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Une étude sera réalisée sur 140 patients.
Une étude sera réalisée sur 140 patients.

Les chiros veulent s’intégrer au système de santé publique

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — Les chiropraticiens estiment qu’ils pourraient rendre service aux patients en étant intégrés dans le système de santé publique. Afin de soutenir leur affirmation, une première étude au Canada viendra mesurer les impacts du diagnostic et du traitement prescrit par le chiropraticien sur la trajectoire du patient dans le système de santé publique.

La Fondation canadienne pour la recherche chiropratique s’associe en effet à l’UQTR et accorde une subvention de 50 000 $ à ses chercheurs pour mener ce projet qui implique le professeur Martin Descarreaux, du département des sciences de l’activité physique et titulaire de la chaire de recherche internationale en santé neuromusculosquelettique et la professeure Andrée-Anne Marchand, du département de chiropratique, auquel s’associe le Dr Claude-Édouard Châtillon, neurochirurgien au CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

La lombalgie est de loin le mal de dos le plus fréquent. Parfois léger, il peut également devenir chronique. Un des défis pour traiter efficacement cette condition complexe et multifactorielle réside dans l’optimisation de la trajectoire clinique du patient.

«Notre projet émerge d’un besoin exprimé par les médecins spécialistes qui souhaitent prioriser les patients requérant une expertise en neurochirurgie et ainsi rediriger les autres patients vers le professionnel approprié», résume la professeure Marchand.

Les chiropraticiens, ces spécialistes du diagnostic et du traitement des douleurs à la colonne vertébrale, souhaitent intercepter le patient entre la première ligne (urgence, médecin de famille) et le neurochirurgien.

Ils effectueraient alors une évaluation complète, incluant les facteurs de risque d’un pronostic défavorable qu’ils transmettraient ensuite au neurochirurgien. L’idée, à moyen terme, est d’arriver à proposer «une trajectoire plus rectiligne avec une plus grande efficacité dans la prise en charge ainsi que de meilleurs résultats sur la douleur et les capacités fonctionnelles du patient», souligne le professeur Descarreaux.

L’étude sera réalisée auprès de 140 patients référés en neurochirurgie au CIUSSS MCQ.

Ces patients présentant une lombalgie seront dirigés aléatoirement vers un triage effectué par un chiropraticien ou directement vers le neurochirurgien.

Les dossiers de tous ces patients seront par la suite analysés afin de déterminer si le chiropraticien et le neurochirurgien s’entendent sur la nature de la condition et sa possible évolution.

La méthode permettra de mesurer les impacts potentiels du triage effectué par les chiropraticiens sur la trajectoire du patient.

«On espère observer des gains en temps et efficacité. L’objectif ultime vise à intégrer les chiropraticiens au sein d’équipes interdisciplinaires oeuvrant dans le réseau de santé publique», indique le professeur Descarreaux.

La professeure Marchand, de son côté, y voit aussi un bon côté pour les étudiants en chiropratique de l’UQTR. «Ce sera éventuellement un milieu de stage pour nos étudiants qui offrira une expérience multidisciplinaire dans le système de santé. Cela nous ouvre la porte à de nouvelles façons de pratiquer la chiropratique et, nous l’espérons, à de nouvelles occasions d’emplois», dit-elle.