Malgré que le Québec soit la province la plus affectée, les Québécois peuvent se consoler en sachant que l’anxiété et la dépression occasionnées par la pandémie seraient moins répandues dans la Belle Province que dans le reste du Canada et chez nos voisins du Sud, les États-Unis.
Malgré que le Québec soit la province la plus affectée, les Québécois peuvent se consoler en sachant que l’anxiété et la dépression occasionnées par la pandémie seraient moins répandues dans la Belle Province que dans le reste du Canada et chez nos voisins du Sud, les États-Unis.

Les Québécois moins affectés psychologiquement par la COVID-19

Bien qu’une légère amélioration de la santé psychologique soit observée depuis l’atteinte du sommet de la première vague de COVID-19, en avril dernier, les niveaux de dépression actuels sont, au Canada et aux États-Unis respectivement, 3 et 4 fois plus élevés qu’avant la pandémie. Malgré que le Québec soit la province la plus affectée, les Québécois peuvent se consoler en sachant que l’anxiété et la dépression occasionnées par la pandémie seraient moins répandues dans la Belle Province que dans le reste du Canada et chez nos voisins du Sud, les États-Unis.

« La population semble mieux protégée psychologiquement à certains endroits. C’est le cas au Canada et de manière encore plus marquée, au Québec. Deux éléments distinguent les Québécois des Canadiens hors Québec et des Américains et peuvent expliquer ces données. Le premier facteur, c’est que les Québécois ont davantage confiance en leurs gouvernements, leurs organismes de santé et leurs experts. Deuxièmement, ils s’informent davantage directement par les points de presse gouvernementaux et les médias traditionnels que par les réseaux sociaux et leurs proches », explique la Dre Mélissa Généreux, qui participe à une enquête internationale visant à mesurer l’influence du discours médiatique et gouvernemental sur la réponse psychologique et comportementale de la population. 

Les résultats de la phase 1 démontrent qu’au Canada, les personnes dotées d’un sentiment de cohérence élevé sont trois fois moins susceptibles de présenter un trouble d’anxiété généralisée ou une dépression majeure. 

« Le sentiment de cohérence, c’est la faculté qui nous permet de comprendre un événement, y donner un sens et de trouver des solutions pour y faire face. Cette faculté est donc fondamentale en contexte d’adversité, comme c’est le cas depuis quelques mois. Parmi tous les facteurs examinés dans cette étude, le sentiment de cohérence est de loin le facteur le plus fortement lié à la santé psychologique en temps de pandémie, devant l’isolement et les pertes financières », démontre l’étude. 

Pour la professeure Mélissa Généreux, il est donc primordial de se préoccuper du sentiment de cohérence et de ses impacts sur la santé psychologique. « Au-delà des effets néfastes du confinement et des pertes financières, notre étude suggère que la confusion, la méfiance et la mésinformation nuisent à la santé psychologique des Canadiennes et Canadiens. Plus que jamais, nous avons besoin d’avoir accès à une information qui donne l’heure juste. Cette information ne devrait pas alimenter inutilement nos peurs, mais plutôt nous permettre de comprendre la situation, d’y donner un sens et de connaître les ressources à notre disposition pour s’y adapter », mentionne-t-elle. 

À titre comparatif pour le Canada, les niveaux de dépression (et d’anxiété) actuels s’apparentent à ceux observés à Fort McMurray, six mois après les feux de forêt dévastateurs de 2016, indique l’étude menée par la Dre Mélissa Généreux. 

Statistiques comparatives

Parmi les sept pays et régions analysés, les États-Unis semblent être les plus affectés sur le plan de la santé psychologique (anxiété généralisée : 31 % et dépression majeure : 28,2 %), alors qu’au Canada, on enregistre passablement moins d’anxiété généralisée (19,6 %) et de dépression (22,2 %). 

Des variations importantes s’observent entre les provinces canadiennes, alors que le Québec affiche un taux d’anxiété de 13,1 %, contre 23,4 % en Ontario et 19,7 % ailleurs au pays. La province québécoise semble également moins touchée que les autres provinces canadiennes par la dépression majeure. 

En effet, le taux de dépression majeure au Québec (17 %) est nettement inférieur à celui qu’on constate en Ontario (26,2 %) et qu’ailleurs au Canada (21,3 %). « À la lumière de ces résultats et sachant que le Québec est la province la plus affectée par la COVID-19, on comprend que la vitesse à laquelle se propage le virus sur un territoire donné n’est pas l’unique facteur déclenchant des problèmes de santé psychologique », note la Dre Généreux. 

Les données ont été recueillies dans le cadre de la première phase d’une étude multidisciplinaire et interuniversitaire menée par la Dre Généreux, en collaboration avec, notamment, la professeure Marie-Ève Carignan, les professeurs Marc D. David, Gabriel Blouin-Genest, Mathieu Roy, et le chargé de cours Olivier Champagne-Poirier. 

Ces données s’ajoutent aux résultats préliminaires diffusés en avril 2020. Ainsi, du 29 mai au 12 juin 2020, l’équipe de recherche a sondé 7791 personnes simultanément dans sept pays et régions, soit le Canada, les États-Unis, l’Angleterre, la Suisse, Hong Kong, les Philippines et la Nouvelle-Zélande. De ce nombre, 1501 personnes provenaient du Canada, et 435 du Québec.