Des eaux usées du Camping Club Havana de Maricourt sont rejetées dans la nature, selon le ministère de l’Environnement du Québec.
Des eaux usées du Camping Club Havana de Maricourt sont rejetées dans la nature, selon le ministère de l’Environnement du Québec.

L’Environnement met le Camping Club Havana au pas

Des eaux usées du Camping Club Havana de Maricourt sont rejetées dans la nature, selon le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

C’est le ministre lui-même, Benoit Charette, qui ordonne aux entreprises 9324-7534 Québec, l’exploitant du site, et 9267-1551 Québec, propriétaire du terrain, d’arrêter tout raccordement de sites de camping, de chalets ou de toute autre installation du camping au-delà du nombre qui avait été autorisé le 11 novembre 1993, et ce, jusqu’à ce qu’un système conforme à l’autorisation délivrée le 7 mai 2019 soit installé et pleinement opérationnel.

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L’ordonnance numéro 686, prise en vertu de l’article 114 de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), exige également de l’exploitant et du propriétaire du camping d'inspiration cubaine qu’ils arrêtent tout prélèvement d’eau dans les puits no 1 et no 2 et qu’ils cessent l’exploitation du camping et tout raccordement de nouveaux sites au réseau d’aqueduc existant jusqu’à ce qu’un système d’aqueduc soit autorisé par le Ministère, installé et pleinement opérationnel, lit-on dans un communiqué de presse. 

« De plus, les entreprises visées doivent cesser dès maintenant de brûler et d’enfouir des matières résiduelles sur le site et soumettre, d’ici 15 jours, un plan pour approbation faisant état des mesures qui seront prises afin que les matières résiduelles présentes sur le site soient traitées ou éliminées dans un site autorisé », précise-t-on.

« En collaboration avec la Direction de santé publique de l’Estrie et la Municipalité de Maricourt, le Ministère effectue un suivi rigoureux du dossier pour s’assurer qu’il n’y ait plus de déversement d’eaux usées et que les entreprises entreprennent la mise à niveau permanente de leurs installations », note-t-on aussi. 

Le ministère de l’Environnement mentionne par ailleurs qu’au printemps 2016, quand les entreprises mentionnées ont commencé l’exploitation du site Camping Club Havana, des travaux d’agrandissement d’envergure ont été réalisés sans autorisation. « À la suite de plaintes, plusieurs inspections ont été réalisées et des avis de non-conformité ont été envoyés pour signifier des manquements concernant le rejet d’eaux usées, le réseau d’eau potable et une mauvaise gestion des matières résiduelles », mentionne-t-on. 

« Trois sanctions administratives pécuniaires (SAP) ont été imposées et une enquête en vue de poursuites pénales, amorcée le 20 décembre 2017, est en cours. »

Le 14 février dernier, un avis préalable à l’ordonnance a été signifié au propriétaire et à l’exploitant, leur indiquant formellement que le Ministère entendait exiger notamment la cessation des rejets d’eaux usées dans l’environnement et la mise aux normes des installations d’eau potable.  

« L’article 114 de la LQE prévoit que, lorsqu’une personne ne respecte pas une disposition de la loi ou de l’un de ses règlements, le ministre peut lui ordonner de prendre une ou plusieurs mesures pour remédier à la situation », souligne-t-on.

«Pas du tout d'actualité»

Jointe à ce sujet, la direction du camping se dit surprise de la réaction du ministère. «L'émission de ce communiqué n'est pas du tout d'actualité, Nous avons en place et en fonction depuis le début de la saison un système d'usine de filtration des eaux usées de la compagnie Echochem  un investissement de plus de 850 000$ (le système en place est celui qui offre la plus grande capacité de rejet au Québec présentement) qui est autorisé  CA 32  pour l'opération et surtout le développement du terrain de camping», assure Véronique Alarie, du Havana Resort.

«Les autorisations dont il est fait mentions sont désuètes puisque le CA 32 nous autorise un nouveau nombre de terrains en plus de pouvoir en faire l'ajout en toute conformité.»

Mme Alarie dit avoir des courriel lui donnant les autorisations,