Mario Tremblay

LHJMQ: le Bleuet bionique intronisé

Plus de 40 ans après son passage de deux saisons dans les rangs juniors, Mario Tremblay a finalement été intronisé au Temple de la renommée de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), mercredi soir, lors du gala des Rondelles d’Or.

L’Almatois, qui a disputé deux saisons avec le Bleu-Blanc-Rouge de Montréal de 1972 à 1974, fait partie d’une cuvée composée également de François Allaire, Robert Murray, Jean-François Daigneault et Stéphane Fiset. « Quand M. Courteau m’a appelé il y a trois mois pour m’annoncer la nouvelle, j’étais estomaqué, parce que je pensais que ça n’arriverait jamais », a lancé en riant l’ancien attaquant qui a cumulé 180 points et plus de 300 minutes de pénalités durant ces deux saisons.

« À mon âge, de recevoir une pareille marque, je suis vraiment content. Ça me ramène des souvenirs quand j’avais 15-16-17 ans. Je suis parti du junior B à Alma pour arriver dans une grande ville comme Montréal. Je vais vous dire une affaire, le pont Champlain, ce n’est pas le pont d’Isle Maligne. C’était une expérience incroyable », de témoigner le Bleuet bionique pour qui tout a déboulé rapidement, à cette époque.

Après être devenu l’un des premiers joueurs de 18 ans repêchés (12e au total), en raison d’un changement de règle de la Ligue nationale, Mario Tremblay se préparait pour son troisième camp d’entraînement, en 1974, quand il a reçu le coup de fil d’un dirigeant du Canadien le conviant au camp d’entraînement. Finalement cédé à la Ligue américaine, après une vingtaine de rencontres, il était rappelé dans la Ligue nationale en raison de blessures et n’a plus jamais regardé derrière, remportant cinq fois la coupe Stanley. 

« La LHJMQ, ça été un beau tremplin », de rappeler l’analyste au Réseau des sports de 62 ans.

« De un, ça m’a appris à connaître la rivalité Montréal-Québec que je ne connaissais pas du tout. C’était une ligue d’hommes également. Quand tu pars du junior B à la LHJMQ, ce n’est pas la même histoire. C’est plus rapide avec des gars meilleurs. Ç’a été une expérience incroyable », de laisser tomber Mario Tremblay, qui garde un excellent souvenir de M. Savoie et sa pension à Verdun, ainsi que de l’entraîneur et directeur général Roger Bédard.

« Ç’a été comme mon deuxième père. Il m’a beaucoup aidé. Quand on quitte le nid familial à 16 ans, on n’est pas tout le temps prêt à ça. Il y en a plusieurs qui retournent à la maison. Ça prend de la persévérance. Il fallait donner un coup, mais Roger Bédard a été très bon pour moi », de souligner Mario Tremblay, qui a également été entraîneur-chef du Canadien, entre 1995 à 1997, et adjoint de Jacques Lemaire avec le Wild du Minnesota de 2001 à 2009 et avec les Devils la saison suivante.

Mario Tremblay s'est remémoré plusieurs souvenirs lors de son discours d'intronisation au Temple de la renommée de la LHJMQ mercredi soir.

+

DES ÉMOTIONS PARTAGÉES

Cette soirée était remplie d’émotions diverses pour Mario Tremblay qui a vécu le moment avec plusieurs membres de sa famille, des proches, ainsi que des amis d’Alma.

D’entrée de jeu, il n’était pas peu fier de pouvoir partager cet honneur avec ses deux petits-fils, qui jouent tous les deux au hockey. « Ils avaient tellement hâte de venir à cette soirée », a-t-il partagé, rappelant que ses deux filles, Claudia et Janie, étaient trop jeunes pour avoir des souvenirs clairs de son passage avec le Canadien qui s’est terminé en 1986, prématurément en raison des blessures.

En plus de ses parents, Gonzague et Maude, Mario Tremblay a également eu une pensée au cours de la soirée pour sa femme, Colette Germain, décédée en 2015. Il l’avait d’ailleurs rencontrée parce qu’il jouait avec son frère Jean-Pierre Germain. « C’est sûr que si elle était ici aujourd’hui, elle serait très fière », d’exprimer Mario Tremblay.

« C’était une femme de hockey. Elle ne manquait pas de matchs et était tout le temps là. Elle m’a aussi suivi dans la Ligue nationale. Elle n’a pas manqué beaucoup de rencontres, je peux le dire », assure Mario Tremblay.

+

EN BREF

• Mario Tremblay détient toujours le record du plus grand nombre de points pour un attaquant de 18 ans chez le Canadien. Il avait amassé 39 points en 63 rencontres en 1974-75. Cette saison, Jesperi Kotkaniemi est devenu seulement le troisième joueur de 18 ans de l’histoire de l’organisation montréalaise à franchir le cap des 20 points. L’attaquant finlandais et troisième choix au dernier repêchage en compte présentement 29 en 57 rencontres. « Il a passé proche, mais il a manqué d’essence», a lancé en riant Mario Tremblay. 

• Les deux nominations des Sags au Gala des Rondelles d’Or ne se sont pas transformées en trophées, mercredi soir. Pour le titre de recrue de l’année, le défenseur des Wildcats Jordan Spence a été préféré à l’attaquant Hendrix Lapierre, qui a tout de même été nommé sur l’équipe d’étoiles des recrues. Spence a mené tous les joueurs de première année cette saison avec 43 passes. 

• Yanick Jean a pour sa part laissé filer le trophée Maurice-Fillion, dans la catégorie directeur général de l’année. La palme a été décernée à Mario Pouliot qui a complété le doublé avec le trophée Ron-Lapointe du meilleur entraîneur. Les Huskies de Rouyn-Noranda ont tout balayé sur leur passage, lors de cette 50e saison dans la LHJMQ, terminant avec 119 points. 

• Les membres de l’Océanic de Rimouski, qui a éliminé les Sags en quatre rencontres au premier tour éliminatoire, ont décroché leur part d’honneurs importants durant la soirée. L’attaquant de 17 ans Alexis Lafrenière a également quitté le Capitole de Québec avec deux trophées dans les mains. Après avoir été nommé personnalité de l’année (Trophée Paul-Dumont) en début de soirée, le joueur de 17 ans a ensuite mis la main sur la récompense la plus convoitée de joueur le plus utile (Trophée Michel-Brière). Son coéquipier Charle-Édouard D’Astous a également été honoré deux fois, en tant que joueur humanitaire et défenseur de l’année (trophée Émile-Bouchard). 

• Finalement, le gardien des Islanders de Charlottetown Matthew Welsh a reçu le trophée Marcel-Robert en tant que joueur étudiant par excellence. L’attaquant Raphaël Lavoie a été nommé meilleur espoir professionnel (trophée Michael Bossy). 

• Après avoir décroché le trophée Jacques-Plante pour la meilleure moyenne en saison régulière, le gardien almatois Samuel Harvey a été nommé sur la première équipe d’étoiles qui a été dévoilée mercredi. Cette première équipe a été complétée par les défenseurs Charle-Édouard d’Astous et Noah Dobson, ainsi que les attaquants Alexis Lafrenière, Joseph Véléno et Peter Abbandonato, les trois joueurs en nomination pour le trophée Michel-Brière.