Le Saguenay-Lac-Saint-Jean passe au rouge 

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le directeur de la Santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le docteur Donald Aubin, endosse la décision du gouvernement du Québec d’attendre à dimanche soir avant de faire la transition vers la zone rouge.

La région n’a pas été en mesure de renverser la tendance à la hausse des cas confirmés de COVID-19 et, en l’espace de quelques jours, le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean a atteint le second rang au Québec pour la présence du coronavirus au prorata de la population.

En point de presse vendredi, le médecin a énuméré une multitude de chiffres qui forcent le gouvernement à confirmer le changement de couleur. Ce changement signifie la mise en place de mesures restrictives beaucoup plus sévères que dans la zone orange, et ce, tant et aussi longtemps que la courbe de la progression de la maladie ne sera pas infléchie.

Il a aussi été décidé de placer toute la région en zone rouge en raison des relations étroites entre chacune des MRC. Donald Aubin a signalé à ce chapitre qu’il y avait de plus en plus de cas provenant de la MRC du Domaine-du-Roy en plus d’un premier cas au sein du personnel de la santé dans la MRC de Maria-Chapdelaine.

«La tendance à la hausse est très forte et même les laboratoires continuent de nous donner de nombreux tests positifs. Nous avons en ce moment 372 cas actifs et 1431 personnes isolées dans la région, ce qui représente .5 % de la population. Ce qui est énorme», soutient le directeur de la Santé publique avec en appui les courbes de progression qui confirment une très forte activité virale dans les centres urbains de Chicoutimi, Jonquière et Alma.

Dans la communauté

Si au début de la seconde vague les travailleurs de la santé ont constitué le groupe où le virus a circulé le plus, la tendance tend à s’estomper et en ce moment, reprend Donald Aubin, les contaminations dans la communauté rattrapent et vont dépasser le groupe de la santé.

Depuis le début de la pandémie, Donald Aubin évoque le défi que représente ce virus pour les travailleurs de la santé et pour la population en général. Les spécialistes et le secteur de la santé ont encore des choses à apprendre pour stopper le virus et il est nécessaire d’aborder ceci en regardant de façon différente ce qui entoure la dynamique de la contagion, qui est visiblement plus complexe que les infections comme la gastro-entérite ou la grippe.

Dans ce contexte, alors que les mesures sanitaires en place ne suffisent pas à contrer le virus, il est primordial de protéger la capacité du système hospitalier et la capacité d’enquête afin de contrer les éclosions avec l’isolement des personnes à risque.

Pour le moment, le directeur de la santé publique assure que la capacité du réseau hospitalier régional est toujours suffisante et les enquêteurs de santé publique sont encore en mesure de retracer les historiques de cas.

Inquiétudes dans les CHSLD

Il y a toutefois des inquiétudes au sein du réseau de la santé. Donald Aubin affirme que la situation au CHSLD Jacques-Cartier, avec une explosion de 21 cas en quelques jours, soulève des inquiétudes. Les dirigeants du CIUSSS ont aussi à l’esprit qu’il y a présence de COVID-19 confirmée dans 6 des 16 CHSLD de la région dont deux éclosions majeures (Isidore-Gauthier et Jacques-Cartier).

L’autre grande préoccupation concerne la situation à de la Colline. Selon les chiffres présentés vendredi Donald Aubin, il n’y a toujours qu’un seul cas déclaré sur ce site.

Le CIUSSS a toutefois décidé d’ouvrir une zone chaude à Alma afin de traiter les cas COVID-19 du secteur Lac-Saint-Jean et éviter des transferts vers le centre dédié COVID-19 de l’hôpital de Chicoutimi. Le service des communications a cependant indiqué qu’il n’y aura pas de transfert de cas aux soins intensifs d’Alma qui demeureront dans les zones tièdes et froides. Les cas qui demandent des interventions médicales lourdes seront transférés vers les soins intensifs de Chicoutimi.

Cette décision, a expliqué le docteur Donald Aubin, a pour objectif de maintenir la capacité de l’hôpital de Chicoutimi de dispenser des soins autres à la population régionale.