année.

« Bromont a une vraie offre quatre saisons. Pour Owl’s Head, le défi sera d’en développer une ces prochaines années. Même chose pour le Mont Orford, qui serait également capable d’attirer plus de monde en été. »

De l’agent bien investi
M. Juneau soutient que le gouvernement du Québec a effectué un choix judicieux en accordant un total de 75 millions $ aux centres de ski de la province durant les derniers mois. « Contrairement aux usines, ces entreprises ne risquent pas de déménager à l’extérieur du pays », lance-t-il.

Il note au passage que les gouvernements ont peu aidé les stations de ski au cours des dernières décennies. « Par exemple, l’ancien propriétaire d’Owl’s Head, Fred Korman, me confiait qu’il n’avait eu de l’aide gouvernementale qu’une seule fois et c’était en 1987 », remarque le président-directeur général de l’ASSQ.

Yves Juneau estime que l’aide du gouvernement du Québec arrive à point nommé, puisque le phénomène des changements climatiques force les stations québécoises à investir des millions de dollars dans l’achat de canons à neige et autres équipements semblables.

Il ajoute que les centres de ski constituent de véritables moteurs économiques dans plusieurs régions de la province. « Les épiceries en profitent. De plus, les chalets se louent et les hôtels sont souvent pleins grâce à eux », fait-il valoir.

Selon Yves Juneau, président-directeur général de l’Association des stations de ski du Québec, les centres de ski de la région auraient tout avantage à collaborer étroitement s’ils veulent connaître du succès sur les marchés extérieurs. — Photo archives La Tribune, Frédéric Côté

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Tourisme Cantons-de-l’Est enthousiaste

Le président de Tourisme Cantons-de-l’Est, Jean-Michel Ryan, a réagi avec enthousiasme à la décision du gouvernement du Québec d’injecter des dizaines de millions de dollars dans l’industrie du ski des Cantons-de-l’Est.

Le gouvernement provincial a annoncé, la semaine dernière, qu’il accordera jusqu’à 40 millions $ aux stations Owl’s Head et Bromont, montagne d’expériences, cela afin de les aider à améliorer leurs infrastructures et à devenir plus attrayantes.

« Cette annonce est très positive, car elle confirme que le gouvernement appuie concrètement le développement de notre région, soutient Jean-Michel Ryan. Cet important soutien du ministère du Tourisme permet de rendre notre région plus attrayante et de renforcer l’attractivité de la destination Cantons-de-l’Est sur le plan national et international. Les retombées économiques sont considérables. »

Notons que M. Ryan agit également à titre de président de l’Association des stations de ski du Québec et de grand patron de la station Mont Sutton, un des principaux centres de ski en région, et même au Québec. 

D’ailleurs, la station Mont Sutton a annoncé des investissements dans ses installations ces derniers mois. Elle a aussi reçu une aide du gouvernement provincial, mais nettement moins élevée que ses deux concurrentes.