Mario et Gilles Veillette, propriétaires, lors de l’achat d’un nouvel édifice devant service à l’agrandissement de l’entreprise à Saint-Tite.
Mario et Gilles Veillette, propriétaires, lors de l’achat d’un nouvel édifice devant service à l’agrandissement de l’entreprise à Saint-Tite.

Le steak de la discorde

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
Saint-Tite — L’entreprise Albert Veillette & Fils pourrait entamer des procédures judiciaires contre la Ville de Baie-Comeau. Elle se retrouve en effet plongée dans une controverse impliquant son célèbre «Steak à Veillette», alors que le maire de la municipalité de la Côte-Nord tenterait de protéger ses commerces locaux.

Des commerçants de l’endroit ont dénoncé, lors d’une récente séance du conseil municipal, que l’institution mauricienne vienne leur faire concurrence de façon déloyale chez eux. Citant le fait qu’ils sont des payeurs de taxes, en opposition à Albert Veillette & Fils, ces commerçants ont demandé au maire de défendre leurs intérêts.

Lorsqu’interpellé, Yves Montigny a répondu du tac au tac.

«C’est un produit acheté dans une chaudière, qui a été attendri par une machine, qu’on doit cuire bien cuit comme une semelle de botte pour être sûr de ne pas s’empoisonner.»

Des commentaires qui ont touché droit au cœur le copropriétaire de la boucherie de Saint-Tite, Gilles Veillette.

Le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny.

«C’est inconcevable qu’un maire dise ça. C’est discriminatoire: il utilise son pouvoir pour avoir une influence sur le commercial. C’est tout à son honneur de vouloir protéger les commerces de Baie-Comeau, mais c’est la manière qui dérange», tranche-t-il.

L’homme d’affaires se défend: la présence de l’entreprise à Baie-Comeau visait à effectuer la livraison de marchandise en ligne et non à faire de la sollicitation.

«Ils ont un règlement avec lequel ils veulent nous obliger à aller livrer aux maisons. Avant, c’était l’inverse, ils ne voulaient pas qu’on aille aux portes. On ne fait pas de vente sur place, on fait juste de la livraison. C’est un non-sens que le maire décide de la façon dont on va livrer. Le maire utilise son pouvoir discrétionnaire. Notre présence peut déranger certains commerces, mais tout ce que je veux, c’est gagner ma vie», exprime M. Veillette.

«C’est triste, parce que je n’aime pas être mêlé à ces tempêtes-là. On a du plaisir à faire notre travail. C’est sûr et certain qu’on va se défendre.»

Le copropriétaire aurait tenté de joindre l’administration municipale, sans succès.

«Je veux parler personnellement au maire. C’est un homme que je ne connais même pas. Si je n’ai pas de réponse de la Ville, on n’aura pas le choix d’y aller avec nos avocats. On étudie présentement quelles mesures seraient appropriées», confie-t-il.

La Ville de Baie-Comeau n’a pas retourné nos appels. Toutefois, le porte-parole de la Municipalité, Mathieu Pineault, a affirmé à TVA Nouvelles que les propos du maire avaient «peut-être été loin», mais qu’il était «normal qu’un maire encourage l’achat local» chez lui.