Alain Leclerc a plaidé coupable, lundi au palais de justice de Sherbrooke, à une fraude de plus de 9500 $ et à une agression sexuelle.

Leclerc encore coupable: «Ce qu’il m’a fait relève du sadisme»

« Ce qu’il m’a fait vivre relève du sadisme. Je ne souhaite pas ça à mon pire ennemi. »

Une femme d’Asbestos a été la victime impuissante d’un homme sans scrupule qui lui a fait vivre cinq mois d’enfer entre octobre 2016 et mars 2017.

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Alain Leclerc veut rembourser ses victimes

Le fraudeur Alain Leclerc change d’avocat

Si Alain Leclerc a plaidé coupable, lundi au palais de justice de Sherbrooke, à une fraude de plus de 9500 $ et à une agression sexuelle, les gestes commis par l’accusé à l’endroit de sa victime sont beaucoup plus vastes.

« Il a échafaudé un scénario de peur où il m’a fait croire que des gens voulaient s’en prendre à moi, à ma nièce et à mes ex. J’étais vulnérable. Je venais de me séparer et j’avais des problèmes financiers. Il avait pris plein de détails de ma vie sur Facebook dont il s’est servi contre moi », explique la victime de Leclerc dans une entrevue à La Tribune.

Par diverses stratégies, Leclerc a convaincu la femme que quelqu’un puis un groupe d’individus voulaient s’en prendre à elle et à des membres de sa famille.

« Alain Leclerc contrôlait ses déplacements en disant être son protecteur », a expliqué au tribunal la procureure aux poursuites criminelles Me Isabelle Dorion.

C’est après avoir vendu un matelas à la victime que Leclerc a établi ce stratagème.  

Il a inventé une histoire qu’une personne voulait se venger d’elle. La victime a reçu plusieurs messages de menaces.

Leclerc lui a offert une protection en échange d’une somme d’argent. Pour la protéger, il l’a aussi convaincu qu’il devait résider chez elle.

« Il a maintenu la victime dans un climat de peur jusqu’à l’inciter à ne pas entrer en contact avec ses amis », mentionne le récit des faits déposé au tribunal.

En novembre 2016, Alain Leclerc a poussé les manigances jusqu’à inventer une affaire d’un obsédé sexuel qui voulait s’en prendre à la victime.

« Il l’a convaincue que la seule façon d’éloigner l’individu était qu’ils devaient avoir une relation sexuelle ensemble », a expliqué la procureure aux poursuites criminelles Me Dorion.

« Je n’aurais jamais eu de relation sexuelle avec lui. Il m’écœurait », souligne la femme.

La victime a découvert le stratagème en mars 2017, puis a porté plainte à la police.

« Il m’a lavé le cerveau. Je dormais peu et mal. Je devais dormir habillée pour que nous puissions nous sauver en tout temps. Nous passions nos journées à tourner sur les routes entre Victoriaville, Sherbrooke, Granby, Valcourt et Asbestos. Je vivais en fugitive. Et il m’obligeait à payer », indique la victime de Leclerc.  

Leclerc a reconnu les faits, lundi, devant la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec au palais de justice de Sherbrooke.

« Je suis soulagée que tout soit terminé. C’est un poids de moins sur mes épaules de ne pas venir raconter ça à nouveau au tribunal », mentionne la victime de Leclerc.

Peine

Un rapport présentenciel a été demandé avec un volet sexologique avant que Leclerc subisse les observations sur la peine.

Déjà reconnu coupable dans deux dossiers de fraude, Alain Leclerc a joint les observations sur la peine de l’un de ses dossiers à celui réglé, lundi.

Les observations sur la peine se dérouleront en septembre prochain.

Les victimes dans les trois dossiers souhaitent être présentes lors des observations sur la peine.

L’avocate de Leclerc, Me Crystel Demers, a expliqué qu’il était toujours dans son intention de rembourser les victimes au dossier.

« Il souhaite amorcer un début de remboursement. Il y a trois dossiers distincts. Il s’était engagé à rembourser dans un premier dossier » a indiqué Me Demers.

Leclerc a déjà été reconnu coupable d’avoir menacé une mère et son fils dans une autre histoire de menaces inventées pour soutirer de l’argent. Il est en attente d’une autre peine dans une affaire de fraude de plus de 5000 $ entre octobre 2015 et mai 2016. Il avait fait miroiter à une connaissance qu’il allait lui construire un patio.