Jonathan Couture

Le train immobilisé avec «dix ou onze» freins à Farnham

Avant de prendre la route pour Nantes, le convoi de pétrole brut de la Montréal, Maine & Atlantic (MMA) avait été immobilisé avec « dix ou onze » freins à main placés sur les wagons-citernes à Farnham au matin du 5 juillet 2013.

Le dernier chef de train qui était sur l’équipage de la locomotive 5017 avant que Thomas Harding prenne les commandes, Jonathan Couture, était appelé à la barre, mardi, au palais de justice de Sherbrooke.

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Le conducteur de train Harding, qui a mené le convoi à Nantes, est accusé de négligence criminelle causant la mort de 47 personnes à Lac-Mégantic le 6 juillet 2013 en compagnie du contrôleur de la circulation ferroviaire (CCF), Richard Labrie et du directeur de l’exploitation, Jean Demaître.
Jonathan Couture témoigne que la procédure de sécurisation du train était différente lorsqu’un train était laissé sans surveillance dans une pente comme c’était le cas à Nantes.
« Il va toujours y avoir plus de hand brakes. Je me réfère au tableau indicateur pour le nombre de freins minimums requis (...) C’est la même procédure avec les mêmes règles lorsque c’est un train mixte ou de matières dangereuses », signale Jonathan Couture.
Ce dernier a décrit le relief comme plat « avec une banane » à Farnham où il avait immobilisé le convoi mixte de « 72 ou 73 » wagons de pétrole brut ainsi que « 30 à 40 » autres wagons de diverses autres matières vers 7 h 30 le 5 juillet en arrivant de Montréal.


Thomas Harding relâchait l’air lors du test d’efficacité.
Jonathan Couture

À Nantes, il a décrit la voie principale où le train était laissé avec une pente descendante vers Lac-Mégantic.
Avant le 6 juillet 2013, il a immobilisé des trains à Nantes « à trois ou quatre » reprises comme chef de train lorsque Thomas Harding était le mécanicien de locomotive.
« Thomas Harding relâchait l’air lors du test d’efficacité. Il ne me donnait pas d’instruction particulière. Je le connais depuis août 2012, à mon arrivée à la MMA. C’est un gars extrêmement patient. Il est toujours là pour aider. Il répondait à mes questions sur le travail à faire ou si j’avais des questions sur le chemin de fer », témoigne Jonathan Couture.
Sur la procédure pour sécuriser un train, il a témoigné qu’il calculait juste le nombre de wagons pour appliquer le nombre de freins à main nécessaires.
« Laisser une locomotive en fonction n’avait aucun effet sur le nombre de freins à main à appliquer. Le nombre de freins à main doit retenir ton convoi sans les freins à air », estime Jonathan Couture.