Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.

Les voyageurs sans hôtel s'exposent à des amendes salées [VIDÉO]

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
Article réservé aux abonnés
OTTAWA - Malgré les cafouillages du système téléphonique, les voyageurs qui reviennent au pays par avion et qui n’ont pas réussi à réserver une chambre d’hôtel pourraient devoir payer une amende salée. Mais pas moyen de savoir à combien elle s’élèvera ou s’il y aura des exceptions.

Pour une deuxième journée d’affilée, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) n’a pas répondu aux questions de La Presse Canadienne à ce sujet, prétextant un «énorme volume de demandes» des médias.

Le séjour obligatoire à l’hôtel, en attendant les résultats d’un test de dépistage, est en vigueur depuis lundi. Le système de réservation au téléphone, lui, est accessible depuis vendredi seulement.

Dans ces trois jours, American Express Global Business Travel, qui gère le système téléphonique de réservation de chambres d’hôtel, a reçu pas moins de 45 000 appels et a effectué 2277 réservations, dont 1492 pour le mois de février seulement, a indiqué Santé Canada.

«Le gouvernement aurait dû prévoir qu’en donnant seulement trois jours entre l’annonce des inscriptions au téléphone et le début de la mise en vigueur de la quarantaine, qu’on se ramasserait avec ben du monde en attente», a balancé le bloquiste Alain Therrien à la période des questions.

«Étant donné qu’on a mis en place un système aussi restrictif, c’est évident qu’il y a des défis dès le début», a répliqué le libéral Pablo Rodriguez.

Plus tôt en journée, son collègue, le ministre des Affaires intergouvernementales Dominic LeBlanc, disait comprendre la frustration de ceux qui ont attendu des heures avant de pouvoir réserver leur chambre d’hôtel. Mais il a du même coup semblé décliner toute responsabilité dans ce fiasco.

«Ça fait plusieurs mois (...) que nous avisons les gens de ne pas voyager. (...) On a aussi dit, depuis plusieurs mois, que les règles entourant la quarantaine, les mesures de tests de dépistage pourront changer à tout moment et sans préavis», a répondu M. LeBlanc, en conférence de presse.


« Le gouvernement aurait dû prévoir qu’en donnant seulement trois jours entre l’annonce des inscriptions au téléphone et le début de la mise en vigueur de la quarantaine, qu’on se ramasserait avec ben du monde en attente »
Le bloquiste Alain Therrien

Il a également appelé les voyageurs à ne pas engorger les lignes téléphoniques, en appelant seulement pour réserver des chambres d’hôtel 48 heures à l’avance.

Le hic, c’est que les voyageurs s’exposent à des amendes s’ils n’ont pas réservé leur chambre d’hôtel quand ils arrivent au Canada. Les voyageurs doivent présenter leur plan de quarantaine à un agent frontalier qui, au besoin, les dirigera vers un agent de mise en quarantaine de l’ASPC.

C’est à l’Agence de la santé publique de prendre la décision définitive sur le sort de ces voyageurs.

Qu’arrive-t-il si un voyageur démontre qu’il a tenté, tant bien que mal, de réserver une chambre d’hôtel, sans succès? M. LeBlanc se dit confiant qu’on fera preuve de gros bon sens.

«Je peux imaginer que cette discrétion-là peut être exercée d’une façon quand même intelligente et on s’attend à ce que ce soit le cas», a-t-il affirmé, en réponse à une journaliste qui lui posait la question.

Par ailleurs, le gouvernement fédéral a dû justifier, en conférence de presse, pourquoi il s’était tourné vers American Express pour gérer ce système de réservation.

La directeur des communications de la ministre de l’Approvisionnement, James Fitz-Morris, a par la suite expliqué à La Presse Canadienne que cette entreprise a déjà un contrat avec le gouvernement fédéral pour gérer, en temps normal, les voyages des fonctionnaires.