Alain Rayes, lieutenant du Parti conservateur au Québec, le chef Andrew Scheer et Yves Lévesque.

Lévesque, une candidature éventuelle pour les conservateurs

TROIS-RIVIÈRES — C’est dans le cadre d’un petit déjeuner que le chef des conservateurs du Canada, Andrew Scheer, et le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, ont mis la table vendredi à une éventuelle candidature conservatrice du premier magistrat aux élections fédérales de 2019.

«Je suis en grande réflexion. Si je vais là, ce n’est pas pour être assis en arrière ni pour faire la parade, mais la différence. Le dernier député au pouvoir, c’était PH Vincent. Ça fait quand même 25 ans. Je pense qu’on serait dû pour en avoir un autre. Je vais là pour défendre les intérêts, amener des projets et les réaliser, comme je l’ai fait dans le monde municipal», a confié M. Lévesque. 

Pour sa part, le chef conservateur a simplement indiqué avoir eu une «très bonne discussion». «C’est clair que M. Lévesque est un maire avec une très bonne réputation et une carrière très dynamique. Et ce n’est pas un secret, nous recherchons des candidats de très grande qualité. Et s’il décide de venir avec nous autres, ce sera un bon coup pour notre parti. Nous attendons sa décision. On va voir. Nous avons besoin de gens d’expérience comme M. Lévesque», a fait savoir celui qui se garde bien de promettre des ministères à tout candidat potentiel. «Ce n’est pas une bonne manière pour un chef de faire des promesses comme ça», a d’ailleurs précisé celui qui dit avoir pour premier objectif de gagner en 2019.


« «Je vais là pour défendre les intérêts, amener des projets et les réaliser, comme je l’ai fait dans le monde municipal» »
Yves Lévesque

Or, le maire Lévesque admet que les astres semblent s’aligner pour faire le saut sur la scène fédérale l’an prochain. «À un moment donné, il faut arrêter d’en parler. C’est comme un gars qui ne cesse de courtiser une fille et, finalement, ne sort pas avec. Si je décide de faire le saut, c’est la population qui va décider», a déclaré celui qui ne démissionnerait pas de son poste pendant la campagne électorale.

Du même souffle, il affirme avoir réalisé tout ce qu’il avait annoncé pour sa ville. «Il me reste deux dossiers à régler qui me tiennent énormément à cœur, soit d’avoir des vols à l’aéroport de Trois-Rivières et un train à grande fréquence», a-t-il révélé, tout en rappelant qu’il s’agissait de projets relevant du fédéral.

Par ailleurs, Yves Lévesque a vu en Andrew Scheer un chef de parti à l’écoute des gens «pour faire en sorte d’avoir un gouvernement qui va bien représenter les besoins de chacune des régions».

Et à son avis, avoir été maire représente un atout pour servir à Ottawa. «Comme gouvernement supérieur, on doit être à l’écoute du monde municipal. Des gens comme Alain Rayes ou moi, qui avons fait nos classes dans le domaine municipal, sommes de bons porte-paroles pour nous assurer de vraiment mettre les bons programmes en place pour atteindre les résultats. Nous, on connaît les enjeux et les programmes qui ne fonctionnent pas. Quand on arrive, on arrive avec une connaissance», plaide celui qui vante les vertus de la taxe sur l’essence pour les municipalités. 

«Ce que j’aime du gouvernement conservateur, c’est un gouvernement responsable avec les finances publiques. Il faut identifier les vrais problèmes, comme la dette qui augmente. C’est bien beau promettre toutes sortes de choses, mais il faut atteindre les résultats et aussi responsabiliser les gens. Ne demandez pas ce que le pays peut faire pour vous, mais ce que vous pouvez faire pour le pays. Au bout de la ligne, c’est le contribuable qui paie. Comme gouvernement, si on dilapide l’argent d’un bord et de l’autre, et qu’on n’atteint pas les résultats, il y a quelqu’un qui paie par rapport à tout ça», renchérit-il en conclusion. 

Un chef sensible à la presse écrite

Le chef conservateur Andrew Scheer se dit sensible aux difficultés de la presse écrite. «Mon père a travaillé pour un quotidien, l’Ottawa Citizen. Je connais beaucoup les défis de cette industrie», a-t-il confié au Nouvelliste, en marge de sa tournée de consultations à Trois-Rivières.

Par contre, son parti n’est pas prêt à annoncer «une politique spécifique». «Nous examinons le problème et nous cherchons les solutions. Ce n’est pas une très bonne idée que le gouvernement choisisse quel média il va aider. Il y a des défis dans le marché alors que les compagnies comme Google et Facebook bénéficient de tout le travail des journalistes. Il y a une difficulté avec ça», a-t-il fait remarquer.

Le chef des conservateurs du Canada vient d’amorcer une tournée de consultations qui servira à élaborer, en collaboration avec les Québécois, les propositions qui seront mises de l’avant lors de la campagne électorale en 2019.

«Au cours des prochains mois, nous serons à l’écoute des Québécoises et des Québécois. Rassembleuses et positives, ces consultations prendront la forme de conversations avec des intervenants de tous les milieux et de tous les horizons. Il n’est pas question de rouvrir la constitution. Nous voulons des propositions concrètes et réalisables qui bénéficieront aux Québécois», a-t-il déclaré avant de rencontrer vendredi un groupe d’intervenants tels que Patrick Pellerin, de Marmen, et Alain Lemieux, d’Epsilia, au Centre d’événements et de congrès interactifs de Trois-Rivières.

Avec à sa tête le député Alain Rayes, l’équipe du caucus du Québec entreprend cet exercice qui aidera le Parti conservateur à déterminer comment un gouvernement sous le leadership d’Andrew Scheer pourra faire en sorte qu’une plus grande majorité de Québécois se reconnaisse davantage dans les politiques élaborées par cette formation politique.

«Ces consultations aux quatre coins du Québec s’inscrivent au cœur de notre plan conservateur positif pour le Canada, qui fait passer les gens avant le gouvernement. Ces consultations et les propositions qui en sortiront rendront le Québec plus fort. Nous avons des principes, des politiques en général, on est un parti qui croit au marché libre et aux libertés individuelles, nous respectons les compétences provinciales, mais hors de ça, nous sommes ouverts à toutes les idées», a ajouté M. Scheer.

Au sujet du projet d’un train à grande fréquence, il reconnaît les nombreux bénéfices pour les deux provinces et les villes se situant le long du parcours, dont Trois-Rivières. «Notre gouvernement va toujours chercher des projets comme ça qui aident à la mobilité et la croissance économique», a affirmé celui qui se dit également ouvert à trouver des solutions pour les aéroports régionaux.

Disant éprouver de la sympathie pour le ministre François-Philippe Champagne qui voit le développement économique du Québec relever d’un collègue ontarien, M. Scheer ne cherche pas à recruter des députés bloquistes, mais «des gens qui ont voté pour le Bloc».