Le premier ministre désigné de l'Ontario Doug Ford prend officiellement les rênes de la province la plus populeuse du pays vendredi.

L’ère Ford est lancée

TORONTO — Doug Ford a annoncé le début d’une nouvelle ère en Ontario, vendredi, alors qu’il prenait les rênes du pouvoir et dévoilait un cabinet plus réduit chargé de mettre en œuvre son programme de « saine gestion des finances publiques ».

M. Ford, qui a remporté la victoire au début du mois lors d’une élection qui a relégué les libéraux de Kathleen Wynne au rang de parti sans statut officiel à l’Assemblée législative, a tenu sa promesse de réduire la taille du cabinet. Il a nommé 20 ministres, réservant des portefeuilles clés à deux femmes qui avaient été ses adversaires lors de la course à la direction du parti, plus tôt cette année. Le précédent gouvernement libéral de Mme Wynne a compté jusqu’à 30 ministres.

Lors d’une cérémonie en plein air devant des partisans qui avaient affronté la canicule, M. Ford a dressé une liste de défis mondiaux, et promis des lendemains plus souriants. « Ensemble, nous allons ouvrir une nouvelle piste », a-t-il déclaré. « Ensemble, nous ferons l’envie du monde entier, car en tant que peuple, en tant que province, notre potentiel est illimité. »

M. Ford, souvent critiqué pour sa rhétorique partisane, a promis de gouverner pour tous les citoyens de l’Ontario et de travailler avec les députés des trois autres partis représentés à l’Assemblée législative.

Une heure plus tôt, à l’Assemblée législative, M. Ford avait présenté un cabinet comptant sept femmes et 14 hommes, dont un membre d’une minorité visible.

Le portefeuille de la Santé et des Soins de longue durée ira à Christine Elliott qui, après des années à titre d’ombudsman de la santé, était revenue à la politique plus tôt cet hiver pour se présenter à la direction du parti ; elle sera également vice-première ministre. Cette dernière était aussi candidate à la course au leadership du Parti progressiste-conservateur l’hiver dernier, finissant de justesse au second rang derrière M. Ford. Elle avait d’ailleurs contesté les résultats du scrutin, avant de se raviser. 

Vic Fedeli, qui avait été chef intérimaire du parti lors du départ de Patrick Brown en février, occupera le poste de ministre des Finances — il était porte-parole conservateur en matière de finances dans l’opposition.

Des vétérans nommés

Un ancien dirigeant de Postmedia, Rod Phillips, considéré comme un « candidat vedette » tout au long de la campagne, a été nommé ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs. Signe des temps : ce portefeuille s’appelait sous les libéraux « ministère de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique » ; or, M. Ford a promis de retirer très rapidement l’Ontario du système de plafonnement et d’échange de droits d’émissions de gaz à effet de serre, communément appelé « bourse du carbone ».

Des vétérans députés ont par ailleurs été récompensés : John Yakabuski sera ministre des Transports, alors que Lisa Thompson devient ministre de l’Éducation.

Alors que les hausses de tarifs d’électricité en Ontario ont été un des enjeux de la campagne électorale, Greg Rickford, ancien ministre fédéral des Ressources naturelles dans le cabinet de Stephen Harper, devient ministre de l’Énergie, du Développement du Nord et des Mines, et ministre des Affaires autochtones. Raymond Cho, qui a siégé avec Doug Ford au conseil municipal de Toronto, sera ministre des Aînés et de l’Accessibilité.

Les conservateurs ont remporté il y a trois semaines une majorité de sièges lors d’un scrutin qui a aussi vu les libéraux rétrogradés à sept sièges et les néo-démocrates propulsés au statut d’opposition officielle.

M. Ford n’a pas encore précisé à quel moment il comptait convoquer l’Assemblée législative, mais il maintient qu’il veut s’atteler rapidement à la tâche — il a d’ailleurs déjà mis en branle plusieurs de ses promesses. Il a décrété un gel de l’embauche dans la fonction publique et demandé à l’association des médecins de rouvrir les négociations, plutôt que d’aller comme prévu en arbitrage.

Le chef conservateur s’est aussi engagé à réclamer une vérification comptable « ligne par ligne » des dépenses du gouvernement, afin d’« éliminer le gaspillage ». 

M. Ford a également promis de dénicher des milliards de dollars d’économies chaque année sans éliminer des emplois, et de rétablir l’équilibre budgétaire d’ici la troisième ou la quatrième année de son mandat.

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Voici la composition du nouveau cabinet, composé de 20 ministres, dont sept femmes. En comparaison, on comptait 27 ministres au sein du précédent gouvernement.

Peter Bethlenfalvy: président du Conseil du Trésor 

Raymond Cho: ministre des Services aux aînés et de l’Accessibilité 

Steve Clark: ministre des Affaires municipales et du Logement 

Christine Elliott : ministre de la Santé et des Soins de longue durée, et vice-première ministre 

Victor Fedeli : ministre des Finances et président du Conseil des ministres 

Merrilee Fullerton : ministre de la Formation et des Collèges et Universités 

Ernie Hardeman : ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales 

Sylvia Jones : ministre du Tourisme, de la Culture et du Sport 

Lisa MacLeod : ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, et ministre déléguée à la Condition féminine 

Monte McNaughton : ministre de l’Infrastructure 

Caroline Mulroney : procureure générale et ministre déléguée aux Affaires francophones 

Rod Phillips : ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et des Parcs 

Greg Rickford : ministre de l’Énergie, du Développement du Nord et des Mines, et ministre des Affaires autochtones 

Laurie Scott : ministre du Travail 

Todd Smith : ministre des Services gouvernementaux et des Services aux consommateurs, et leader parlementaire du gouvernement 

Lisa Thompson : ministre de l’Éducation 

Michael Tibollo : ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels 

Jim Wilson : ministre du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce 

John Yakabuski : ministre des Transports 

Jeff Yurek : ministre des Richesses naturelles et des Forêts