Les entreprises sont souvent réticentes à aborder le sujet de l'inconduite sexuelle avec leur personnel, souligne Josée Guindon, gestionnaire au CALACS francophone d'Ottawa.

L’inconduite sexuelle empêcherait des entreprises de tenir un party des fêtes

Le CALACS francophone d’Ottawa réagit à une étude américaine qui révèle que 35% des compagnies n’organiseront pas de party des fêtes cette année et que l’inconduite sexuelle serait l’une des principales raisons. L’organisme aimerait que les entreprises privilégient une solution en amont afin d’éviter que les employés soient victimes de harcèlement sexuel.

« Qu’est-ce qu’on peut faire pour changer la culture interne et soutenir les personnes qui sont victimes d’agression ou de harcèlement sexuel ? Est-ce qu’on peut faire des partenariats avec des experts dans la communauté ? » questionne Josée Guindon, gestionnaires au Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) francophone d’Ottawa.

L’étude menée par Challenger, Gray & Christmas, Inc révèle que, parmi les entreprises qui planifient avoir un party des fêtes, 58 % ont eu des discussions à propos des inconduites sexuelles avec leurs employés au cours de la dernière année.

Mme Guindon rappelle que les employeurs ont une responsabilité qui va au-delà de rédiger une politique interne.

À part les écoles, une vingtaine d’organismes font appel aux professionnels du centre d’aide chaque année pour informer leurs employés lors de rencontres ou de dîners-causeries. 

Mme Guindon observe que les entreprises sont souvent réticentes à aborder ce sujet avec leur personnel.

« Ce n’est pas un réflexe, mais on tend la main. Souvent, nous inviter à faire une présentation c’est d’avouer qu’il y a une problématique au niveau de l’employeur, observe Mme Guindon. Mais ça existe partout, dans tous les milieux. Ça devrait faire partie de la culture d’entreprise de faire de la prévention. »

À l’approche du temps des Fêtes, l’organisme souhaite rappeler l’importance de demeurer à l’affût et de ne pas avoir peur d’intervenir.

« Il y a des gens qui vont penser qu’ils ne peuvent plus faire de party ou même offrir un verre à une femme sans se faire accuser de harcèlement sexuel. Mais ce n’est pas ce qu’on dit. Si vous voyez un collègue saoul qui se colle pas mal sur une femme, par exemple, pouvez-vous intervenir ? On a tous un rôle actif à jouer. Vous avez le droit de faire quelque chose qui va peut-être prévenir un cas de harcèlement », affirme la gestionnaire.

Dans la foulée du mouvement #MoiAussi est apparu le mouvement #EtMaintenant. Une initiative qui pousse à la réflexion, selon Mme Guindon.

« #EtMaintenant il faut que monsieur et madame tout le monde, les propriétaires d’entreprises prennent le leadership là-dedans, soutient-elle. Annuler un party ce n’est pas nécessairement la meilleure approche puisqu’on ne va pas à la source du problème. »